Naji Hakim est né à Beyrouth le 31 Octobre 1955. Il a étudié avec Jean Langlais et au CNSM de Paris, dans les classes de Roger Boutry, Jean-Claude Henry, Marcel Bitsch, Rolande Falcinelli, Jacques Castérède et Serge Nigg, où il a remporté les sept premiers prix d’harmonie, de contrepoint, de fugue, d’orgue, d’improvisation, d’analyse et d’orchestration.
Il glane aussi les premiers prix aux Concours Internationaux d’Orgue de Haarlem, Beauvais, Lyon, Nuremberg, St. Albans, Strasbourg et Rennes, le prix de composition des Amis de l’Orgue pour sa Symphonie en Trois Mouvements (Paris, 1984), et le premier prix de composition du Concours International de Composition pour orgue, à la mémoire de Anton Heiller pour The Embrace of Fire (Collegedale, Tennessee, 1986). En 1991, il reçoit le Prix de Composition Musicale André Caplet de l’Académie des Beaux-Arts.
De 1985 à 1993, il fut l’organiste titulaire de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre, avant de succéder à Olivier Messiaen à l’église de la Trinité (→) jusqu’en 2008.
Il est professeur d’analyse au Conservatoire National de Région de Boulogne-Billancourt, et professeur invité à la Royal Academy of Music de Londres. Il a publié aux éditions UMP de Londres un « Guide pratique d’improvisation » et avec Marie-Bernadette Dufourcet aux éditions Combre de Paris une « Anthologie musicale pour l’analyse de la forem » et un « Guide pratique d’analyse musicale »
Il est membre de la Consociatio Internationalis Musicae Sacrae de Rome et Docteur honoris causa de l’Université Saint-Esprit de Kaslik (←), Liban.
En 2007, le Pape Benoît XVI lui a remis la Croix d’honneur (→) de l' »Augustae Crucis Insigne pro Ecclesia et Pontifice » pour la qualité de son engagement au service de l’Église et du Saint Père.
Ces dernières années Naji Hakim poursuit ses activités de compositeur, de pédagogue et de concertiste. Il est notamment très applaudi dans ses improvisations.
Œuvres
Naji Hajim dispose d’un site très complet sur sa vie, ses oeuvres, sa discographie, des clips audio, ses écrits et interviews et différents liens.
S’agissant de ses oeuvres, la liste du compositeur est évidemment la plus exhaustive qui soit et commence par les oeuvres d’orgue. http://www.najihakim.com/works/works.html
La page originale est en anglais. Mais la traduction en français est de bonne qualité.
Je possède la plupart des œuvres dont il s’agit, mais je suis évidemment bien loin de les jouer toutes. Jusqu’alors j’ai joué ou j’apprends :
« Expressions« est un recueil de courtes pièces publiées dans un opus commandé à Jean Langlais.
« Mariales« est écrit sur des thèmes grégoriens à la Vierge et comprend 5 pièces faciles : Incantation, Pastorale, Antienne, Hymne et Danse.
« Pange Lingua« est une magnifique suite de six variations distinctes sur les versets de l’hymne de St Thomas d’Aquin. Je l’avais joué à la Cathédrale de Séez à l’occasion de la remise de la Légion d’Honneur à Mr Georges Trouvé qui tombait la veille de la fête du Saint Sacrement. Troublé par l’espionnage d’un collègue voyeur et la dureté des claviers accouplés, j’en étais sorti avec beaucoup d’accrocs et la main droite en sang. Mais, surtout, que cela ne décourage pas les amateurs. C’est vraiment de la musique superbe et inspirée.
« Aalaiki’ssalaam« est encore une pièce plus que grandiose, inspirée celle-ci des événements tragiques survenus au Liban pendant l’été 2006. C’est une mélodie mariale maronite « La paix soit avec toi » développée en un ensemble de variations. Après l’énoncé du thème finement harmonisé, la 1ère variation « Con spirito » l’orne dans des modes contrastés. La 2ème est un « Scherzando » sur ostinatorythmique, la 3ème un « Con fuoco » sur un rythme aksak (3+3+2) et la 4ème « Energico » une marche puissante et sombre. La 5ème « Moderato » occupe avec son expressivité harmonique le centre de l’oeuvre. La 6ème « Leggiero » constitue de joyeux arpèges et la 7ème entraîne 3 sections de plus en plus dynamiques : « Risoluto », « Piu vivo » et « Presto » vers une coda qui éclate de joie.
sans parler de recueils publiés plus récemment comme « Amazing Grace », « Jonquilles », O Filii et filiae », la « Suite Norvégienne » …
ni de la « Suite Française » quand elle sera publiée.
S’IL VOUS PLAÎT, MAÎTRE, NE NOUS FAITES PAS TROP ATTENDRE.
Aalaiki’ssalaam pour orgue (2006), Liebfrauenmünster, Ingolstadt (3 Septembre, 2006)
Les improvisations que je préfère :
Improvisation on « Nobody knows and I got rhythm », Edythe Bates Organ Recital Hall, Shepherd School of Music, Rice University, Houston (8 October, 2008)
Improvisation sur « Frère Jacques », Église Saint Maurice, Olomouc (18 Septembre, 2008)
Quel répertoire pour l’orgue dans l’Eglise d’aujourd’hui ?
Musique dans la liturgie catholique en France oe la fin du XXe sièclein : Musicae Sacrae Ministerium, Anno XXXVII/XXXVIII — 2000/2001 (Consociatio Internationalis Musicae Sacrae)
La musique ou les musiques de l’après-guerrein : NOUVELLES RIVE GAUCHE – N° 257, mai 2000 / 5
Splendeur du Chant Maronite et Orguein : La Revue du Liban, Janvier 2000
Et parmi les interviews également en français :
Entretien avec Naji Hakim à propos de son oeuvre d’orguein : L’Orgue Bulletin des Amis de l’Orgue, Aspects de la Musique d’orgue contemporaine en France, Chroniques, 2002 – III, N° 259
Improvisation — Une entrevue avec Naji Hakim réalisée par Béatrice Pierto in : La Revue l’Orgue 2003
Alors que je m’apprêtais à naviguer sur Internet pour trouver les informations concernant Guy Bovet, j’ai constaté que tout était sur son site officiel : http://www.guybovet.org (accueil, biographie, calendrier, programmes, discographie, enseignement, composition, galerie de photos, liens, textes).
Biographie
Que faire sinon s’incliner devant tant de savoir, d’expérience, de diplômes, de récompenses … ? Chapeau bas. Réjouissons nous au passage qu’une grave injustice ait été réparée. Gilles Cantagrel lui consacre une page dans son « Guide de la Musique d’Orgue » (Fayard).
Calendrier
Vous voulez savoir les dates des prochains concerts, cours et Académies, voyages … de Guy Bovet jusqu’en 2015 ? Reportez-vous sur son site officiel. Si vous voulez avoir quelques idées de ses pérégrinations antérieures, reportez-vous à la revue « La Tribune de l’orgue » de ces années passées. Vous y trouverez, dans chaque parution et sous une forme très humoristique, ce qu’il appelle « Les voyages de M. Philéas Fogg ».
Enfin Guy Bovet met lui-même en vente sur Price minister quelques disques ou CD neufs ou d’occasion : http://www.priceminister.com/s/guy+bovet
Et n’oubliez pas en particulier les 4 CD édités par Gallo et enregistrés en 2011 aux Philippines. La vente est destinée à soutenir la formation de jeunes organistes philippins.
Composition
L’intégrale des presque 250 œuvres de l’auteur se trouve sur le site de Guy Bovet.
J’en ai extrait la liste de celles qu’il a écrites (ou improvisées) pour l’orgue et indiquées comme telles.
Même si cela fait bien prétentieux, j’ai trop envie de vous dire quelles sont parmi les œuvres pour orgue de Guy Bovet que je connais celles que je préfère. Bien entendu, il y en a probablement de très intéressantes qui m’ont échappé.
Par ailleurs, beaucoup ne sont pas éditées ou sont épuisées ou ont été rééditées dans des recueils différents. Il en est que je voudrais bien avoir, par exemple Salve Regina (105), Messe pour les Bâloises (151), La Conférence des Animaux (160), La Transcription de « Ma Mère l’Oye » de Ravel (163), Peep the Piper (168), Messa di Pasqua (204), Requiem pour un orgue (212), Von einer Wiese (215), Don Quijote – version 2 mains (237b) ….
Des éditions ou des rééditions peuvent-elles être espérées ?
Dernier handicap, ma méconnaissance des psaumes genevois et des chorals luthériens.
Tout ceci pour dire que ce qui va suivre sera éminemment subjectif et aura pour seule ambition d’attirer l’attention sur des œuvres que je trouve trop peu connues et jouées en France.
136
Trois Préludes Hambourgeois, pour orgue (Oxford University Press)
1987
Ces trois pièces portent le nom de la dernière d’entre elles « Hamburg » composée en fait avant les autres.
Salamanca Une chanson populaire de Salamanque, la Clara, était toujours donnée à Guy Bovet comme thème d’improvisation. Il écrivit cette pièce qui lui permit de demander ensuite d’autres thèmes d’improvisation et de s’attirer les bonnes grâces des sacristains de la Cathédrale de Salamanque qui entendaient les sons ininterrompus de l’orgue pendant les cours de l’Université.
Sarasota C’est une ville de la côte Ouest de la Floride. Sa région comporte une grande diversité de faunes aquatiques. L’atmosphère est tropicale et torride, on entend du jazz, les alligators guettent dans les canaux … Mais qu’y a-t-il de plus attachant au monde ?
Hamburg Cette pièce porte aussi d’autres titres : « Hamburger Totentanz » (danse macabre de Hambourg) ou « Hamburger ». Ç’est le résultat d’une improvisation à deux organistes avec Hans Gebhard à Hambourg. Une figure ostinato est portée par un cycle d’harmonies qui se répète. La registration va crescendo avec au passage l’évocation d’Offenbach, de Beethoven et Wagner.
148
Nouvelles pièces d’orgue (éd. Cantate Domino 3070) Psaume 42 ; Psaume 89 ; Den die Hirten lobten sehre; Stille Nacht; Das alte Jahr; Wie schön leucht’uns der Morgenstern; Christ unser Herr zum Jordan kam; O Lamm Gottes unschuldig; Schmücke dich; Schwing dich auf zu deinem Gott; Le Boléro du Divin Mozart; Fuga sopra un soggetto; Toccata; Ricercare; Toccata planyavska
1993
Cinq Livres d’orgue, épuisés, parfois très partiellement réédités, avaient précédé ce recueil qui reprend quelques-uns des psaumes et chorals publiés précédemment. Des petites pièces sans prétention, mais superbes, comme par exemple « Stille Nacht », « O Lamm Gottes » … Deux pièces humoristiques jouées en bis par le Maître et tellement demandées qu’il fallut bien les éditer : le « Boléro du divin Mozart » où l’on retrouve le thème de Ravel et la « Fuga sopra un soggetto » (la panthère rose). Enfin trois pièces libres : une Toccata aux réminiscences Franckiennes, un Ricercare plutôt triste et une « Toccata Planyavska », (du nom de l’organiste de la Cathédrale St Stephan de Vienne), où la difficulté du motif final de pédale fait dire à l’auteur que sa musique présente l’avantage sur celle de Bach que les fausses notes ne peuvent que l’améliorer.
157
Suite pour Souvigny, pour orgue (éd. Schola Cantorum)
1994
Pour moi qui suis titulaire d’un orgue d’esthétique classique, c’est à peu près le chef d’œuvre absolu par son humour, sa poésie, sa musicalité. J’en ai parlé sur ce site sous l’onglet « Divers » dans l’article sur « Le répertoire baroque français ». Mais le Maître est beaucoup plus qualifié que moi pour en parler en toute connaissance de cause. Allez voir sur son site http://www.guybovet.org, à la fin de la rubrique « Textes ».
Je renvoie aussi, ci-après, à la vidéo enregistrée par Guy Bovet du « Noël de Moulins », dernière pièce de la Suite. J’attire l’attention sur l’exactitude du titre de l’œuvre. Il ne s’agit pas des Noëls des moulins, comme on le voit partout, même lorsque c’est l’auteur qui joue, mais du « Noël de Moulins » (la ville, préfecture du département de l’Allier, capitale historique du Bourbonnais).
162
12 Tangos ecclesiasticos, pour orgue (éd. Schola Cantorum)
1999
Encore un recueil convenant particulièrement aux orgues classiques, de préférence d’esthétique ibérique. Et toujours avec infiniment d’humour et de musicalité. Là encore, je suis frustré de ne pas pour voir dire mieux ou plus que l’auteur lui-même. Reportez vous, comme ci-dessus, à la rubrique « Textes » de son site.
Guy Bovet avait-il une prémonition divinatoire ? Savait-il que le prochain Pape, notre Pape François actuel, serait sud-américain et danserait le tango, et même les deux sortes de tangos, comme il le dit lui-même, c’est à dire à la fois le tango habituel que chacun connaît, mais aussi le tango plus savant et quasi acrobatique ? Les Tangos ecclesiasticos datent de 1999. Le Pape François a été élu en 2013, donc 14 ans après. Les Trois esquisses japonaises dont nous parlerons maintenant datent de 2001. Si un nouveau Pape, ce qu’à Dieu ne plaise, devait être élu en 2015, serait-il japonais ?
(Admirez la grosse finesse de l’humour bas-normand, c’est quand même autre chose que celui des helvètes !)
173
Three Japanese Sketches, pour orgue (Oxford University Press)
2001
Ces pièces veulent mettre en valeur les possibilités romantiques et modernes du magnifique orgue de Tsuji. Elles utilisent des air folkloriques japonais. Le premier, du village de Gujyou, fait entendre les différentes sonorités de l’instrument. Le second, plus mélancolique, parle de l’automne et d’une libellule. Le troisième est une danse vigoureuse de la région de Tokyo.
Videos
De nombreuses vidéos d’orgue de Guy Bovet jouant ses propres œuvres existent sur Internet. Certaines sont sur des images fixes. Voici celles que j’ai trouvées où l’on voit le Maître « pour de vrai ».
Autres images vivantes à partir d’œuvres d’orgue de Guy Bovet, ses « Tangos ecclesiasticos ». Ce sont des arrangements pour orgue, chorégraphie et saxophone improvisé)
Réalisations originales sur lesquelles le Maître avait bien voulu me donner son avis.
« Cher Monsieur, J’ai vu la création du spectacle complet (tous les tangos) et suis assez admiratif, même si quelques détails ne sont pas toujours comme je les aurais souhaités. En tous cas, j’approuve et soutiens cette intéressante création. Avec mes cordiaux messages. «
Guy Bovet. 6 février 2010, à 15 :13
Voici d’autres enregistrements de ses propres œuvres réalisées par Guy Bovet, mais sur images fixes.
Plusieurs autres œuvres pour orgue de Guy Bovet ont été enregistrées par divers organistes. Guy Bovet a également enregistré des œuvres d’autres compositeurs, notamment espagnols. Vous les trouverez facilement sur http://www.youtube.com/?gl=FR&hl=fr en tapant « Guy Bovet ». Avec Guy Bovet, la qualité est toujours présente. Parmi les autres interprètes, il m’est difficile de faire des choix. Chacun jugera de ses préférences et enregistrera les liens correspondants.
Autre talent du Maître : le dessin
Extraits de Cocoricorgue – voir la page « Textes » du site de Guy Bovet
J’ai fait connaissance avec la musique de Sir Nicholas Jackson, Bt, bien avant de le rencontrer en personne.
C’était aux temps anciens, dans les années 1970, quand les éditions Boosey & Hawkes tenaient encore échoppe 7 rue Boutard à Neuilly sur Seine. J’y trouvai la partition des « Four images » de Sir Nicholas et, séduit par un type d’écriture musicale qui me paraissait totalement nouveau, en fis l’acquisition.
