Sous l’impulsion de Georges Guillard, membre fondateur, et de Rémy Fombon, directeur, la revue « Orgues Nouvelles » se définit ainsi :
« Fondée en 2008, la revue Orgues nouvelles affiche trois ambitions :
Orgues : toucher les organistes, tous les organistes, et tous ceux qui de près ou de loin travaillent à l’avenir de cet instrument prestigieux et menacé.
Nouvelles : collecter et diffuser toutes nouvelles concernant l’orgue, sa musique, ses musiciens ; informer, former, réagir ; magnifier son répertoire cultuel, mais aussi réhabiliter, revivifier et imposer sa place dans le concert instrumental profane.
Ainsi Orgues Nouvelles mettra en valeur sa très forte identité européenne sur les plans patrimoniaux, musicaux et socio-culturels. Elle paraît quatre fois par an, en janvier, avril, juillet et octobre, et comprend 52 pages en couleurs, un cahier de partitions de 16 pages et un CD mixte (audio et cédérom). C’est assez dire qu’il y a de la place pour la Musique, et pour des articles « de fond » sur la pédagogie et le métier de l’organiste, le patrimoine et la facture d’orgue, mais aussi une ouverture européenne, des entretiens… »
Les sommaires des numéros parus figurent sur le site. Un bulletin d’abonnement ou de réabonnement est envoyé avec chaque numéro.
La « Revue l’Orgue », Directeur éditorial : François Sabatier, se présente ainsi : « L’Orgue est une revue savante trimestrielle consacrée à l’instrument (facture, œuvres, interprètes…). Chaque numéro comprend un dossier principal thématique et une chronique des parutions de livres, disques et partitions.
L’Association des amis de l’orgue a été fondée en 1927 par Bérenger de Miramon Fitz-James (1875-1952) et Norbert Dufourcq (1904-1990). Un des moyens retenus pour la promotion de l’orgue fut la publication d’un bulletin, puis de Cahiers et mémoires plus thématiques à partir de 1969. En 1997 la revue L’Orgue abandonne la présentation en cahier agrafé pour un brochage permettant des numéros plus épais, et devient thématique pour chaque numéro trimestriel.
Vous pouvez consulter la liste ci-dessous des numéros parus et leur sommaire, ou bien utiliser la boîte de recherche pour chercher par mot-clé. Pour les adhésions à l’association comme pour les abonnements professionnels à la revue (bibliothèques, diffuseurs), merci de contacter l’Association des Amis de l’orgue, 178 rue Legendre, 75017 Paris – FRANCE. Symétrie assure la vente au numéro. »
Article publié dans le n°60 – Janvier 2007 du Bulletin des Amis de l’orgue de Versailles
magnificat du 1er ton attribue à j.N. GEOFFROY
Proposition de plain chant
Les spécialistes, et notamment les davecinistes qui ne voient aucune comparaison possible avec le Livre de clavecin dont il est l’auteur, considèrent que le « Livre d’Orgue attribué à Jean-Nicolas GEOFFROY » (1633 – 1694) n’est certainement pas de lui, mais plutôt l’oeuvre anonyme d’un disciple ou d’un proche de Guillaume Gabriel NIVERS (1632 – 1714).
Même anonyme, ce Livre d’Orgue n’en présente pas moins un intérêt considérable dans la mesure où des versets à chanter y figurent dans le psaume « Memento, Domine, David » et pour le « Magnificat du 1er ton ».
Mais ces deux cas paraissent de nature différente, ne serait-ce qu’en raison de leur tessiture. Autant le « Memento » évoque bien l’hypothèse d’un plain-chant harmonisé, autant le « Magnificat » semble plutôt correspondre à la réalisation d’un continuo dont le plain-chant n’est pas noté sur la partition.
Si l’évolution obligée de la teneur du plain chant manquant évoque bien d’emblée le ton « pérégrin », celui proposé par l’édition vaticane ne convient pas. Après la médiante, la mélodie repart sur un « sol » incompatible avec un accord de fa majeur.
Ton pérégrin de l’édition vaticane
Les traités du 18ème siècle proposent d’autres versions (même si la mélodie est peut-être beaucoup plus ancienne). A ma connaissance, aucune de correspond très exactement aux continuos du pseudo Geoffroy, bien que la parenté soit évidente.
En voici trois exemples :
« In exitu » de Hardouin (Reims – 1760)
« Magnificat » de Oudoux (Paris – 1776)
« Laudate Dominum » de Lebeuf (Paris – 1741)
Il existe par contre une autre hypothèse que je n’ai pas entendue proposer jusqu’ici. Il s’agit du « Magnificat » allemand, d’auteur anonyme, tel qu’il fut utilisé par Bach dans le Duetto de sa Cantate 10, son choral transcrit (Schübler) BWV 648 et sa Fuga sopra il Magnificat BWV 733.
Soit directement, soit au prix de quelques extrapolations, cette mélodie peut être décalquée (ou développée, si nécessaire) dans les versets chantés du pseudo Geoffroy et s’adapte sans grande difficulté aux continuos correspondants.
Pourquoi un verset sur deux suit-il d’assez près la mélodie du « Magnificat » allemand tandis que les autres se prêtent à des répétitions et à des développements ? On peut se demander s’il n’y avait pas en l’occurrence alternance entres chantres habitués à une mélodie traditionnelle et un chœur plus apte à s’adapter à un plain-chant musical légèrement plus varié. Pure hypothèse !
Pourquoi ce thème, s’il est bien d’origine allemand, aurait-il été utilisé en France ? D’un côté, il y avait beaucoup de différences entre les plains-chants suivant les régions françaises et on est loin de les connaître tous. D’un autre côté, on sait qu’à cette époque plusieurs musiciens allemands sont venus travailler en France. Peut-être l’un d’eux l’aurait-il fait avec Nivers ?
Quoiqu’il en soit, l’hypothèse que je formule ma parait assez intéressante du point de vue musical. De plus, ce plain chant reconstitué et les continuos du supposé Geoffroy peuvent être utilisés en alternance avec les versets d’orgue pour tous les Magnificat du 1er ton de l’époque baroque française qui ne citent pas d’autres plains chants.
Jean-Claude DUVAL, Organiste titulaire de l’église de Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne (F – 61140)
N.B. Cette version chantée du Magnificat du 1er ton attribuée à J. N. Geoffroy a été enregistré avec ses versets d’orgue sur un CD de découverte de l’orgue de l’église de Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne. S’adresser à Jean-Claude DUVAL :
Il est des chants dont les religions chrétiennes se revendiquent la paternité. C’est en principe un signe de qualité. En voici, me semble-t-il, le plus symptomatique.
Commençons par la version française, la plus connue chez nous. La France n’en n’a pas fait un usage ancien, du moins à ma connaissance. Mais c’est la version évidemment la plus connue chez nous. Il s’agit du chant « Nous chanterons pour Toi, Seigneur ».
Ed. Fleurus
Le classement à la lettre K des « Chants notés » le destine aux thèmes de la Pentecôte, du Saint Esprit et du mystère de l’Église. Mais les 15 couplets sont prévus pour le dessein de Dieu, le salut de Jésus Christ, l’unité des hommes, l’Eucharistie, la mission et aussi pour servir de doxologie.
Voilà pour la version utilisée actuellement par les catholiques. Mais l’origine du chant est ancienne. On le trouve en effet :
Dans le recueil « Souter Liederkens » d’Anvers en 1540,
Dans le Psautier Genevois de Marot et de Bèze en 1551,
Dans une édition de Daye en Angleterre en 1560-1561,
Dans une édition allemande de Eichhorn postérieure à 1561.
Commençons par l’édition anglaise.
Ed. Kevin Mayhew
Le titre de « Old Hundreth » vient du fait que la musique a été écrite sur le centième psaume dans l’ancienne version des psaumes métriques de Sternhold et Hopkins.
En 1953, pour le couronnement de la reine Elisabeth II, le célèbre compositeur Vaughan Williams en fit un arrangement pour chœur, assemblée, orchestre, orgue et « toutes les trompettes disponibles ».
Utilisation anglicane de cet air.
Version calviniste maintenant. C’est le psaume 134 du recueil des « Psaumes en vers français avec leurs mélodies » de Clément Marot et Théodore de Bèze.
Ed. Droz
C’est un psaume très court qui ne comporte que trois couplets. Il admoneste les lévites de faire leur devoir et les assure de la faveur de Dieu.
La version luthérienne est la traduction de l’hymne « Dicimus grates tibi summe rerum » (Nous Te rendons grâces pour le maximum de choses). Bach ne l’utilisera que deux fois dans toute son œuvre.
Ed. Breitkopf
Des comparaisons seront intéressantes à faire entre les métriques. Les différences ne sont pas seulement visibles en fonction des mesures indiquées à la clé. Les durées des notes et les appuis rythmiques sont réellement différents.
Connaissez-vous un « Noël » qui ne parle ni de la crèche, ni du petit Jésus, ni des anges, ni de Marie ? … mais de Sainte Madeleine. Le titulaire de l’orgue de l’église Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne ne peut pas rester insensible à la chose.
Voici le premier couplet de ce « Noël » tel qu’il figure, avec sa basse continue, dans le recueil des « Chants des Noëls anciens et nouveaux » publié à Paris par Christophe Ballard en 1703.