Je ne fus pas déçu. Dans ma vie de petit organiste amateur, cette œuvre a vraiment été la découverte d’un style raffiné, élégant, distingué et particulièrement musical.
Depuis lors, j’eus l’honneur de rencontrer Sir Nicholas Jackson, Bt, en personne puisqu’il vint à ma demande jouer deux concerts à Ste Madeleine de Bagnoles de l’Orne les 25 Avril 2010 (année où il créa et me fit l’honneur de me dédier sa « Suite pour un orgue classique français ») et le 2 Juin 2011.
Sir Nicholas
Sir Nicholas a rencontré sa charmante épouse Nadia d’origine française lors d’un concert d’orgue. A l’occasion, elle lui tire maintenant les jeux ou lui tourne les pages.
Mais c’est également une artiste reconnue. En 2011, comme elle remontait du sud de la France où Sir Nicholas avait donné un concert et elle même exposé ses œuvres, j’espérais bien pouvoir lui acheter quelque toile. Mais hélas, ou plutôt tant mieux pour elle, le succès avait été tel que tout avait été vendu.
Une autre fois peut-être ?
Sir Nicholas et son épouse Nadia
Troisième Baronet de la « Jackson Baronetcy of Eagle House », Sir Nicholas Jackson est né en 1934. Il a fait ses études à l’Académie Royale de Musique et avec Gustav Leonhardt. Organiste dans de célèbres églises de Londres, puis à la Cathédrale de St David’s, à l’Ouest du Pays de Galles, il a aussi fondé et dirige toujours un orchestre de chambre, le « Concertante of London ».
Sir Nicholas Jackson et le Concertante of London se produisent régulièrement à Londres. Voici leur programme 2013.
Le « Concertante of London » a enregistré un CD (SOMMCD 077) contenant la réalisation par Sir Nicholas Jackson de l’Offrande musicale de Bach pour quatre musiciens et la réalisation par Gustav Leonhardt du Concerto inachevé de Bach BWV 1059. Connu dans le monde entier comme organiste, harpsichordiste et compositeur, il a publié une messe, un opéra, quinze recueils de pièces d’orgue, plus de vingt pour voix ou choeur, de la musique de chambre … Adepte d’un style romantique et moderne, il admet les influences de Langlais, Duruflé et Messiaen.
Pour tout savoir sur les œuvres de Sir Nicholas Jackson, Bt, vous devez aller sur son site : www.jacksonmusic.co.uk . La vente se fait en ligne.
Parmi ses œuvres pour orgue, un certain nombre est évidemment destiné au culte et écrit sur des thèmes d’hymns anglicans. Mais un nombre significatif est composé sans référence anglicane particulière.
On peut citer par exemple :
Le « Divertissement » de 1983,
Les « Four Images » de 1971,
L' »Hommage à Langlais » de 2003,
L' »Organ Mass » de 1975,
L' »Organ Sonata » de 1986,
La « Suite pour un Orgue classique Français »,
Les « Variations on Victimae Paschali Laudes » de 2003,
La « Wedding Suite » de 1996.
Le site de Sir Nicholas Jackson, Bt, ne comporte pas de discographie intégrale. Mais on peut reconstituer qu’il a enregistré :
Chez NAXOS un CD de ses oeuvres à Chartres et un CD avec choeurs,
Chez PRIORY à Ségovie un CD de musique espagnole,
Chez HERALD à St Antoine des Quinze Vingts, un CD de ses oeuvres,
Chez SOMM un CD de Bach à Oxford et le CD du « Concertante of London » dont il a été question plus haut.
En Octobre dernier, un CD comprenant ses « Four Temperaments » pour piano et orchestre et ses « Four Images » pour orgue.
Il a également enregistré ses « Concert Variations » pour orgue.
Pour toute précision, n’hésitez pas à le contacter directement par mail. Sir Nicholas parle parfaitement le français. nicholas@jacksonmusic.co.uk
MERCI, SIR NICHOLAS, DE QUI VOUS ÊTES ET DE CE QUE VOUS FAITES.
Le 25 Avril 2010, à l’issue du concert, discussion avec Michel Trique, organiste de la Cathédrale de Laval
Jean Claude Duval – 3 Juin 2013 – 2 Septembre 2020
Michel Trique a bien voulu m’autoriser à rappeler ses années d’organiste par tous les moyens adéquats.
Mon courrier à l’attention de Michel Trique du 2 novembre 2011 :
Cher Père
Comme suite à notre récente communication téléphonique, j’aimerais que vous me confirmiez votre accord par écrit pour publier, à titre gratuit, sur Internet (si j’y arrive techniquement – dans 6 mois ?) :
L’ensemble de vos compositions pour orgue,
Quelques-uns des enregistrements que j’ai effectués moi-même de vos concerts à Bagnoles de l’Orne ou à la Cathédrale de Laval.
Je fais évidemment tout à fait confiance à l’autorisation téléphonique que vous m’avez accordée, mais je ne voudrais pas que dans 50 ans vos héritiers cherchent noise aux miens pour des questions de droits d’auteur et d’édition.
Son courrier en réponse
Dans le bulletin n°52 (février 2003) de l’Association des Amis de l’Orgue de Versailles et de sa région, Monsieur Jean VATUS a présenté avec talent le « Livre d’orgue dans la tradition classique française » composé par Michel TRIQUE, titulaire de l’orgue Cavaillé-Coll de la Cathédrale de Laval (Mayenne). On connaît Michel TRIQUE pour avoir donné de nombreux concerts, enregistré plusieurs disques, conçu et fait réaliser par le facteur Yves Koenig des orgues démontables et transportables. On sait moins qu’il a composé un nombre imposant d’œuvres passionnantes, essentiellement pour l’orgue.
Le rédacteur de ces lignes, Jean Claude Duval, qui le connaît bien pour l’avoir suppléé à la Cathédrale de Laval, s’être produit avec lui dans plusieurs concerts pour deux organistes et avoir créé à Bagnoles de l’Orne le 10 Juin 2001 le dit « Livre d’orgue », a estimé que Michel TRIQUE n’était pas assez reconnu à la hauteur de ses vastes talents. Il l’a interviewé le 31 Janvier dernier et nous résume la teneur de leur entretien.
Sa vie, sa « carrière »
Michel Trique est né à Congrier, un petit bourg du sud de la Mayenne, septième enfant d’ une famille de musiciens. Son père était organiste amateur (jusqu’en 1940, année de sa mort) et chef de musique (jusqu’en 1938). Toute la famille jouait d’un instrument : pour les garçons, les cuivres, et pour les filles, le piano ou le violon. C’est ainsi que le petit Michel fut mis au saxhorn alto dès l’âge de 7 ans. Mais l’instrument ne le passionnait pas vraiment. Pourtant, il fallut attendre très précisément le Mardi de Pâques 1943 pour que le jeune Michel (il avait alors presque 13 ans) pose pour la première fois les doigts sur le clavier du piano. (NDLR : Il faut savoir que Michel Trique est capable de vous citer par cœur un nombre invraisemblable de dates ultra précises). Depuis lors, il ne décolla guère des claviers.
Ce fut d’abord un autodidacte, mais déjà très organisé, jouant des heures par jour et suivant scrupuleusement une méthode avec l’aide de ses frères et sœurs. Il faut croire que ce fut efficace puisque dès 1946, en classe terminale, il devint organiste du petit séminaire de Laval et dès son entrée au grand séminaire, l’année suivante, organiste du dit établissement et titulaire du petit orgue de la Cathédrale.
En 1949, il décida de prendre des cours d’harmonie et d’orgue avec l’abbé Vallin, diplômé de l’Ecole César Franck de Paris, titulaire du grand orgue (3 claviers) de Saint Vénérand, malheureusement aujourd’hui injouable. Il travaillera avec lui pendant quatre ans. C’était le rival de fait du chanoine Fauchard, titulaire du grand orgue (2 claviers) de la Cathédrale. Les deux ecclésiastiques ne s’appréciaient guère. Ils n’étaient pas de la même génération et n’avaient pas les mêmes goûts..
Michel Trique, déjà très doué, bachelier à 17 ans avec mention bien, termina ses études au grand séminaire en Juin 1952 et donc à l’âge de 21 ans et 9 mois. C’était trop jeune pour être ordonné prêtre. A l’époque, il fallait 24 ans; des dispenses étaient envisageables, mais pas de plus de 18 mois. Il se retrouva donc enseignant à Saint Martin de Mayenne, dans un établissement rattaché au Sacré-Cœur. Il deviendra diacre à Noël 1953 et sera ordonné prêtre le 21 Mars 1954.
Il faut dire qu’ à l’époque, Michel Trique ne se destinait pas spécialement à la musique. Il avait été inscrit à l’Université catholique d’Angers pour une licence de théologie. Mais son frère professeur au collège Saint Michel de Château Gontier fut atteint d’une pleurésie et Michel Trique fut rappelé d’urgence pour le remplacer dans cet établissement où il eut un temps comme élève un certain Jean Arthuis qui deviendra célèbre par la suite et lui décernera en 2002 le prix de l’Académie du Maine (diplôme ci-dessous).
Lorsqu’il fut ordonné prêtre en 1954, Michel Trique fut affecté comme professeur de lettres à l’Immaculée Conception de Laval. Consciencieux comme toujours, il délaissa ses études musicales et entreprit une licence de lettres à la Sorbonne où il obtint 2 certificats : latin et grec. Mais là encore, le sort en décidera autrement.
En effet, en 1954, le chanoine Fauchard, titulaire du grand orgue de la Cathédrale, avait été victime d’une congestion cérébrale à l’issue d’un concert à Albi et en était revenu fort diminué. La question de sa succession se posait alors. Peu de temps auparavant, l’abbé Vallin, lassé des dissensions, avait démissionné de ses fonctions et fait savoir à l’évêché que pour le poste de la Cathédrale, il préconiserait Michel Trique.
A Pâques 1955, celui-ci dut par exemple effectuer un remplacement au pied levé. Il lui fallait maintenant se préparer à une succession éventuelle et c’est ainsi qu’il renonça progressivement à sa licence de lettres pour se consacrer à des études musicales.
Le Chanoine Fauchard étant décédé le 26 Septembre 1957, l’abbé Michel Trique fut nommé titulaire du grand orgue de la Cathédrale de Laval (façade ci-dessous) le 18 Octobre de la même année. C’est un orgue qui ne compte que 28 jeux et 2 claviers, mais qui a l’éclat d’un 40 jeux. Michel Trique considérera toujours son rôle comme un ministère:
« Le rôle de l’organiste est essentiel dans la liturgie. La plupart des jeunes organistes n’ont pas forcément de formation liturgique, ni même l’habitude de la pratique religieuse. Une atmosphère découle de chaque moment, de chaque période liturgique. C’est un ministère complémentaire. »
Michel Trique
Ses premières années à la Cathédrale de Laval furent particulièrement difficiles. Le chanoine Fauchard avait habitué les paroissiens à un répertoire et une interprétation fidèles à ses maîtres, Guilmant et Vierne. Avec ses participations à l’Académie Internationale de Haarlem (diplôme ci-dessous), Michel Trique dépassera d’un coup le parisianisme ambiant et s’ouvrira d’immenses d’horizons nouveaux. Le changement sera difficile pour les habitués de la mode ancienne.
Il faut dire que Michel Trique se hissera d’emblée au niveau de ceux qui comme Michel Chapuis, Francis Chapelet, René Saorgin, Marie Claire Alain… (que ceux que mes méninges vieillissants oublient me pardonnent) préconisaient le retour au baroque, dans le sens de la recherche d’une interprétation plus authentique de la musique de cette époque, Jean Sébastien Bach y compris, bien évidemment.
Dès 1961, il jouera à Poitiers. En 1965, soit un an après son inauguration, il donnera un concert à Saint Séverin à Paris. De 1967 à 1971, il organisera plusieurs tournées dans toute la France avec un orgue d’esthétique baroque construit par Yves Sévère
Au moment où cet article paraîtra, Michel Trique en sera à plus de 525 concerts de tous styles. Quand on lui demande ceux qui lui ont laissé les souvenirs les plus marquants, il cite :
Son concert à l’orgue de Notre Dame du Travail à Paris, qui sonnait déjà baroque à l’époque, en 1963,
Son premier concert à Saint Séverin à Paris en 1965 (d’autres suivront),
Son concert à Notre Dame de Paris en 1970 où le Carillon de Westminster de Vierne lui avait valu un succès invraisemblable. Des vieilles dames qui avaient connu Vierne s’étaient littéralement écroulées dans ses bras,
Le concert d’inauguration, le 20 Avril 1980, de l’orgue Cavaillé-Coll de la Cathédrale de Laval restauré, grâce à lui et sous son contrôle, dans son état d’origine; le programme tenait du tour de force (1 heure 40 minutes de musique sans compter les arrêts de jeu) : une 1ère partie Bach (grands préludes et fugues, sonate en trio, chorals), une 2ème partie avec Grigny (Veni Creator), Mozart (2ème fantaisie) et Franck (Cantabile et Pièce héroïque) et une 3ème partie Liszt (Fantaisie et fugue sur Ad nos ad salutarem undam, pièce contemporaine de la construction de l’orgue de Laval),
A partir de 1986, les concerts à 3 orgues et parfois 2 organistes comme celui donné au Château d’Angers en 1989 (avec votre serviteur) à l’occasion du congrès national de la Fédération Française des Amis de l’Orgue.
Ses orgues
Ce n’est pas par souci d’originalité que Michel Trique, qui possédait déjà chez lui un petit orgue d’étude eut l’idée de faire construire des orgues démontables et transportables, mais pour des raisons pédagogiques. Les Associations Départementales pour le Développement de la Musique (A.D.D.M.) le sollicitaient pour des démonstrations dans les écoles. Il en fit environ un millier et grâce à lui, plus de 50.000 enfants purent voir et entendre un orgue de près. Les orgues démontables et transportables qu’il conçut furent tous construits par le facteur Yves Koenig. Le premier fut un instrument déjà important puisqu’il comptait 8 jeux, deux claviers et un pédalier (photo ci-dessus). Il fut achevé en 1977. Mais pour le démonter et le transporter, il fallait deux hommes habitués ou, à défaut, quatre personnes. Il n’était ni possible, ni souhaitable en définitive, d’envisager des déplacements très fréquents pour un tel instrument.
C’est ainsi qu’à partir de 1978 germa successivement dans l’esprit de Michel Trique l’idée de trois orgues le cas échéant démontables et en tout cas transportables par un seul homme, lui-même en l’occurrence, mais il fallut pour cela se résoudre à utiliser l’octave courte, ce qui réduisait considérablement le volume et le poids puisqu’on « économisait » quatre des plus gros tuyaux. (On sait que sur les claviers des instruments à octave courte, les quatre premières touches de l’octave la plus grave (do, do#, ré, ré#) semblent manquer. En fait, le mi joue un do, le fa# joue un ré et le sol# joue un mi. Les sons réellement manquants correspondent donc aux quatre premiers dièses). Cette disposition nécessite évidemment un apprentissage particulier , surtout pour le pédalier, et il faut bien entendu choisir son répertoire en conséquence.
Le premier instrument de ce type vit le jour en 1980. C’est un orgue « positif » de 4 jeux, 1 clavier et 1 pédalier : 8 pieds, 4 pieds, 2 pieds et dessus de larigot. Il se verra enrichir en 1983 d’une ranquette de 16 pieds, également démontable, au pédalier.
Très rapidement, Michel Trique eut l’idée d’ajouter un deuxième orgue qui ferait office de deuxième clavier. Ce fut le « portatif » de 1981 qui comprend une régale avec possibilité d’y adjoindre un sifflet.
Ce fut enfin, en 1985, un « orgue coffre » de 3 jeux : 8 pieds, 4 pieds et nazard. Cet élément est interchangeable avec le portatif en fonction du répertoire interprété et des registrations souhaitées.
Sur la photo ci-dessus, on voit Michel Trique interpréter une sonate en trio de Jean Sébastien Bach, la main gauche sur l’orgue coffre, les pieds sur le pédalier du positif et la main droite sur le portatif. Les sonates en trio de Bach, ce n’est déjà pas très facile. Imaginez vous les jouer les bras en croix et avec l’octave courte. C’est un exploit proprement « extraordinaire » au sens étymologique du terme.
De plus, l’ajout de l’orgue coffre permet, en le dissociant de l’ensemble, d’interpréter le répertoire pour 2, voire 3 orgues. Il fut ainsi donné plusieurs concerts (j’eus personnellement l’honneur de participer à quatorze d’entre eux) dans des programmes comportant principalement des œuvres baroques, mais aussi une partita écrite spécialement par Michel Trique que vous voyez ci-dessous au clavier de son orgue coffre.
Ses ŒUVRES
Michel Trique composa de la musique à peu près toute sa vie comme le faisaient selon lui autrefois tous les organistes pour des œuvres vocales ou instrumentales. Sans même parler de ses opus officiels, – nous y viendrons ensuite – , on peut citer :
En 1950, au séminaire, une cantate (perdue) sur le Triomphe de St Thomas d’Aquin,
Fin 1953, à Mayenne, une cantate pour la Fête des parents d’élèves,
De 1976 à 1985, de multiples exercices d’harmonie approfondis par la lecture de partitions,
De 1986 à 1990, 300 mélanges à 4 voix pour l’enseignement de 5 ou 6 trappistines,
Depuis 1990, au moins 80 fugues d’école.
Les opus officiels sont les suivants :
OPUS 1 : Fugue publiée en 1959 dans le n° 60 d’Orgue et Liturgie à la demande formulée auprès de Norbert Dufourcq par Jean Jacques Grunenwald.
OPUS 2 : Messe à 4 voix mixtes et orchestre ou orgue datant de 1960, non publiée.
OPUS 3 : Mélodie pour chant et piano, composée en 1960 et non publiée.
OPUS 4 : Cinq versets écrits vers 1980, également non publiés.
OPUS 5 : Partita pour 2 orgues écrite en 1986 spécialement pour les petits orgues démontables et transportables, mais bien évidemment jouable sur deux orgues de tous sortes, sur le thème d’un choral ancien très connu et aujourd’hui utilisé avec les paroles françaises : « Nous chanterons pour Toi, Seigneur ». Le titre de chaque variation en dévoile la structure:
Il faut regretter que cette œuvre dont le thème est connu de tous n’ait pas non plus été publiée.
OPUS 6 : Sinfonietta écrite en 1987 à la mémoire d’Albert Roussel et toujours non publiée : Le premier mouvement est un allegro à deux thèmes, avec introduction, exposition, développement et brève réexposition, Le second traite un thème de sicilienne, d’abord en canon, puis dans un autre ton, et ensuite en passacaille avec cinq variations, Le final est en forme de double fugue avec un premier sujet découlant du premier mouvement et un second sujet reprenant le thème de la sicilienne.
OPUS 7 : Passacaille écrite en 1988, dans la longue tradition de cette forme musicale, mais se plaçant au confluent des courants baroque, post-romantique et dodécaphonique. Michel Chapuis la fit jouer par ses élèves au CNSM de Paris, bien qu’elle ne fût pas publiée.
Elle comporte 20 variations précédées d’une introduction. A la différence des passacailles baroques, elle atteint son apogée dans les variations centrales, les sept dernières réalisant un dégradé progressif qui s’achève dans la simplicité d’un canon à trois voix.
OPUS 8 : Livre d’Orgue de 1989 (non publié) comprenant cinq pièces destinées à alterner avec le chant du chœur et construit autour d’un leitmotiv: Les cinq pièces sont intitulées : Prélude, Canon, Trio, Ricercare, Postlude. (Ne pas confondre ce « Livre d’Orgue » avec celui de l’opus 15 (2001) qui se situe encore davantage dans la tradition classique française).
OPUS 9 : Triptyque de 1990 (non publié) en forme de Prélude, Choral (avec huit variations) et Fugue qui évoque forcément César Franck, mais est évidemment inspiré aussi d’autres courants musicaux, même si dans sa classe de composition, Jean-Yves Daniel-Lesur et Pierre Wissmer qualifiaient l’auteur de «néo-franckiste».
OPUS 10 : Cinq pièces brèves écrites en 1991 (non publiées) d’une durée de trois minutes chacune, mais ne trouvant tout leur sens que dans l’enchaînement obligatoire de l’ensemble qui est parcouru de courants modernes: dodécaphonisme, modalité, musique répétitive… Successivement : Résonance , Contrastes, Canonique, Berceuse, Toccata.
OPUS 11 : Mouvement de symphonie (non achevé)
OPUS 12 : Cinq versets fugués composés en 1993 (non publiés) destinés à être joués regroupés et tendant vers une plus grande complexité utilisant, un peu comme l’Art de la Fugue de Bach, tous les procédés traditionnels du genre, chacun des versets n’en revêtant pas moins son caractère propre.
OPUS 13 : Symphonie concertante datant de 1994 (non publiée), utilisant un langage moderne avec notamment l’emploi de « modes à transposition limitée » et comprenant 3 mouvements: 1) Prélude en forme d’Allegro avec Introduction, 2) Andante se rattachant à l’expressionnisme post-romantique, 3) Toccata haletante et violente.
OPUS 14 : Partita sur le choral « Vater unser », écrite en 1995 et malheureusement elle aussi non publiée. Ses 9 variations peuvent recevoir les titres suivants :
Paraphrase,
Bicinium,
Variation canonique,
Variation rythmique,
Choral harmonisé,
Variation ornée au soprano,
Variation ornée à la basse,
Variation contrapunctique,
Variation fuguée (choral figuré).
Après cette partita, Michel Trique restera quelques années sans composer. Il a accepté que le début de sa paraphrase soit publié pour que vous puissiez vous faire une idée de son style.
OPUS 15 : Livre d’Orguedans la tradition classique française, achevé en 2001 et à mon grand désespoir non publié : voir l’article fort documenté de Mr Jean Vatus dans le n°52 du bulletin (Février 2003).
OPUS 16 : Douze Préludes : Quand ces lignes paraîtront, une oeuvre supplémentaire sera achevée. Il s’agira de 12 préludes sur les 12 demis tons de la gamme.
Rappelons qu’à l’exception de sa fugue opus 1 publiée par la Schola Cantorum, toutes les œuvres pour orgue de Michel Trique sont disponibles sur le présent site sous l’onglet « Partitions gratuites ».
Les improvisations
Michel Trique est aussi un grand improvisateur. Pendant des années, il a improvisé le Dimanche avant la messe une Symphonie complète. Ce sera l’un des remords de ma vie, alors que l’idée m’en était venue plusieurs fois, de n’avoir jamais pris la peine de l’enregistrer une ou plusieurs fois dans ces improvisations alors que j’ai habité Laval pendant presque 20 ans.
Cependant, lorsque nous sommes passés le voir le 6 août 2002 avec Marie-Flore Outin, il nous a joué une Suite improvisée en 5 parties.
Suite improvisée à la Cathédrale de Laval n°1 – Grand plein jeu Suite improvisée à la Cathédrale de Laval n°2 – Dialogue sur le cromorne Suite improvisée à la Cathédrale de Laval n°3 – Scherzo sur les flûtes Suite improvisée à la Cathédrale de Laval n°4 – Jeux douxSuite improvisée à la Cathédrale de Laval n°5 – Final
Les enregistrements hors Bagnoles
J’ai le plaisir par ailleurs de pouvoir faire profiter les amateurs de quelques enregistrements audio effectués par moi-même en monophonie et en live, c’est dire avec une qualité sonore bien imparfaite. Mais c’est quand même un souvenir.
Voici d’abord des extraits de concerts à 2 ou 3 orgues, avec le concours de votre serviteur.
Auteur : Giovanni Gabrieli Oeuvre : Canzone à 8 pour 2 orguesAuteur : Giovanni Bernardo Lucchinetti Oeuvre : Concerto a due Organi 1) Spiritoso Auteur : Giovanni Bernardo Lucchinetti Oeuvre : Concerto a due Organi 2) AllegroAuteur : Michel Trique Oeuvre : Partita à 3 orgues
Voici aussi des enregistrements d’œuvres de Bach jouées par Michel Trique à la Cathédrale de Laval le jour de la célébration de son jubilé le Dimanche 16 Décembre 2007, pour ses 50 ans de tribune.
Bach – Prélude et fugue en mi mineurBach – Choral « Herr Jesu Christ »Bach – Passacaille
Grâce à Jean Marie Godard équipé d’un appareil photographique et d’une caméra, Michel Trique a pu être enregistré chez lui le 8 Décembre 2011. Depuis qu’il ne donne plus de concerts, il travaille principalement sur son orgue 8 jeux de 1977 qui n’a pas d’octave courte. Témoignage émouvant de cet artiste de 81 ans !
Bach – Adagio de la Toccata en ut Bach – Fugue de la Toccata en ut
Quant à ses autres petits instruments (orgue positif 4 jeux de 1980 et orgue coffre 3 jeux de 1985 – tous deux dotés de l’octave courte), il ne les utilise plus guère que pour improviser.
Lorsqu’il venait donner des concerts à Bagnoles de l’Orne, Michel Trique ne voulait pas être enregistré. Les rares fois où il a pu l’être se trouvent sur le présent site dans l’article ‘Concerts à Sainte Madeleine » sous l’onglet « Bagnoles de l’Orne ».
Les partitions
On trouvera à la rubrique « Partitions gratuites » du présent site la quasi-totalité des œuvres pour orgue de Michel Trique. Il a toujours voulu rester indépendant et ne s’est jamais inscrit à la SACEM. Ces partitions peuvent être imprimées recto verso. On peut y ajouter une couverture et relier le tout dans une librairie papeterie. Le résultat n’est pas éloigné d’une édition de type commercial.
discographie
Le site France Orgue permet de réparer cette lacune : Discographie de Michel Trique sur France orgue Il s’agissait à l’époque de disques vinyles que l’on ne trouve plus dans le commerce. Mais l’artiste en possédait encore chez lui une provision quasi complète.
Ceux qui désireraient se procurer des disques de Michel Trique pouvaient lui écrire : Michel TRIQUE, organiste de la Cathédrale, 53000 LAVAL. Depuis son décès, il faut s’adresser à l’évêché de Laval . Voir les coordonnées ci-dessous.
son décès
Une bien triste nouvelle en ce début Avril 2014. Le Père Michel Trique est décédé. Il vivait seul chez lui depuis 1997 et s’entraînait inlassablement tous les jours sur ses petits orgues. Au début de la deuxième semaine du mois, ses voisins prêtres ne l’entendant plus jouer s’inquiétèrent et donnèrent l’alerte. Il fut retrouvé mort chez lui. D’après son acte de décès, la mort remonterait au 25 Mars.
Un faire-part fut inséré dans le journal La Croix et Monsiegneur Scherrer envoya un message aux prêtres du diocèse de Laval.
« Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce, jouez pour notre Dieu sur la cithare !» Psaume 146,7
Le Père Michel TRIQUE est entré dans la paix de Dieu. Il était âgé de 83 ans. Ordonné le 21 mars 1954 par Mgr Rousseau, il devait célébrer son jubilé sacerdotal au cours de la messe chrismale. Il était l’organiste titulaire de la Cathédrale.
L’Eucharistie de sa sépulture sera célébrée le vendredi 11 avril 2014 à 10h30 en la Cathédrale de Laval et sera suivie de l’inhumation au cimetière Vaufleury de Laval.
La messe de sépulture eut donc lieu à la Cathédrale de Laval au jour dit. Le mot d’accueil fut prononcé par le Père Gérard Poirier, vicaire général.
« Nous sommes là unis dans la prière ce matin pour dire au-revoir au Père Michel Trique… et nous voulons être proche de sa famille présente ou de celle qui est en communion avec nous en raison de l’éloignement ou de la santé fragile.
Depuis Lourdes où a lieu l’assemblée plénière des Evêques de France, notre Evêque, Mgr Scherrer est de tout cœur avec nous tous ici rassemblés en cette cathédrale, et il adresse à la famille du Père Trique, à tous ses amis organistes, à ses frères prêtres et aux diocésains sa profonde communion de prières et confie au Seigneur, par l’intercession de Marie, le Père Trique qui a rejoint discrètement la Maison du Père en suivant le chemin du serviteur souffrant en ces jours qui précèdent la Semaine Sainte.
Arrivée au terme de sa vie terrestre, Michel Trique parvient à l’horizon de Dieu. C’est aujourd’hui l’heure de son passage. Cette célébration des obsèques du Père Trique est prière où le Christ Jésus vient éclairer, par le don de sa vie, le chemin de la vie de tout homme, et particulièrement la vie de notre frère que je retrace en quelques mots :
Originaire de Congrier, le Père Michel Trique a été ordonné prêtre le 21 mars 1954 après des études brillantes et un temps d’enseignement à St Martin de Mayenne et à St Michel de Château-Gontier.
En août 1954, il est nommé professeur de Lettres à l’Immaculée-Conception de Laval et poursuit des études de lettres à La Sorbonne où il obtient deux certificats.
Après le décès du Chanoine Fauchard en septembre 1957, le Père Michel Trique, musicien dans l’âme et diplômé de l’Ecole César Franck de Paris, a été nommé Organiste titulaire du Grand Orgue de la Cathédrale… et en novembre 1976, il sera chargé de veiller à l’entretien et à la conservation des orgues du Diocèse.
Organiste et artiste, il consacrera toute sa vie à sa passion avec un souci pédagogique puisqu’il créa, avec le facteur d’Orgue Koening, des orgues démontables et transportables afin de se rendre dans de nombreuses écoles et institutions, ou qu’il écrira un Livre d’Orgue dans la tradition classique française, achevé en 2001, non publié mais présenté en 2003 dans le bulletin national des Amis de l’Orgue.
Le Père Trique a composé de nombreuses œuvres, enregistré des CD et assuré de nombreux concerts en France de 1961 à 1989 dont plusieurs ont été marquants comme celui du concert d’inauguration, le 20 avril 1980 de l’Orgue Cavaillé-Coll de cette Cathédrale, restauré, grâce à lui et sous son contrôle dans son état d’origine, ou encore celui de 1989 au Château d’Angers, concert à 3 orgues et 2 organistes, à l’occasion du Congrès national de la fédération française des Amis de l’Orgue. Merci à ce 2 ème organiste d’être présent ce matin au Grand Orgue, Mr Jean-Claude Duval.
Entonnez pour le Seigneur l’action de grâce, jouez pour notre Dieu sur la cithare ! »
Ce verset du psaume 146 nous invite à rendre grâce pour ses 60 ans de vie sacerdotale.
Pour tout ce que le Père Michel Trique a vécu et donné par son talent, nous sommes là, Seigneur, pour rendre grâce… et à Dieu, nous le remettons, lui qui connaît ses joies et ses limites, mais qui l’accueille dans ses bras de Père.
Que la Parole de Dieu et le Pain de l’Eucharistie qui nous rassemble maintenant viennent nourrir toujours notre espérance. »
Un autre temps fort de la célébration fut l’homélie du Père Pierre Marie Perdrix, ancien curé de la Cathédrale.
Le programme de la cérémonie aurait certainement plu à Michel Trique. Il comportait du grégorien (Kyrie, Sanctus, Agnus de la messe des morts et Salve Regina) et les chants français que vous trouverez sur le feuillet ci-dessous.
L’orgue s’est montré très discret. Un musicien digne de foi m’a dit ensuite qu’en principe on ne jouait pas d’orgue aux sépultures des organistes. Mais mon choix s’est voulu de toute façon en harmonie avec la discrétion et la modestie dont Michel Trique a fait preuve toute sa vie. Je n’ai pas joué les grandioses pièces habituelles de Bach, mais suis resté dans des commentaires très sobres : Introduction sur l’Introït de la messe de Requiem, Offertoire baroquisant sur le thème de la prière universelle, Communion sur l’Agnus Dei, Sortie en forme de glas sur les thèmes de la messe de Requiem.
Sur le coup, j’ai été déçu de la maigreur de l’assistance : 60 personnes dont une bonne vingtaine de prêtres. Mais l’un de ses amis m’a dit :
« Michel est parti comme il a vécu, sans faire de bruit ».
Requiescat in pace.
POSTFACE
Le corps de Michel Trique repose au cimetière de Vaufleury, 162 rue de Paris, à Laval : Carré F 09, Tombe 32. Pour tout renseignement, s’adresser au bureau du gardien aux heures ouvrables. Tel 02 43 53 20 30
Les biens laissés par Michel Trique après sa mort sont dévolus à l’évêché de Laval. Si vous voulez savoir ce que ses instruments de musique (piano, clavecin, orgues) sont devenus, Si vous voulez vous procurer les disques vinyles qu’il avait édités, Si vous vous demandez si les partitions de musique qu’il possédait ont été archivées, C’est donc à l’évêché de Laval qu’il faut vous adresser.
Il n’y a que ses compositions personnelles que vous trouvez gratuitement sur ce site comme cela a déjà été dit.
J’ai évoqué mes propres souvenirs d’enfance dans la rubrique « Mes professeurs de musique« au sujet de Mr Georges Trouvé, organiste de la Cathédrale de Séez.
On trouvera dans la rubrique « Partitions gratuites » les rares oeuvres que j’ai trouvées de lui.
En 2002, l’Association des Amis de l’Orgue de Versailles et sa Région avait bien voulu publier dans son Bulletin un long interview que Monsieur Trouvé m’avait accordé sur les souvenirs de sa longue carrière.
Depuis lors les choses ont évolué. Tout d’abord, rendons justice à l’Association qui avait hébergé l’interview.
Sous le présidence de Mr Jean Pierre Millioud, ses coordonnées sont désormais les suivantes :
Siège : 2 bis place de Touraine – 78000 Versailles,
Secrétaire : Mme Christiane Lamboley, 20 rue de Cernay – 78720 Senlisse,
Rédaction : Mr Albert Hirlemann – alberthirlemann@gmail.com
Avec l’accord de Dominique Trouvé, j’ai le plaisir de vous proposer les enregistrements audio des œuvres non soumises à droits d’auteur jouées par Mr Georges Trouvé lors du concert de ses 50 ans de tribune à la Cathédrale de Séez en 1987.
Une vidéo enregistrée récemment témoigne de sa vitalité et de son talent. Le 25 Mars 2012, à 95 ans, il jouait au piano un mouvement d’une sonate de Mozart.http://www.youtube.com/watch?v=XZdefQ6ZXmo
Triste nouvelle : le décès de Mr Trouvé survenu après une bronchite mal soignée.
Avis de décès paru dans Ouest-France du 21 Mars 2013 et sur Internet :
Sées, Alençon, Lisieux, St-Georges-de-Rouelley, Flers . M. et Mme Dominique Trouvé, M. et Mme Gérard Trouvé, M. Jacques-Marie (†) Trouvé, M. et Mme Jean Guillo, ses enfants; Marie-Christine et Olivier, Claire, Jean-Sébastien et Émeline, Guillaume et Émeline, Camille et Brice, Julien et Julie, Emmanuel et Gabriella, Irène et Jean-François, Yannis et Marie, David, ses petits-enfants; Louise, Paul, Margot, Manon, Gabriel, Séverin, Charles, Raphaëlle, Clarisse, Clément, Héloïse, Louis, ses arrière-petits-enfants; les familles Meyrand, Bousquet, Lepetit, Fretigny, Mme Andrée Lesimple, ses nombreux amis,
ont la douleur de vous faire part du décès de Monsieur Georges TROUVÉ, Organiste honoraire de la cathédrale de Sées, Chevalier de la Légion d’honneur, Officier des Arts et Lettres, Chevalier de l’Ordre de St-Grégoire-le-Grand, survenu le mercredi 20 mars 2013, dans sa 97e année, muni des sacrements de l’église. La cérémonie religieuse sera célébrée samedi 23 mars 2013, à 14 h 30, en la cathédrale de Sées, où l’on se réunira. Condoléances sur registre. Ni fleurs, ni couronnes. Des prières et des messes. M. Georges Trouvé repose à la chambre funéraire Mélanger de Sées. Cet avis tient lieu de faire-part. PF Mélanger, « Serenium services funéraires », Sées, tél. 02 33 31 02 62.
Article paru dans l’Ouest-France du 22 Mars 2013 et sur Internet :
L’organiste Georges Trouvé est décédé – Sées
« Il avait un sens profond de la liturgie »,
se souvient le père Michel Renault. Le prêtre a côtoyé durant près de 17 années Georges Trouvé, l’organiste de la cathédrale de Sées. L’homme s’est éteint mercredi à l’âge de 97 ans.
« Très présent au sein de la communauté »,
Georges Trouvé a exercé son talent tout au long de sa vie. Les paroissiens évoquent un musicien :
« Pétri de chants et de textes, fort dans l’improvisation ».
Le père Renault souligne également ce talent et les traits de caractères propres à Georges Trouvé.
« Il était un homme rayonnant, toujours présent, et d’humeur égale »,
détaille-t-il. Francis Bouquerel, ancien maire de Sées, garde également le souvenir d’un « très bon organiste » .
« C’était une personnalité importante du diocèse »,
explique-t-il. Georges Trouvé a longtemps donné des cours de piano, notamment aux séminaristes, en marge de son activité paroissiale. Organiste honoraire, il avait été fait chevalier de la Légion d’honneur, officier des Arts et des Lettres et chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Une cérémonie religieuse sera célébrée samedi 23 mars, à 14 h 30, en la cathédrale de Sées.
Cérémonie des Obsèques 23 Mars 2013 à 14 h 30.
La cérémonie religieuse fut présidée et la messe célébrée par Monseigneur Jacques Habert, évêque de Séez, entouré de prêtres du diocèse, dans une Cathédrale bien garnie malgré la température qui y régnait. Il y fut chanté le Requiem et le Kyrie grégoriens de la messe des morts par une chorale animée par Jean-Marie Godard. On y chanta le Saint le Seigneur et l’Agneau de Dieu de la messe écrite par Mr Trouvé.
Aux grandes orgues, Guy Robineau accompagnait les chants et Olivier Houette joua des morceaux d’orgue de haute volée à l’exception de la communion où la famille m’avait demandé un choral de Bach. A l’offertoire, grand moment de joie musicale pleine de foi dans un extrait du Magnificat de Bach avec Olivier Houette, Marie Christine et Emeline Trouvé, ses petits enfants.
Guy Robineau
A l’homélie, Monseigneur Jacques Habert prit la parole en ces termes :
A la fin de la cérémonie, Dominique Trouvé prit la parole à son tour pour remercier les personnes présentes et notamment Monseigneur Habert et ceux qui avaient animé la célébration. Si ce n’était pas lui qui s’était exprimé, il en est un qu’il aurait fallu remercier tout spécialement, c’est Dominique lui-même. Pendant des années il apporta à son père une assistance technique irremplaçable pour l’entretien de son harmonium-pédalier, ainsi que pour l’entretien et l’accord de l’orgue de la Cathédrale.
Enfin, l’abbé Michel Renault qui fut longtemps curé de la Cathédrale rendit à Mr Trouvé un dernier hommage ému et chaleureux qui fut particulièrement apprécié et partagé par tous :
Tous les membres de la famille de Monsieur Georges TROUVÉ
remercient vivement Mgr Jacques Habert, évêque du Diocèse de Séez, particulièrement présent, Mgr Jean-Pierre Brard, venu spécialement de Rome, le Père Renault, pour ses mots délicats et justes, le Père Henri de Sainte-Preuve, archiprêtre de la Cathédrale, les prêtres qui ont pu se rendre disponibles lors de la cérémonie de passage, ainsi que tous ceux et celles qui, par leur présence, leurs pensées, leurs visites, prières, offrandes de messes ou participation à la cérémonie, se sont associés à leur peine.
Merci aussi aux prêtres de la paroisse d’Alençon qui ont prié avec M. Trouvé.
La famille tient également à assurer de sa gratitude toutes les personnes qui ont aidé à leur façon M. Trouvé ces dernières années, le personnel d’accompagnement à domicile pendant 10 ans, les Drs Duchemin et Nandji, le directeur et tout le personnel de la résidence Aveline à Alençon.
De 1996 à 2001, Mr Georges Trouvé a pu être enregistré en « live » à Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne avec des équipements assez rudimentaires. On trouvera ces enregistrements dans le dossier « Orgue » à la rubrique « Concerts à Sainte Madeleine ».
Improvisation sur « Ave maris stella » (chant : Yves Petit) :
7 Juillet 1996
Choral « Quand nous sommes dans une profonde détresse » de Bach :
24 Mai 2001
Toccata de Gigout
24 Mai 2001
Improvisation libre
10 Juin 2001
Jean Claude Duval le 4 Avril 2013 actualisé le 22 Décembre 2019 et le 2 Septembre 2020
Dans certains de ces concerts, je n’étais qu’un organiste parmi d’autres.
Ceux de la Cathédrale de Saint Malo furent les premiers du genre. Nous faisions 4 concerts par an au profit de la construction de Grand Orgue, principalement avec Maryvonne Hilaire, et aussi parfois des organistes de passage comme l’auguste Alain Pacquier.
En revoyant les programmes, je constate l’inconscience de ma jeunesse. J’avais joué par exemple :
Le 25 Août 1967 l’Apparition de l’Eglise Eternelle de Messiaen,
Le 31 Juillet 1969 la Suite Modale de Flor Peeters,
Le 14 Août 1969 les Litanies de Jehan Alain …
et cela sur le petit instrument 2 claviers pédalier situé alors dans le transept. Heureusement que je suis parti secrétaire général de mairie à Senonches en 1970, chef-lieu de canton où il n’y avait pas d’orgue à l’église, sinon à quels sommets n’aurais-je pas craint de me confronter ?
Le concert de Saint Malo dont j’ai gardé le souvenir le plus amusé remonte à je ne sais plus quelle date exactement, l’oeuvre jouée n’étant pas au programme, et pour cause ! En effet, celui-ci avait été prévu trop court et les auditeurs attendaient la suite.
L’archiprêtre de la Cathédrale, qui m’avait à l’origine reçu un peu comme un chien dans un jeu de quilles, avait demandé que l’on rajoute quelque chose. Je m’étais lancé à l’improviste dans un Magnificat de Guilain que j’aimais bien et qui avait fait son petit effet. L’éminent ecclésiastique était monté à la tribune pour me remercier et me féliciter. Petite revanche d’amour-propre ! Vanitas vanitatum …
Il y eut aussi ceux auxquels j’ai participé avec Michel Trique sur les petits instruments démontables et transportables avec octave courte qu’il avait fait construire selon ses plans par le facteur Koenig.
Orgues positifs de Michel Trique
J’en ai compté 14 avec un répertoire allant du Concerto pour 2 orgues de Lucchinetti au Concerto en fa majeur de Haendel et aux 3 Concertos pour 2 claviers de Bach, en passant par l’Adagio et fugue en ut mineur de Mozart pour aboutir à la très belle Partita pour 3 orgues op. 5 de Michel Trique sur le thème du choral « Nous chanterons pour Toi, Seigneur » (voir par ailleurs la partition gratuite et l’enregistrement audio sur cassette à l’ancienne !). Les lieux de nos interventions furent divers. Les plus fréquents : la Basilique d’Avesnières à Laval et l’église de Tessé la Madeleine (à l’époque). Mais aussi la FNAC de Rennes, le Château de Sainte Suzanne … et surtout le Château d’Angers lors d’un congrès de la FFAO et avec les félicitations de Claude Noisette de Crauzat. Vanitas vanitatum …
Je sévis encore dans d’autres types de concerts à plusieurs organistes :
A la Cathédrale de Sées le 31 Août 1997 avec Alain Bouvet et Guy Robineau pour les 60 ans de tribune de Monsieur Georges Trouvé et le 24 Mai 2008 avec Olivier Houette et les mêmes pour la Légion d’Honneur de Monsieur Georges Trouvé,
A la Cathédrale de Laval le 16 Décembre 2007 avec Félix Moreau, George Marshall et Marie José Chasseguet pour les 50 ans de tribune de Michel Trique,
A Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne :
Pour l’anniversaire de la restauration de l’orgue en Mai ou Juin de 1997 à 2002 avec Georges Trouvé, Michel Trique, Alain Bouvet et Guy Robineau,
A Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne
pour le concert annuel des « organistes de la paroisse » de 2002 à 2008 avec Michel Garouis et Marie Flore Outin d’abord, puis à partir de 2009 avec François Moreau et Michel Garouis jusqu’à ce que la tradition se perde,
pour un hommage au Père Yves Petit en 2019 avec Emmanuel Hocdé, Alain Bouvet, Marie Flore Outin et Michel Garouis,
Pour des concerts en 2022 et 2024 au profit de l’Association des Amis de l’Orgue avec Geneviève Pradère, viole de gambe, et Michel Garouis, organiste et chantre,
Pour des concerts d’orgue à 4 mains avec Sandrine Petitjean, (pour un concert entier en 2012), auparavant avec Michel Garouis ou Marie-Flore Outin et en 2023 avec Ouliana Lioubytska, avec à nouveau Michel Garouis en 2024,
Sandrine Petitjean
Il m’arriva de partager l’affiche avec des chœurs ou des instrumentistes :
Le Chœur de la Maîtrise de la Cathédrale de Nantes le 29 Novembre 1987, pour dialoguer avec les grandes orgues dans un répertoire utilisant principalement les jeux présumés subsistant de Clicquot,
Aux grandes orgues de la Cathédrale de Nantes
Le Chœur Marguerite de Navarre de Michel Grüneissen à Notre Dame de Guibray (Falaise) le 23 Août 1987 et à Tessé la Madeleine le 10 Juillet 1988,
Le Chœur Hymnody naissant, du regretté Nigel Elbourne, le 14 Juin 2009 à Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne, dans un programme alternant pièces d’orgue et hymns anglicans,
Nigel Elbourne
Le Chœur Una Voce de Laval le 27 Septembre de la même année à Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne, dans un programme faisant se répondre des œuvres chorales et des pièces d’orgue de styles et d’époques comparables,
Le Chœur Una Voce de Laval (ici à Parné sur Roc)
Jérôme Louvel, clarinettiste, le 29 Août 2010, toujours à Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne, avec un programme Renaissance / contemporain,
Jérôme Louvel
Ouliana Lioubytska, qui se produisit en 2023 comme violoniste solo dans la sonate n° 1 de Bach et, accompagnée par l’orgue, dans plusieurs pièces de Bach et Albinoni, et comme organiste à 4 mains dans le Minuetto KV 525 de Mozart.
Ouliana Lioubytska et Jean Claude Duval
Enfin pour plusieurs de mes concerts la contribution d’amis talentueux fut des plus précieuses.
Tout d’abord, pour l’alternance avec le chant grégorien, le Père Yves Petit lui-même, parfois aidé du Père Michel Blatrix, me donnèrent la réplique. Pendant une dizaine d’années de 1990 à 2000, des « Veillées Orgue et Prière » étaient organisées chaque 15 Août à Tessé la Madeleine avec la participation ardente de la foule.
A ces deux Pères musiciens, s’ajoutèrent rapidement pour le 15 Août et pour les concerts le Père Joseph Courteille, un de mes anciens professeurs à Séez, et André Naulleau, un ami ingénieur de Laval; mais ces derniers furent également mis à contribution par exemple pour chanter des Noëls.
Depuis quelques temps, Jean Marie Godard, le grand spécialiste Ranais du chant grégorien, et Marina Mineau, soprano légère remarquable, nous font bénéficier de leurs talents pour des concerts mélangeant ou alternant l’orgue, le chant grégorien et le chant classique.
Marina Mineau et Jean Marie Godard
Tout récemment, j’eus l’occasion de prêter mon concours à Roland Nadaus, poète et écrivain, pour des auditions « Poésie et Orgue » où des poèmes de divers auteurs ou de Roland Nadaus lui-même alternent avec des pièces d’orgue. Les lectures sont faites par Roland Nadaus et/ou son épouse Simone.
Simone et Roland Nadaus avec Jean Claude Duval
Il faut également mentionner Michel Garouis qui sait :
Jouer de l’orgue,
Présenter un concert,
Prendre en charge la planification des concerts,
Proclamer le latin en prononciation gallicane,
Chanter un air folklorique en norvégien,
Interpréter l’hymne national néo-zélandais en maori,
et coetera …
Homme rare et précieux s’il en est.
Dans les concerts que j’ai donnés en soliste, j’ai toujours essayé :
D’éviter les démonstrations de virtuosité gratuite, (si j’en suis capable).
De ne pas rejouer plusieurs fois les mêmes oeuvres dans les mêmes lieux. Bien entendu, Bach fait exception, il est parfois incontournable.
D’adapter le programme à l’esthétique de l’instrument joué. La chance des « amateurs bénévoles » qui ne sont pas obligés d’avoir un programme annuel qu’ils promènent un peu partout pour des raisons alimentaires est justement de pouvoir faire de chaque concert une aventure nouvelle adaptée à un orgue et à un lieu nouveaux. Il faut reconnaître aussi que j’ai eu souvent la chance de jouer des instruments bien typés.
De ne pas m’enfermer dans le répertoire franco-germanique qu’on entend toujours et partout. J’avoue éprouver une véritable tristesse quand j’ai l’occasion de constater que les conservatoires forment encore et toujours les jeunes aux mêmes répertoires. Le 21ème siècle est déjà bien entamé. Internet nous permet d’avoir accès à toutes les œuvres pour orgue de tous les pays et de tous les temps. Osons pour nous-mêmes et pour nos auditeurs le plaisir de la découverte et de l’ouverture sur le monde. Le chapitre sur les œuvres que j’ai martyrisées au fur et à mesure du temps illustrera peut-être mieux mon propos.
Notre Dame de GuibraySaint Germain d’Argentan
Jean Claude Duval Mise à jour : 19 juin 2024
Enregistrements EXTÉRIEURS
1991 06 30 St Germain d’Argentan Trio ut min
1993 05 09 Cathédrale de Laval Cantilène sonate 11 Rheinberger
2000 08 13 Falaise N D de Guibray 3 Chorals Wer nur Bach
2000 08 13 Falaise N D de Guibray Art de la Fugue 1-2 Bach
2000 08 13 Falaise Fantaisie et Fugue 904 Bach
2005 08 16 St Germain d’Argentan Ensalada Heredia
2007 07 31 St Germain d’Argentan Prélude et fugue sol min Buxtehude
2009 07 05 Cathédrale de Séez Fanfare l’Eclatante Corrette
Les cours de Joris Verdin, Luigi Ferdinando Tagliavini et Marie Claire Alain avaient lieu en première semaine. Je ne m’étais inscrit qu’en deuxième semaine, du Dimanche 25 Juillet au Dimanche 1er Août, pour les cours d’improvisation avec Rudolf Lutz et Emmanuel Le Divellec, et pour la musique espagnole en cours particulier avec Guy Bovet.
Plan d’accès à Romainmôtier
A côté de l’Abbatiale de Romainmôtier, la pasteure du lieu. Nous l’avions vue par hasard à Vaulion en arrivant le Dimanche matin. A la fin de la cérémonie, nous nous étions présentés et excusés de n’avoir pas participé à la célébration parce nous étions catholiques et que j’étais divorcé. Elle nous avait répondu du tac au tac : « Et alors, moi aussi je suis divorcée ». Heureuse religion qui vit avec son siècle !
L’Académie de Romainmôtier était largement placée sous l’ascendant de Marie Claire Alain. L’orgue de son père Albert Alain a été installé dans les combles de la Maison de la Dîme proche de l’Abbatiale. Elle donnait des cours en première semaine sur l’œuvre d’orgue de son père et de son frère Jehan. Bien que n’enseignant plus en deuxième semaine, elle était restée présente pour des concerts.
J’eus l’honneur de pouvoir un peu échanger avec elle. Je lui parlai de l’Académie 1986 de St Donat et de ceux dont je me souvenais : Stéphane Béchy, Laurence Bassi … Je lui rapportai que Liesbeth Schlumberger venait régulièrement donner des concerts sur l’orgue dont je suis titulaire à Ste Madeleine de Bagnoles de l’Orne. Elle savait prononcer sans tergiverser son nom de jeune fille « Kurpershoek ». Et me raconta, à la fois flattée et contrariée, que lorsque cette merveilleuse organiste était son élève, elle prenait en note mot à mot tout ce qu’elle disait et que lorsqu’elle retrouvait ensuite ses élèves dans ses propres cours, ceux-ci lui ressortaient point par point ce qu’elle avait dit. Elle n’aimait pas la Suite (baroque français jazzique) de Jon Laukvik. Cela dénaturait complètement selon elle la grande tradition organistique du 20ème siècle.
Je commis la gaffe de ma vie en lui disant après un concert qu’elle avait donné sur l’orgue de son père que je regrettais de ne pas avoir entendu les Litanies de son frère Jehan. Elle me fit comprendre par les gestes et la parole qu’elle en avait déjà plein les bras de ce qu’elle avait joué. Elle faisait partie de ces gens qu’on n’imagine pas vieillir. Je m’en veux encore de mon indécence. On ne peut pas ne pas avoir une pensée émue pour celle qui est partie après avoir tant fait pour la cause de l’orgue.
Romainmôtier s’enorgueillit de disposer d’un orgue entièrement mécanique construit par Albert Alain de 1910 à 1971. A la mort de son père, en 1971, Marie Claire Alain ne réussit pas à trouver en France un lieu de réinstallation de cet orgue. Entreposé en divers endroits, il se dégrada gravement. En 1985, Guy Bovet prit les choses en mains, sollicita le mécénat de la Société Migros, créa une Association, puis obtint l’autorisation d’occupation des combles de la Maison de la Dîme. L’orgue put être réinstallé et inauguré par Marie Claire Alain en Juin 1991.
L’orgue est plus beau qu’avant, dit-elle. Il correspond à ce que mon père avait rêvé de réussir.
Le schéma suivant donne une idée de la complexité de la console.
C’est sur cet orgue Alain de la Maison de la Dîme qu’étaient donnés les cours d’improvisation.
Rudolf Lutzest un musicien extraordinaire.
Né en 1951, il a étudié l’orgue avec Jean Claude Zehnder et Anton Heiller. Il est organiste à l’église protestante de Saint Gall, enseigne à la Schola Cantorum Basiliensis et aux Universités de musique de Bâle et de Zurich et est reconnu par tous comme un grand compositeur. (En 2006, il sera nommé directeur de la Fondation Bach, créera l’ensemble Schola Seconda Pratica et entreprendra l’enregistrement intégral des œuvres vocales de Jean Sébastien Bach. Chaque année depuis 2007, il sort un coffret d’une dizaine de DVD de cantates de Bach. Pour en savoir plus : http://www.bachstiftung.ch/en/shop/category/dvd/
Nombreux extraits sur sa page Facebook). Sans publicité pour ce site, Amazon dénombre 302 items de ses CD ou publications. Mais pour ce qui nous concerne ici, c’est surtout un improvisateur « historique » extraordinaire. Il sait pratiquer cet art dans tous les styles et toutes les formes. Pour son concert à la Collégiale de Neufchâtel le Vendredi 30 Juillet, il avait sollicité des thèmes ou idées d’improvisation. J’avais proposé le choral œcuménique connu en France sous les paroles « Nous chanterons pour Toi, Seigneur ». Il avait bien voulu le retenir. Son improvisation était tellement magistrale que malgré son clin d’œil sympathique, je n’osai pas applaudir. D’autres furent heureusement moins empotés que moi !
Rudolf Lutz est assisté dans ses cours d’Emmanuel Le Divellec qui, si j’en crois Internet, a étudié pendant cinq ans la physique et l’astronomie avant de s’orienter définitivement vers la musique.
Il travaille avec Rudolf Lutz dans le domaine de l’improvisation et sa pédagogie et enseigne l’orgue au Conservatoire de Berne, ville où il est organiste titulaire de l’église Française. Il publie régulièrement dans la « Tribune de l’Orgue » une rubrique appréciée qu’il intitule modestement « Le quart d’heure d’improvisation ». Pendant l’Académie, ce fut un assistant idéal pour Rudolf Lutz en le secondant par sa connaissance de la langue et de la liturgie françaises et en improvisant en duo avec lui, l’un au piano et l’autre à l’orgue. Il fut aussi d’un secours apprécié pour les stagiaires, allant jusqu’à leur tirer les jeux quand il le fallait.
Le premier exercice visait à classer les stagiaires en différents groupes suivant leurs niveaux et leurs préférences (classique/moderne). Je choisis d’improviser sur le refrain « Sur les chemins de la vie » à cause de son rythme un peu syncopé. Le schéma fut simple : thème, thème avec contrechant, thème contrefait librement en majeur avec ligne ascendante au lieu de descendante et retour au thème initial. J’avais utilisé par endroit des harmonies issues du jazz. En jouant, je m’arrêtai subitement, réalisant que j’avais fait une octave. Et Rudolf Lutz et Emmanuel Le Divellec de s’esclaffer : « Mais qu’est-ce que vous croyez ? On n’est pas en France ici ! » Je fus classé tout seul dans mon groupe. Ce qui fut évidemment un avantage pour travailler.
Le deuxième exercice était plus costaud. Il s’agissait d’illustrer musicalement le passage de la Bible relatant la rencontre d’Elie avec Dieu sur le mont Horeb. En résumé, un ange de Yahvé nourrit Elie, lui donne une gourde d’eau et l’enjoint d’aller sur la montagne de Dieu, l’Horeb. Une fois sur la montagne, la parole de Yahvé lui fut adressée « Sors (de la grotte) et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé ». Et voici que Yahvé passa. Il y eut un grand ouragan, si fort qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais Yahvé n’était pas dans l’ouragan. Et après l’ouragan, un tremblement de terre, mais Yahvé n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre un feu, mais Yahvé n’était pas dans le feu. Et après le feu, le bruit d’une brise légère, et Yahvé était là.
Le plan de l’improvisation était clair. Mais je ne sais pas pourquoi, alors que ce n’était ni dans la Bible, ni dans le commentaire de Saint Ephrem, ni dans les recommandations de Rudolf Lutz, j’imaginai qu’à chaque séquence Elie implorait Yahvé de se montrer. Et pour figurer cette imploration, orgue Alain oblige, je pris comme transition entre les séquences le thème des Litanies de Jehan Alain, ce qui surprit tout le monde et dénatura finalement ma prestation. Comme me dit Guy Bovet ensuite, il aurait fallu annoncer la chose au départ.
Pour l’ouragan, je fis sur les fonds et les anches des accords alternés en 3 + 5 sur les notes noires et les notes blanches, la première fois après un grand éclair et boîte ouverte, la deuxième fois boîte fermée, la troisième sans les anches, la quatrième sans les pleins jeux et enfin avec le tonnerre s’éloignant dans le lointain. Pour le tremblement de terre, j’utilisai le grand plein jeu des claviers et les anches 16, 8 et 4 de pédale avec la boîte ouverte. Des clusters manuels montant du plus grave au plus aigu et une descente au pédalier vers les notes les plus graves. Le tout s’achevant sur un unisson fortissimo. Pour le feu, je piquai l’idée de la basse (ré1, la1, mib2) à l’une des variations du Noël de Moulins de Guy Bovet qui eut l’élégance surprenante de considérer cela comme un hommage. Les flammèches étaient figurées sur le cornet par des motifs issus d’une gamme que je trouvais arabisante : ré, mi, fa, sol#, la, sib, do#, ré. Le plus difficile fut de transposer de sol à ré, puis do, et retour à ré et sol. Il y eut sûrement beaucoup de ratés. Les flammèches s’évanouissaient in fine dans les aigus. Pour la brise légère, je choisis la complication. Je mélangeai sur la flûte au soprano des mélismes sur Ubi Caritas (succession de trilles ininterrompue sur sol, sol, la, si, si, la, si, do, si, la, si, la) avec le thème du Veni Creator (un peu déformé rythmiquement pour coïncider avec les membres de phrases de l’Ubi Carita) sur le 4′ de la partie haute de la pédale avec des basses ponctuées sur les 16′ et 8′ de la partie basse de la pédale. Ce à quoi je n’avais pas pensé, c’est que ces thèmes grégoriens n’étaient pas connus des stagiaires. Guy Bovet reconnut l’Ubi Caritas et me fit remarquer à juste titre que les successions de trilles ne sont pas si faciles à faire et que je m’étais pas mal planté.
Bref, le succès ne fut pas immense, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce fut bon pour mon orgueil. Sic transit gloria mundi !
Autre instrument dont Romainmôtier peut s’enorgueillir, c’est celui de l’Abbatiale construit en 1972 par les facteurs Neidhart et Lhôte sur un projet de Frère Jacquenod de la Communauté de Taizé. Voici sa composition.
Batterie de Trompettes : Cornet 5r, Trompette 8′, Clairon 4′, Dulziana (en chamade) 8′, Dessus de Trompette (en chamade) 8′, Basse de Clairon (en chamade) 4′.
C’est sur cet instrument que Guy Bovet, last but no least, voulut bien m’initier en cours particulier à la musique ancienne espagnole. Je consacrerai un chapitre particulier sous l’onglet « Mes musiciens préférés » à ce musicien hors pair que je considère comme l’un des plus grands organistes mondiaux actuels et dont je déplore qu’il soit si peu connu et joué en France. Il me faudrait des pages pour tout dire sur lui. Je me référerai sans doute à beaucoup de sites Internet existants, tout en disant quelles sont, parmi ses œuvres d’orgue que je connais, celles que je préfère et que tout organiste contemporain devrait à mon avis connaître. Je lui demande pardon d’avance pour la subjectivité et les approximations de mon propos.
L’orgue espagnol est organisé en trois grands ensembles :
Le Grand Plein Jeu comprenant les principaux et les pleins jeux.
Les Nazardos avec les flûtes, les mutations et les cornets.
Les Anches incluant au moins une Trompette intérieure et les chamades complètes ou le plus souvent coupées en dessus et basses, ce pyramidage s’expliquant par des raisons acoustiques (équilibre basses/dessus) et pratiques (poids des tuyaux).
En principe, on ne mélange pas les ensembles ci-dessus, même pas les Anches et les Nazardos, à la différence du Grand Jeu français. Dans l’orgue espagnol, on ne peut pas accoupler les claviers. On ne le fera, notamment pour le pleno, que si la musique le justifie. Les principaux espagnols sont doux. S’ils sont trop forts, il faut les remplacer par des jeux moins violents. Les proportions entre les mesures sont simples ou doubles, mais le plus souvent simples (1 mesure = 1 mesure). Dans les Batailles, toutes les couleurs peuvent être utilisées. On n’est pas obligé de jouer tout sur les Anches.
Sebatián Aguilera de Heredia : Obra de 8° tono alto. Ensalada
Tempo : la blanche = environ 60.
Au début, on met les anches.
A la mesure 24 on peut changer pour mettre par exemple 8′ et 2′ qui dialogueront avec les anches à partir de la mesure 47.
Mesure 87, pas d’anche.
A partir de la mesure 93, anche solo au soprano.
Mesure 100, supprimer le triolet fautif.
Mesure 102, autre couleur avec réponse sur les anches aux mesures 136, 138 et 140.
Mesure 145 : anches.
Corriger les contretemps manquant (3+3+2) aux mesures 149, 153, 157, 161, 163, 165 et 167 à 177.
Mesure 172, corriger le soprano défectueux.
Mesure 190, ajouter des jeux.
(ou comment une œuvre apparemment anodine retrouve une nouvelle âme avec les corrections et les registrations adéquates)
Pedro de Araujo : Batalha de 6. tom
Comme les Batailles de l’époque, celle-ci est construite sur le schéma de la célèbre « Bataille de Marignan » de Clément Janequin (1485 – 1558). C’est par approximation que Correa de Arauxo fait référence dans son Tiento tercero de sexto tono à celle de Cristóbal de Morales (1500 – 1553). Ce dernier avait copié Janequin.
Au début, pour l’incantation « Écoutez la victoire de notre bon Roi … » : grand plein jeu.
Mesure 41, appel de trompette avec tambour de pédale sur les fonds.
Continuer le tambour jusqu’à la mesure 45.
Mesures 46 et 47, supprimer le soprano qui n’a aucun sens. Ce doit être une erreur ou un fragment manquant dans le manuscrit.
Mesure 57, c’est la Bataille proprement dite, ajouter un peu.
Mesure 82, on peut ajouter du tambour.
Mesure 92, extinction de la bataille, diminuer un peu.
Mesure 97, c’est la nuit, les combattants se retrouvent : danse légère, éventuellement sur 2 claviers.
Mesure 137, au matin, reprise de la bataille : plus fort. Les vaincus s’enfuient à pied (mesure 161) puis à cheval (mesure 167).
Mesure 176, louange pour la victoire, ajouter la timbale une note par mesure
(exceptionnellement mélanger anches et plein jeu ?). (encore une pièce qui avec les bonnes explications retrouve son véritable caractère)
Pablo Bruna : Tiento sobre la letanía de la Virgen 2° tono por G sol re ut
Cette pièce est un tiento à 2 basses et 2 dessus. La basse doit être plus ou moins puissante suivant qu’elle accompagne seulement la main droite ou dialogue avec elle. L’idéal serait de ne pas changer : main gauche 8′ et 4′ avec main droite 8′ et nazard. Mais dans un concert, pour éviter l’ennui, on peut faire des changements de registration.
La pièce commence par une introduction fuguée. Et reprend toujours ensuite les mêmes motifs comme c’est naturel pour une litanie.
Motif A : mesures 26 et 27, avec sa réponse aux mesures 28 et 29.
Motif B : mesures 30 et 31, avec sa réponse aux mesures 32 et 33.
Motif C : mesures 34 à 37, avec sa réponse aux mesures 38 à 41.
Motif D : mesures 42 à 45, avec sa réponse aux mesures 46 à 49.
Dans ces premiers énoncés, on peut considérer les réponses comme la participation de l’assistance répondant au prêtre.
Après la mesure 57, le motif D n’est pas conforme aux développements A, B et C qui le précèdent directement. Le modifier en conséquence.
Après la mesure 62, il manque une mesure pour finir le motif A. Pour l’équilibre de l’oeuvre, il est nécessaire de la restituer.
Après la mesure 68, il manque les 4 mesures du motif D. Le compléter ?
Les mesures 69 à 80 reprennent les motifs complets.
Les mesures 81 à 105 les reprennent également avec des répétitions A’, B’, C’, et D’.
Les mesures 105 à 109 sont inexplicables. Il peut s’agir d’un développement commencé et non mené à son terme. Les supprimer ?
Des mesures 110 à 149, cinq versions de plus en plus rapides de A, B et C se succèdent.
A la mesure 150, on peut changer de registration, ajouter le prestant par exemple.
De la mesure 167 à 181, une fantaisie libre se développe que l’on peut ralentir légèrement à la fin avant le retour de la litanie.
A la mesure 182, les quatre motifs réapparaissent.
Ils sont repris aussi à partir de la mesure 194, mais sont alors suivis à la mesure 206 d’un motif D’ en écho.
La coda intervient à la mesure 210.
(Cette belle pièce analysée aussi finement prend tout de suite une autre dimension – bravo et merci, l’artiste !)
Juan Cabanilles : Tocata de mano izquierda de 5° tono
C’est une forme de gaitilla. Quand la main gauche est rapide, on la joue sur un 4′ (anche 4′, ou4′ + tierce + éventuellement cymbale).
Juan Cabanilles : Tocata de 6° tono
On peut jouer tout dans les mêmes timbres ou sur des jeux différents, par exemple : 1° Discurso : anches ou plein jeu, 2° Discurso : nazardos, 3° Discurso : plein jeu ou anches.
Juan Cabanilles : Tiento de Batalla de 5° tono
Jouer sur les anches le tiento fugué en C. A partir du 3/2, c’est la louange. Ajouter des jeux. (Ne pas oublier qu’en principe 1 mesure = 1 mesure).
Francisco Correa de Arauxo : Segundo tiento de 4° tono (a modo de canción)
Au début, style de canzone italienne (montre et prestant).
A partir du 3/2, mesure 60, mettre une petite anche (attention, 1 mesure à 4 temps = 1 mesure à 3/2). Battre le 1er temps, rester sur le 2nd et lever le 3ème.
L’épisode syncopé (en C) à partir de la mesure 90 est complètement erroné dans l’édition Kastner. Il faut restaurer le rythme 3 + 3 + 2 : (noire, croche, noire, croche, noire) et non (noire, croche, noire pointée, croche, noire, ce qui fait 9 croches pour une mesure à 4 temps).
Mesure 98, retour au 3/2, petite anche, un peu plus vite.
Mesure 124, (toujours en principe 1 mesure = 1 mesure), pleno avec ayrezillo (fort accent sur la 1ère note d’un groupe de 3).
Dans le C final (mesure 147), exceptionnellement 1 noire = 1 noire avec un léger ralenti éventuel au début.
Franscisco Correa de Arauxo : Tiento tercero de sexto tono
C’est une bataille plus primitive que celle de Cabanilles. A l’époque, ce qu’on appelait trompette était en fait une régale.
Au début : plein jeu seul.
A la fin de la mesure 41, trompette seule.
A la fin de la mesure 66 : plein jeu seul.
A la fin de la mesure 112 : trompette seule.
A la fin de la mesure 160 : plein jeu.
Mesure 197 : plein jeu + trompette.
Un immense merci à Guy Bovet pour cette initiation si dense et si précieuse pour un modeste organiste amateur.
Jean Claude Duval 18 Avril 2013 et 2 Septembre 2020
Ces deux stages de courte durée ont en commun d’avoir été organisés par Mademoiselle Yvonne Gide qui avait fait de la musique dans sa jeunesse, mais avait ensuite été accaparée par ses études à la Sorbonne et son travail de professeur d’anglais au lycée d’Argentan.
L’orgue de l’église Saint Germain ayant été reconstruit en 1975, elle en devint responsable et milita par ailleurs pour la rénovation de l’orgue historique de Notre Dame de Guibray à Falaise en créant en 1985 une Association des Amis de l’Orgue de cette église, en la présidant et en organisant des concerts. Elle a enregistré plusieurs disques à Falaise, à Argentan et à la bibliothèque de Vire. En 2002, la médaille de Chevalier des Arts et des Lettres lui fut remise par son ami Gustav Leonhardt. En nous quittant le 16 Septembre 2011 à 87 ans, elle laisse un grand vide dans le monde de l’orgue.
Autre point commun entre ces deux stages, ils furent animés par Willem Poot.
Celui-ci a étudié l’orgue au Conservatoire Sweelinck d’Amsterdam avec Albert de Klerk. Il a également étudié la théorie musicale et enseigne au Conservatoire d’Utrecht. Il considère que comme un homme, chaque orgue a sa propre personnalité. Il est fasciné par ses timbres, cherche les points forts de l’instrument et choisit le répertoire qui lui convient.
Il donne des concerts d’orgue aux Pays Bas et à l’étranger, il a enregistré plusieurs émissions de radio et de télévision, ainsi que plusieurs disques. En Hollande du Nord, il organise maintenant des tournées d’orgue. A chaque voyage, il emmène les amateurs visiter les meilleurs instruments des Pays Bas. Pour chaque instrument, il parle de son histoire et de ses caractéristiques particulières et, naturellement, le fait entendre. Il contribue ainsi à la connaissance par un large public et à la conservation par les instances compétentes des grandes orgues de son pays.
L’orgue de Notre Dame de Guibray à Falaise a été construit à l’origine en 1746 par les facteurs Claude et Henri Parisot. Ayant conservé suffisamment d’éléments historiques : buffet, mécanismes et la plupart de ses jeux, il pouvait bénéficier d’une restauration se rapprochant le plus possible de son état d’origine. L’action d’Yvonne Gide, organiste, et l’intervention de Jean-Pierre Decavele, technicien-conseil, rendirent possible l’élaboration du projet. Grâce au financement de l’État, du Département du Calvados et de la Ville de Falaise, cette restauration fut menée à bien en 1993 par les facteurs Boisseau et Cattiaux. L’instrument convient évidemment magnifiquement à l’interprétation de la musique d’orgue baroque française, mais la qualité de ses jeux permet d’aborder les répertoires d’autres contrées.
STAGE de 1988 à FALAISE
Ce stage avait pour thème « Rhétorique et interprétation de la musique d’Europe du Nord de Sweelinck à J. S. Bach ». Pour Willem Poot, il y a une grande relation entre la musique et la langue.
Chaque pays a sa propre langue et sa propre accentuation.
En Europe, les pays où la musique est importante ont des langues différentes :
En France, l’accent se traduit par l’élongation de la syllabe et le rythme inégal,
En Allemagne, l’accent est plus dynamique,
En Italie, l’accent se marque par des traits montants ou volubiles.
Les bonnes notes se font toutes les 2, 3 ou 4 notes.
Dans la parole, l’articulation est également très importante. Toutes les possibilités existent du legato au staccato. Il est important de choisir quelle note sera jouée comment. Sur les orgues mécaniques, on peut varier le toucher suivant l’enfoncement de la touche. Suivant les pièces, on peut attaquer très fort ou très doux. En réalité les choses sont plus complexes; on peut varier ou alterner les touchers, avec ou sans attaque. De la même façon, on peut terminer la note rapidement ou doucement.
Il y a aussi la question des notes répétées. On peut s’exercer : une note forte, une douce; ou une note forte, deux douces; ou avec des accords. Dans le legato, le vent ne s’arrête jamais. Dans le portato, on entend les attaques.
Le mélange des jeux revêt évidemment la plus grande importance.
Suivant les jeux qu’on utilise, on change le caractère de la pièce. Quelques éléments à ce sujet :
En Allemagne, l’orgue accompagne toujours la foule qui chante.
En Hollande, les chants ne sont accompagnés qu’à partir de la moitié du 17ème siècle. L’orgue joue avant et après le service ou pour les concerts.
Praetorius mélange la régale et la cymbale pour imiter le clavecin.
On fait souvent alterner le grand et le petit plein jeu. Dans les fantaisies en écho, on fait l’écho sur l’oberwerk.
La fantaisie chromatique de Sweelinck se joue d’un bout à l’autre sur la montre.
Quand la structure de la pièce le permet, on procède à des changements de clavier.
Il faut toujours analyser la musique et penser aux proportions.
Les solos se touchent sur les jeux ou mélanges suivants : trompette / 4′ du positif / bd 8′ et doublette / bd 8′ et flûte 4′ / sesquialtera / régale (avec tremblant) / régale et 4′ (+quintaton pour imiter la voix humaine) / 8′, 4′ et larigot.
Au pédalier, en Hollande on renforce la basse ou on met la trompette; en Allemagne du Nord, on met les anches de 16′ et les fonds.
Orgue de Notre Dame de Guibray – Falaise
Willem Poot confirme l’importance de la Rhétorique, aussi bien à l’époque baroque qu’après, par exemple jusqu’à Mozart. Aux 15ème et 16ème siècles, la méthode de composition reposait sur le contrepoint, dans un style difficile et sophistiqué. A la fin du 16ème, le nouveau style arrive, plus dramatique, plus expressif. Les moyens d’expression sont nouveaux. Dans le contrepoint, les diminutions construisaient des figures. A l’époque baroque, on travaille avec des figures (Monteverdi, et Bach avec ses figures incroyables …).
Il y a des figures dans les mélodies. Celles-ci montent ou descendent. Les tessitures extrêmes correspondent aux expressions extrêmes. Le chromatisme symbolise la mort. La sixte montante exprime une grande difficulté. Les soupirs entre groupes de deux notes liées expriment la douleur.
Il y a des figures dans les harmonies. Les dissonances illustrent musicalement les moments difficiles. Les harmonies inattendues attirent l’attention ou symbolisent une grande tension.
Il y a des figures dans les rythmes. Ceux-ci varient du vite au lent, du long au court, du grand au petit.
L’affect général d’une pièce traduit de la tristesse (rythme lent, mode mineur) à la joie (rythme rapide, mode majeur). D’une façon générale, comme le disait Carl Philipp Emmanuel Bach, pour émouvoir les autres, il faut être ému soi-même.
Pour aider les amateurs qui voudraient s’intéresser de plus près à la rhétorique et à l’expressivité musicales, voici quelques sites intéressants :
Ce stage avait pour thème Jean Sébastien Bach et ses précurseurs (Sweelinck, Scheidt, Tunder, Buxtehude … Il fut malheureusement écourté du fait, si je me souviens bien, d’une occupation imprévue de l’église.
Pour comprendre Jean Sébastien Bach, il faut étudier tous ses précurseurs. Né en Allemagne du Nord, il a connu les œuvres de Buxtehude qui avait des liens avec tous les pays du Nord, eux-mêmes très influencés par Sweelinck. Les Flandres avaient des contacts avec l’Italie. Les conciles de Trente 1545/1563 y avaient réformé le chant grégorien. Mais Palestrina composait des messes polyphoniques sans chromatismes, ni multilangues, ni instruments. Dans le même temps les Gabrieli continuaient leurs morceaux à deux orgues. Monteverdi apportera son nouveau style. Puis le concerto se développera. Les nombreux musiciens italiens visiteront l’Europe à l’exception de la France. Jean Sébastien Bach sera également très influencé par la musique italienne.
Résumé simplifié de la Rhétorique : position, opposition, lutte et confirmation. Il est important d’étudier aussi la musique vocale, l’opéra, les autres événements culturels. La Rhétorique n’est pas non plus que discours. Il y a aussi les agréments dérivés de la musique vocale. C’est une façon de distinguer ce qui est normal et ce qui est spécial.
Interrogé sur les constantes expressives mises en exergue par Pirro, Schweitzer et Marie-Claire Alain, Willem Poot ne fait pas, dans sa logique, de lien avec les figures de la Rhétorique.
Il consacre une partie du temps à l’étude rapide de diverses pièces préparées par les stagiaires.
Est-ce Mars de Sweelinck : bien séparer les notes, faire des nuances dans les séparations, jouer les notes plus fort ou plus doucement. Jouer les notes brèves de 2 en 2, ou lier la 1ère à la 2ème. (Pour Bach, ce sera de 4 en 4).
Magnificat du 1er ton de Buxtehude : C’est le stylus phantasticus, ne pas ajouter d’ornements. Certaines sections ne respectent pas la mesure. Dans les répétitions, presser pour renforcer l’harmonie. Section B : montre, flûte et larigot. Section E : très doux.
Magnificat de Weckmann : pas de tremblant dans les notes rapides, mettre en valeur les dissonances. Faire sentir le caractère tout à fait exceptionnel du dernier accord.
Jean Claude Duval – 12 Avril 2013 et 2 Septembre 2020
L’Académie d’orgue des Andelys proposait du 26 Août au 4 Septembre 1988 des cours d’orgue et clavecin avec Wolfgang ZERER pour l’œuvre de Bach, principalement de clavecin, Andrea MARCON en musique italienne, Georges LARTIGAU pour la musique française romantique et symphonique et Jean REGNERY sur la musique baroque française. Pour ma part, je m’inscrivis aux cours d’Andrea MARCON.
Andrea Marcon a obtenu un diplôme d’orgue au Conservatoire de Castelfranco Veneto en 1983. De 1983 à 1987, il a étudié à Basilea à la Schola Cantorum où il a obtenu le diplôme d’orgue, de clavecin et de musique ancienne sous la direction de Jean Claude Zehnder. En 1985, il a obtenu un prix au concours de Bruges et en 1987 le 1er Prix du concours Hofhaimer d’Innsbruck. Il est organiste à San Bonifacio de Trévise et joue régulièrement dans toute l’Europe.
Domenico Scarlatti doit sa célébrité à ses 555 Sonates pour clavier. La plupart sont écrites pour clavecin, mais certaines conviennent à l’orgue. C’est sans conteste le cas des sonates K 287, K 288 et K 328. Les deux premières sont sous-titrées « Per Organo de Camera con due Tastatura Flautado e Trombone » et les changements de claviers y sont indiqués. Quant à la troisième, elle est spécifiée « Orga.o e Fl.o » (Organo e Flauto) avec changements de claviers. L’Organo s’entend du Ripieno (ou 8′, 4′ et 2′) et la Flauto de la Flauto de 4′. Le cas des sonates K 254 et K 255 est moins évident. Pour Tagliavini, les mentions « Oytabado » et « Tortorilla » n’évoquent pas des jeux d’orgue, mais une danse portugaise et une tourterelle ! Par contre les fugues K 41, K 58 et K 93 sont en Italie traditionnellement interprétées à l’orgue.
Alessandro Scarlatti, le père de Domenico, a composé une cinquantaine de pièces pour clavier dont la plupart sont considérées comme destinées au clavecin. C’est manifestement le cas de sa « Toccata primo toni », pièce composite enchaînant un Allegro, un Adagio, un Presto, une Fugue, un Adagio cantabile ed appogiato et une Partita sull’aria della Folia. Un éditeur a publié une adaptation pour orgue s’inspirant sans doute de ce qu’écrivait Scarlatti : « Les accords arpégés du clavecin doivent être tenus à l’orgue alors que les accords tenus à l’orgue doivent être arpégés au clavecin ». Mais Andrea Marcon nous en donna au clavecin une interprétation magistrale absolument convaincante.
Girolamo Frescobaldi, titulaire à vie de la Basilique Saint Pierre de Rome de 1608 à 1643, fut le principal Maître du clavecin et de l’orgue en Italie et son influence s’étendit au moins jusqu’à Froberger et Jean Sébastien Bach. Ses œuvres pour clavier comprennent plusieurs Livres :
Fantasie,
Ricercare et canzoni francese,
Toccate e partite d’intavolatura di cembalo,
Capricci,
Toccate, canzone, versi d’hinni, Magnificat, gagliarde, correnti et altre partite d’intavolatura di cembalo et balo et organo (dont les quatre Toccate pour orgue sont au menu de l’Académie),
Fiori musicali (qui seront également évoquées lors de l’Académie).
Il faut aborder d’emblée la question de l’esthétique de Frescobaldi. Je vous ai fait ici une traduction résumée de l’avis « Al Lettore » du 1er Livre de Toccate de Frescobaldi.
Au lecteur :
Je sais combien grande est la faveur générale de jouer avec des ornements et des passages variés. A ce propos, j’ajoute à mon Livre l’avis suivant sans mépriser les mérites des autres.
Dans le Madrigal moderne, on ne souligne pas la mesure. On la prend tantôt lentement, tantôt rapidement, ou même en s’arrêtant suivant l’expression ou le sens des mots.
Dans les Toccatas, j’ai pris soin qu’elles soient riches en ornements et passages variés et que les sections individuelles puissent être jouées séparément l’une de l’autre, de façon à permettre une conclusion ad libitum.
Les commencements des Toccatas se jouent lentement et arpeggiando. Mais dans les suspensions et dissonances et au milieu de la pièce, les notes de l’accord sont frappées simultanément. Si on a le sentiment d’un vide, on peut les frapper de façon quelconque.
Dans les trilles et dans les passages en degrés conjoints ou disjoints, la dernière note est appuyée même si c’est une croche, une double croche ou une note différente de la suivante. On évite ainsi la confusion entre un passage et un autre.
Le tempo est retardé dans les cadences, même écrites en notes de petite valeur. Quand la conclusion approche, la cadence ou le passage est joué plus lentement.
Quand une consonance survient aux deux mains ensemble, le passage est à conclure et à séparer d’un autre passage. Si une main joue un trille et l’autre un passage en même temps, on ne joue pas note contre note. On joue le trille rapidement et le passage plus lentement et avec expression. Sinon, une confusion surgirait.
Quand des passages en croches et doubles croches sont joués simultanément aux deux mains, ils ne sont pas joués trop vite. La main qui a les doubles croches les jouent plutôt pointées, le point affectant non la première, mais la seconde, et ainsi de suite jusqu’à la fin.
Avant deux passages en doubles croches jouées ensemble aux deux mains, la note précédente est tenue, même si c’est une noire. Le passage est alors attaqué résolument.
Dans les Partitas et les Toccatas où se trouvent des passages et des figures expressives, on prend un tempo large. Mais les Partitas ne contenant pas de passages sont jouées assez vite. Le choix du bon tempo convenant le mieux à l’esprit du mouvement et au style du jeu est laissé au bon goût et au jugement de l’interprète.
(Les mouvements de Passacaille et des Chaconnes peuvent être joués séparément ad libitum. Le tempo de chacun d’eux est conforme à celui des autres mouvements).
Le style de Frescobaldi correspond à ce qu’on appelait la « seconda pratica » par opposition à la « prima pratica« . Avant 1600, c’était la « prima pratica ». On recherchait avant tout la perfection du contrepoint et de l’harmonie, sous l’influence notable des francoflamands. En Italie, c’étaient Gabrieli, Cavazzoni, Merulo … À la fin du 16ème siècle, les napolitains utilisent plus de dissonnances avec Trabacci, Mayone …
Mais après 1600, Monteverdi et Frescobaldi introduisent une nouvelle manière musicale dans laquelle l’expression du texte prime, menant à une écriture plus monodique et autorisant de nombreuses licences harmoniques et rythmiques. C’est la « seconda pratica ». On ne bat plus la mesure de façon rigoureuse. On attend le chant. On ne recherche pas la virtuosité, mais l’émotion. On fait toujours des petits changements dans la pulsation rythmique avec des accélérations et décélérations harmonieuses.
La musique est faite de vagabondages et de raffinements impossibles à écrire et si on les écrit, on ne peut pas les apprendre. Pour Froberger, élève de Frescobaldi, la différence entre l’écriture et l’interprétation est tellement grande qu’une interprétation correcte est impossible si le maître n’est pas là pour l’expliquer. Bref, Frescobaldi ne pouvait mieux dire que dans l’avis « Al Lettore » cité plus haut.
Dans le 2ème Livre de Toccatas … de Frescobaldi, la « Toccata terza » est une toccata pour l’élévation. Les modes qui conviennent le mieux pour ce type de pièce sont les 2ème et 4ème modes. Ici, c’est le 2ème mode. Jouer suivant les préceptes de la « seconda pratica ». Les chromatismes évoquent la passion. Il y a plusieurs épisodes qu’il est important de repérer pour clore le jeu avant la fin ou pour respirer avant l’épisode suivant. Le 1er s’arrête après le 1er temps de la mesure 13, le 2ème après le dernier temps de la mesure 19, le 3ème après le 2ème temps de la mesure 33 et peut-être un 4ème après le 2ème temps de la mesure 56. Dans les rythmes lombards, lier la brève et la longue et séparer les groupes. Faire attendre les dissonances sur le temps. Une Toccata pour l’élévation, c’est un peu comme un prélude non mesuré écrit.
La » Toccata quarta » du même Livre est également pour l’élévation, mais du 4ème mode. On y voit des exemples de suspensions avant dissonances, entre les mesures 9 et 10 ou 34 et 35, entre le 2ème et le 3ème temps de la mesure 20 et après le 1er temps de la mesure 60. A la fin de la mesure 24, on peut faire une césure. A la mesure 48, on entre dans un long épisode de rythmes lombards suivi de motifs en notes inégales classiques où c’est la longue sur le temps qui est accentuée. Dans les cadences, on s’arrête sur la dernière note du trille.
Avec la « Toccata quinta« , nous quittons le monde des Toccatas pour l’élévation pour entrer dans celui des Toccatas pour ripieno. Frescobaldi utilise les rares notes graves de pédale dont il dispose : ut, ré, fa, sol et la, si l’on en croit cette Toccata. On peut faire des césures à chaque entrée de pédale et des suspensions par exemple avant les mesures 9, 51 et 61.
La « Toccata sesta » obéit à des règles comparables. Quand les croches sont imprimées individuellement, on les joue non liées et moins vite. Avant les passages où il y a des doubles croches aux deux mains, on s’arrête avant et on commence pas très vite avant d’accélérer pour montrer la virtuosité des mains.
Les « Fiori musicali » contiennent trois messes, une « Bergamasca » et un « Capriccio sopra la Girolmeta ».
La « Messa delli Apostoli » est la deuxième du recueil.
La Toccata avanti la Messa se joue dans le même esprit qu’une élévation, mais de façon plus solennelle. On commence Adagio, puis on accélère un peu et on revient Adagio.
La Canzon dopo l »Epistola comprend trois sections. Dans la première, trois mesures Adagio introduisent librement la pièce avant le thème de la canzone Allegro. On joue au début sur le ripieno. Pour le passage en ternaire, on utilise un 4′. Antegnati dit qu’il est bon de changer souvent de registrations dans les canzones. Ce n’est pas toujours facile. Le retour du thème à quatre temps C à la fin dela troisième section appelle pourtant l’emploi du ripieno.
La Toccata per l’Elevatione se joue sur le principal seul ou la voix humaine. L’articulation doit être très liée.
L’ orgue italien des 16 orgue italien des 16ème, 17ème et 18ème siècles a peu évolué. L’école italienne est certainement la plus traditionnelle. Le 17ème siècle est une période très riche. L’Italie est le pays le plus important.
Il comprend très souvent un seul clavier (avec octave courte et jeux coupés), parfois deux, rarement trois. Sa disposition typique est la suivante :
Principale 8′ (parfois en double), Ottava 4′, Quintadecima 2′, Decima nona 2’2/3, Vigesima seconda 1′, Vigesima sesta 2/3′, Vigesima nona 1/2′, Trigesima terza 1/3′,
Flauto in ottava 4′, Flauto in duodecima 2’2/3, Flauto in quintadecima 2′,
Voce humana 8′ (ondulant avec le Principale), Tromboni 8′ (plutôt 18ème siècle), Violoncelli 8′ (anches enfermées dans des boites en bois),
Contrabassi 16′ (jeu unique de pédale),
Tirasse sur la première octave.
Le Tiratutti est souvent de mise, il permet de tirer d’un seul coup tous les jeux du ripieno.
La registration suit des règles connues de tous et qui ne sont pas notées sur les partitions. Pour les Intonations et avant la Messe, on utilise le ripieno, éventuellement plus ou moins allégé de ses jeux les plus aigus. Le principal seul s’emploie pour les motets peu fournis. Antegnati y ajoute le tremblant. Le principal et la voix humaine se touchent très lents et liés. Dans les diminutions et les vitesses, on met le principal et la flûte 2′ 2/3, ou l’octave 4′, ou la flûte 4′. Pour la Pastorale de Pasquini, mettre le violoncelle, la montre et la flûte 4′. En Italie, à la différence de l’Allemagne, les mélanges sont possibles. Par exemple dans l’offertoire de Zipoli, mettre 8′, 4′, 1′ ou 8′, 2’2/3. Pour sa Postcommunion (« coi flauti »), la flûte 4′ seule, ou la montre et la flûte 2’2/3 ou la montre et les flûtes 4′ et 2’2/3.
D’autres documentations nous sont remises par Andrea Marcon :
« L’Arte organica » de Costanzo Antegnati en italien. On trouve dans le commerce la traduction de cet ouvrage en français.
Le « Discorso sopra il Concertar li Registri dell’Organo » en italien publié par Diruta dans la 2ème partie de son « Transilvano ». Une traduction française de l’ouvrage a été publiée par « Orgues méridionales » en 1989.
Plusieurs exemples de doigtés anciens : Diruta, Banchieri, Ammerbach, Susanna van Soldt, Anonymes, De Santa Maria, Buchner … Il n’est évidemment pas possible de le reproduire tous ici.
Jean Claude Duval – 9 Avril 2013 et 20 Septembre 2020
Cathédrale Saint Vincent de Saint Malo 1967 – 1970
Il ne s’agissait évidemment pas à l’époque du Grand Orgue Koenig de 35 jeux installé au dessus du porche d’entrée et inauguré le 10 Août 1980 en remplacement de l’orgue Debierre détruit en 1944. La grande restauration de la Cathédrale dura, si j’en crois Wikipedia, de 1944 à 1972. La partie basse de la nef et le chœur étaient alors condamnés. Il ne faut pas croire pour autant que l’édifice resta pendant tout ce temps privé d’orgue. Il existait en effet un orgue de chœur construit par Cavaillé-Coll en 1846, restauré en 1890 par Claus qui y apposa sa marque et qui fut installé (en 1947 ?) sur une tribune dans le transept nord. Compte tenu du volume réduit du bâtiment, il sonnait de façon satisfaisante.
Revenu du Tchad à la fin de mon service militaire, je fus affecté, comme je l’ai raconté par ailleurs, à l’État Major de la 9ème Brigade de Saint Malo à compter du 27 Octobre 1965. J’y fis la connaissance de ma première épouse qui tenait parfois l’orgue le Dimanche (et me mariai avec elle le 4 Juillet 1966). Je pense que la véritable titulaire était plutôt Mme Maryvonne Hilaire. Dans le « Dictionnaire des Organistes Français des 19ème et 20ème siècles », Pierre Guillot s’en tira de la façon suivante.
Toujours est-il que je sévis sur cet instrument de 1967 à 1970. Il émigra ensuite à Tinténiac lorsque le Grand Orgue Koenig fût construit. Je jouais régulièrement les offices le Dimanche et participai pendant trois ans à quatre concerts estivaux par saison au profit de la construction du Grand Orgue.
La photo ci-après représente l’orgue tel qu’il est aujourd’hui à Tinténiac. Ne me souvenant plus de sa composition à St Malo, Mr Moal a bien voulu me donner sa composition actuelle
GO : Montre 8′, Bourdon 8′, Prestant 4′, Doublette 2′, Nazard 2′ 2/3 et Tierce 1′ 3/5,
Récit : Principal 8′, Cor de nuit 8′, Principal 4′, Flageolet 2′, Plein jeu 4 r, Trompette 8′,
Pédalier : Soubasse 16′, Bombarde 16′.
Tirasses : Go et Récit
Accouplement : Récit / GO
Boîte expressive : Récit. Tremblant.
Il s’agit d’un orgue de style néo-classique apte à interpréter toutes sortes de musique.
Église Saint Martin de Longny au Perche 1972 ? – 1977
La famille de Guy Robineau, ancien condisciple de séminaire, habitait près de Longny au Perche, distant de Senonches d’environ 25 kms. Il avait pris en charge l’orgue de Longny au Perche et venait le jouer, principalement pour les fêtes si je me souviens bien. Il était remplacé par Annie Dennery, éminente musicologue spécialiste du grégorien, qui avait une résidence secondaire sur la commune.
Mais le besoin se fit sentir de renforts supplémentaires. Guy Robineau fit appel à moi et j’acquiesçai d’autant plus volontiers que le Père Leroyer, curé, était vraiment un homme bon, intelligent et généreux. Né en 1913, ordonné prêtre en 1946 et arrivé à Longny en 1961, il prit sa retraite d’abord à St Mard de Réno, puis à l’hôpital de Mortagne avant de mourir à 99 ans le Lundi 2 Avril 2012. Avec lui, l’organiste était considéré comme un homme important. Lorsqu’on arrivait, toutes les partitions étaient prêtes, lorsqu’on partait ce n’était jamais sans un petit chèque « pour ton essence » comme il disait (à l’époque c’était 60 francs, je crois). On était parfois invité à sa table. Je ne sais plus en quelle occasion, la table était présidée par Mgr Pioger. J’appris ce jour là ce qu’était l’humour ecclésiastique.
Orgue sur la tribune au fond de la nef (avec la console sur la partie droite de l’instrument)
Croquis extrait de l’Inventaire provisoire de 1984
D’après ce site l’origine de l’orgue remonterait à 1669.
Installé sur la tribune actuelle en 1842, il aurait fait l’objet d’interventions des frères Damien et de Mutin, jusqu’à ce que l’abbé Tronchet (1861 – 1945), Directeur de l’œuvre des Ateliers Chrétiens, récupère en 1928 les éléments existants et les replace dans le buffet ancien. D’autres modifications furent faites ensuite notamment par Philippe Hartmann.
A l’époque où je l’ai joué, l’instrument présentait, si ma mémoire est bonne, la composition suivante :
Manuel : Montre 8′, Prestant 4′, Doublette 2′, Plein jeu, Bourdon 8′, Flûte 4′, Clairon 4′, avec en jeux entiers ou coupés au do/do# : Quinte (dessus ± sesquialtera), Larigot (dessus), Trompette 8′ (basse)
Pédalier : Soubasse 16′, Tirasse
Église Saint Martin de Ballancourt sur Essonne 1977 – 1980
Ma profession de fonctionnaire m’emmena ensuite à Ballancourt sur Essonne.
Eglise Saint Martin
Niche au dessus du portail d’entrée où était logé l’orgue
Vous ne voyez pas grand-chose. Je pense qu’il y avait deux claviers et un pédalier.
Les souvenirs que j’ai gardés se résument :
Aux offices à deux orgues, le fils de mon prédécesseur comme Secrétaire Général de Mairie, accompagnant les chants de la chorale sur un instrument électronique,
La bénédiction le 14 Octobre 1979 de la cloche qui avait été refondue à l’initiative du curé, le Père Chollet. J’avais mis les petits plats dans les grands :
Grand Prélude en mi b de Jean Sébastien Bach comme entrée
Toccata de la Suite Gothique de Léon Boëllmann comme sortie.
Eglise Saint Éloi de La Chabossière à Couëron 1980 – 1983
Là, c’était plus simple. Il n’y avait pas d’orgue, mais un simple instrument électronique affreux que je jouais pour rendre service aux prêtres de la paroisse. La seule chose dont je me souviens, c’est que le plus jeune des deux prêtres, fils de parents divorcés, m’incitait fortement à communier alors même que j’étais en procédure de divorce.
L’instrument était juste à la limite de la nef et du chœur, à gauche sur la photo de droite.
L’instrument était juste à la limite de la nef et du chœur, à gauche sur la photo de droite. Pendant que je jouais la communion, il venait m’apporter l’hostie. Comment refuser ?
« Si quelqu’un te dit quelque chose, tu me les enverras », disait-il.
Divers Instruments de LAVAL 1983 – 2002
Il me fallut quelques semaines d’emménagement et de prises de marques au travail et dans mes loisirs. J’avais en effet avec moi ma chienne Roxane dont mon ex-femme n’avait pas voulu s’encombrer. Ironie de l’histoire, la brave propriétaire qui s’était jurée, m’a-t-elle dit, de ne jamais louer l’appartement du 1 rue du Britais à quelqu’un qui avait un chien, à cause de la malpropreté que cela pouvait engendrer, eut sans doute pitié de moi et me consentit un bail sans rechigner. Je lui en sus infiniment gré. C’était pratique pour moi de loger à proximité immédiate de la mairie. Il fallait par contre dégager du temps pour sortir l’animal. Finalement, c’était plutôt elle qui me sortait. Je n’ai jamais été aussi svelte qu’alors. Au bout de quelques semaines, je ressentis à nouveau le besoin de faire de l’orgue autrement que sur le Johannus 2 claviers que j’avais à la maison.
Cathédrale de la Trinité Laval – Grand Orgue Cavaillé
Contact pris avec le Père Michel Trique, organiste titulaire de l’orgue de la Cathédrale, celui-ci me proposa de le remplacer quand il devait s’absenter. J’acceptai évidemment avec joie. Le clergé était fort sympathique.
Je commençai fort le week-end du 28 et 29 Avril 1984 :
Samedi après-midi : mariage à 16 h au Grand Orgue,
Dimanche matin : messe à 8 h 30 au Petit Orgue et à 10 h 30 au Grand Orgue,
Dimanche soir : messe à 18 h au Grand Orgue.
Je reviendrai plus tard sur le Petit Orgue.
Vous avez remarqué le nombre de messes le Dimanche ? A l’époque, il y avait des prêtres pour célébrer.
Le Grand Orgue Cavaillé-Coll de la Cathédrale de Laval est bien connu des amateurs d’orgue.
Je vous résume néanmoins son histoire.
Suivant le site www.culture.gouv.fr , en 1852 l’abbé Davost lance une souscription pour l’achat d’un nouvel orgue. Le marché est confié à Cavaillé-Coll qui doit construire un orgue de chœur, un orgue de tribune et reprendre l’ancien grand orgue. Celui-ci sera vendu à la paroisse St Pierre d’Oléron où il demeurerait encore aujourd’hui. Le buffet du nouvel orgue sera la première réalisation connue d’un modèle diffusé de nombreuses fois par la suite par Cavaillé-Coll. La partie instrumentale sera retouchée en 1870 et 1893 par Cavaillé-Coll et au début du 20ème siècle par le chanoine Fauchard et le facteur nantais Gloton. Devenu injouable en 1976 après la sécheresse, l’instrument fut restauré par le facteur nantais Renaud et le parti fut heureusement pris de revenir au plus près de l’orgue Cavaillé-Coll. La restauration fut achevée en 1980 à la satisfaction de tous.
Voici sa composition telle qu’elle est éditée dans l’ouvrage intitulé « Le grand orgue de la Cathédrale de Laval », par le Musée du Vieux Château de Laval sous la direction de mon ami, Conservateur de l’époque, Charles Schaettel.
Outre ces jeux, on peut noter :
Les tirasses GO et Récit,
Les appels d’anches Pédale, GO et Récit,
L’accouplement Récit / GO,
Le trémolo, l’octave grave et la boîte expressive du Récit.
Pendant des années, le Père Michel Trique donna sur ce Grand Orgue deux concerts par an, l’un aux Rameaux et l’autre à la Toussaint. (Voir un résumé de sa biographie sous l’onglet « Musiciens préférés »). Dans ces concerts, on découvrait évidemment le répertoire romantique et symphonique convenant particulièrement à l’instrument, mais aussi Jean Sébastien Bach et Buxtehude et ses propres compositions dont on trouvera, en quasi-totalité, la libre disposition sous l’onglet « Partitions gratuites ». Malheureusement, avec le désintérêt de la paroisse et des paroissiens, le Père Michel Trique mit fin à ces concerts et à ses compositions voici quelques années.
Cathédrale de la Trinité de Laval – Petit Orgue Positif Sévère
Il s’agit ici d’une autre esthétique. Yves Sévère est l’inventeur d’un procédé d’alimentation en air différent. Habituellement, l’air sous pression est accumulé dans un grand soufflet vertical dont la pression est réglée par des poids disposés sur sa table supérieure. Lorsque l’orgue joue, le soufflet se vide, mais il faut un délai, même infime, pour qu’il se remplisse. Avec le procédé d’Yves Sévère, l’air arrive directement dans le sommier qui comporte un régulateur anti-secousses. Il n’y a pas d’inertie. La régulation de l’air est plus rapide et plus précise.
Si mes souvenirs sont bons, la composition du positif de la Cathédrale de Laval devait être la suivante :
GO : Bourdon 8′, Prestant 4′, Tierce 1′ 3/5, Cymbale III r,
Positif : Flûte 8′, Flûte 4′, Doublette 2′, Larigot 1′ 1/3, + l’emplacement pour un Cromorne 8′,
Pédale : Soubasse 16′.
Tirasses GO et Positif,
Accouplement Positif et GO.
Basilique Notre Dame d’Avesnières de Laval
L’histoire de l’orgue de la Basilique d’Avesnières est originale et mérite d’être narrée.
On doit le croquis ci-dessous à Jules Planté, dans son ouvrage « La facture d’orgues au 16ème siècle » (Laval – 1889).
Jules Planté était notaire et organiste amateur à Ballots. Il a composé des Noëls et une Fantaisie sur l’Hymne Russe dédiée à Alexandre Guilmant. Il fut l’un des premiers membres de la Commission Historique et Archéologique de la Mayenne. Le croquis représente l’orgue construit par Dubois en 1590. Cet instrument se trouvait placé contre le mur sud de la nef de l’époque sur une petite tribune en nid d’hirondelle à 3 pans. Regardez tout en bas de l’orgue, vous verrez où se trouvait le fameux « papotier ».
C’était une figure grotesque articulée au gré de l’organiste. Elle ouvrait et fermait sa mâchoire et roulait ses yeux l’un de droite à gauche et l’autre de haut en bas.
A l’époque, les organiers aimaient ces attributs faits pour l’amusement des petits et des grands. Cette pièce rarissime a été retrouvée et rachetée par la Ville de Laval en 2006 avec l’aide de la Direction des Musées de France. Chacun peut la voir au Musée du Vieux Château de Laval.
L’instrument d’origine comportait un seul clavier et quelques notes graves de pédale. L’organiste disposait d’un « plain-jeu », de « mutations » et d’anches, ainsi que de nombreux accessoires : « rossignols », « tambours », « estoiles » et le fameux « papot ».
Il fit plusieurs fois l’objet de modifications substantielles. On connaît des compositions différentes du dernier quart du 17ème siècle et de la fin du 18ème. Il sera démonté lors de la construction de l’orgue Debierre en 1895. Le buffet fut entreposé à la sacristie, puis à St Martin (et à Torcé-Viviers ?). Debierre avait construit en 1888 son premier orgue à transmission électropneumatique pour le théâtre Graslin de Nantes.
Il fallait un nouvel orgue pour Avesnières. Jules Planté et la Commission Historique étaient d’avis de ne pas réutiliser le buffet ancien. Il ne pouvait pas être question de laisser l’orgue contre le mur sud. Installé contre la façade ouest, il aurait occulté la fenêtre éclairant la nef déjà très sombre. Debierre proposa une solution originale.
On a peut-être du mal à voir. Mais si vous regardez bien les contours de la fenêtre, vous devinez l’orgue en forme d’arc de triomphe, tel qu’il est aujourd’hui.
Sa composition de 1895 était constituée comme indiquée sur le tableau ci-dessous (extrait du bulletin SAHM n° 10 de 1987).
La console était en milieu de tribune face au chœur. Contacts pris avec le Père Rouzière, curé, et Albert Ribaut, titulaire, je fus intégré au groupe des organistes. Il y avait trois messes : une le Samedi soir et deux le Dimanche matin. Nous nous les partagions.
Composition actuelle de l’orgue
Et cela dura jusqu’à la fin de l’année 2002 quand nous quittâmes Laval pour Juvigny sous Andaine, beaucoup plus proche de Bagnoles de l’Orne.
Église de Tessé la Madeleine 1996 / 1999
Église Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne – depuis 2000
Après la restauration, ou plutôt la reconstruction intégrale de l’orgue de son église de Tessé la Madeleine par Jean François Dupont en 1996, le Père Yves Petit, curé, me fit l’honneur de me nommer titulaire de l’instrument. (C’était aussi parce que Laval n’était pas trop loin !).
Une partie très importante du présent site est consacrée à cet orgue sous l’onglet « L’orgue de Bagnoles ». Il faut savoir en effet qu’en l’an 2000, les communes de Tessé la Madeleine et de Bagnoles de l’Orne firent l’objet d’une fusion.
L’église de Tessé la Madeleine devint donc l’église « Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne », dans le quartier de « Bagnoles Château », par opposition au quartier de « Bagnoles Lac » où se trouve située l’église du « Sacré Cœur »
Il est vrai que pendant cette période je jouais en principe sur trois instruments différents (le Petit Orgue de la Cathédrale de Laval n’était plus utilisé pour les services dominicaux). Mais il faut ajouter qu’à Laval le nombre de messes dominicales s’était considérablement réduit.
Le tableau suivant donne une idée précise de la situation en 1998.
Œuvres composées pour l’orgue de Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne
Il m’a évidemment été très agréable que des auteurs me fassent l’honneur de composer des œuvres pour l’orgue de Sainte Madeleine et de me les dédier. On retrouvera ces éléments par ailleurs, mais je ne résiste pas au plaisir de vous les annoncer dès maintenant.
Il y eut d’abord le « Livre d’orgue op. 15 » de Michel Trique, 7 pièces dans la tradition classique française, que j’eus l’honneur de jouer en première audition à Sainte Madeleine le 10 Juin 2001 et d’enregistrer sur le CD « Découvrez cet orgue méconnu : Ste Madeleine de Bagnoles de l’Orne » gravé en 2006, épuisé en 2008 et dont je viens de faire retirer à mon compte une petite provision. Successivement : Prélude, Fugue, Récit de cornet, Basse et dessus de trompette, Fonds d’orgue, Récit de tierce en taille et Postlude. Vous trouvez cette œuvre gratuitement sous l’onglet « Partitions gratuites ». Compte tenu de leur volume, les 7 pièces sont partagées en deux PDF successifs : 1 à 4 et 5 à 7.
Il y eut également la « Suite pour un orgue classique français » de Sir Nicholas Jackson, Bt. Cette œuvre comprend 5 pièces : Prélude, Tierce en taille, Cantilène, Basse et dessus de trompette, Caprice. Elle a été créée par l’auteur à Ste Madeleine le 25 Avril 2010 et est en vente sur son site : www.jacksonmusic.co.uk
Il y a enfin une « Variation sur l’Ode à la Joie » composée par Jean Paul Verpeaux le 11 Septembre 2011 et enregistrée sur l’orgue virtuel « Sancta Magdalena » réalisé par lui à partir des sons enregistrés sur l’orgue de Sainte Madeleine. Vous trouvez la partition sous l’onglet « Partitions » avec la référence v020A. Ne confondez pas avec une autre Variation sur le même thème également numérotée 240 et composée pour l’orgue virtuel « Moseles » sous la référence v022vmb