Si vous avez lu ce premier couplet, vous n’avez peut-être rien remarqué de particulier. Dès le 2ème, on vous prévient : « Oyez de la Madelaine Le beau chant ». C’est « La Conversion de Sainte Madelaine »
Voici le texte complet de ce « Noël », texte extrait pour des raisons de meilleure lisibilité d’un recueil publié à Nantes en 1876 de « Vieux Noëls composés en l’honneur de la Naissance de Notre-Seigneur Jésus Christ ». Les couplets sont à lire de haut en bas et de gauche à droite.
Les organistes sont nombreux à avoir écrit une ou plusieurs variations sur le thème de ce « Noël ».
Par ordre chronologique :
Nicolas GIGAULT (1627 – 1707) : « Livre de musique dédié à la Très Sainte Vierge Marie contenant les cantiques qui se chantent en l’honneur de son divin enfantement – 2ème partie » partie »
André RAISON (1645 – 1719) : « Deuxième Livre d’orgue »
Michel Richard de LALANDE (1657 – 1726) : « Noëls en trio – 1er Livre »
Pierre DANDRIEU (1664 – 1733) : « Livre de Noëls variés, n° 18 »
Jean-François DANDRIEU (1681 – 1738) : « Livre de Noëls pour l’orgue et le clavecin »
Michel CORRETTE (1707 – 1795) : « Suite II, 1er Noël »
Guillaume LASCEUX (1740 – 1831) : « Tous les offices de l’année (??) »
Alexandre Pierre François BOËLY (1785 – 1858) : op 42 posthume n° 4 1858
Alexis CHAUVET (1837 – 1871) : « Offertoire pour le Dimanche entre la Circoncision et l’Épiphanie ».
Ajoutons pour être le moins incomplet possible que Claude BALBASTRE (1724 -1799) a composé des variations sur le thème musical de ce même « Noël ». C’est le 3ème Noël de sa 2ème Suite. Mais les paroles sont tout à fait différentes. Intitulé « Joseph revenant un jour », le texte décrit le « voyage de Joseph et Marie à Bethléem ». On est revenu là dans la catégorie des « Noëls » traditionnels.
Jean Claude Duval – 12 Décembre 2012 et 2 Septembre 2020
Je pars du principe que lorsque Bach composait ses préludes de chorals de l’Orgelbüchlein, il avait forcément en tête le tempo des dits chorals chantés par le chœur. C’est pourquoi j’ai l’intention d’étudier ici les relations de tempo entre les chorals chantés et les préludes joués à l’orgue.
Pour ce faire, j’utiliserai le recueil publié par Bärenreiter sous la référence BA 257 des dits chorals harmonisés pour le chant à quatre voix et le cas échéant transposés dans la tonalité du choral pour orgue.
Bien entendu, j’écouterai les enregistrements existant des chorals de l’Orgelbüchlein joués à l’orgue en alternance avec les mêmes chorals chantés par un chœur.
A titre de publicité entièrement gratuite, je ne suis pas insensible à l’intérêt des deux CD enregistrés en leur temps par Helga Schauerte.
Mais il existe beaucoup d’autres enregistrements comparables et je ne veux pas faire tort à leurs valeureux interprètes.
Les indications du « Guide de la Musique d’Orgue » publié chez Fayard sous la direction de Gilles Cantagrel dans la collection des « Indispensables de la Musique » seront également précieuses. Elles donnent, comme le livret des CD ci-dessus, la traduction en français du texte des chorals, mais aussi des éléments d’analyse musicale et les durées d’exécution généralement admises en France.
Il faut également mentionner aussi le livre de Jacques Chailley publié chez Leduc sur « Les chorals pour orgue » de J.-S. Bach, qui reste en la matière le livre de référence.
Le seul ajout que j’ambitionne d’apporter à ces ouvrages est celui de l’étude méthodique des relations entre les tempi des chorals chantés par un chœur et ceux des chorals joués à l’orgue.
Étant donné le nombre des chorals concernés (45), ceci n’est pas une petite affaire.
J’ai toujours été frappé que dans l’enseignement de la musique d’orgue baroque française on insiste très peu sur une recommandation qui me parait essentielle et qui est formulée de façon très claire par André Raison dans son « Livre d’orgue » de 1688.
Livre d’orgue
Contenant Cinq Messes Suffisantes Pour tous les Tons de l’Eglise ou Quinze Magnificats pour ceux qui n’ont pas besoin de Messe avec des Elevations toutes particulières. Ensuite des Benedictus : Et une Offerte en action de Grace pour l’heureuse Convalescence Du Roy en 1687. Laquelle se peut aussi toucher sur le Claveçin.
Au Lecteur :
Il faut observer le Signe de la Pièce que vous touchez et considérer si il a du rapport à une Sarabande, Gigue, Gavotte, Bourrée, Canaris, Passacaille et Chacone, mouvement de Forgeron et y donner le mesme air que vous lui donneriez Sur le Claveçin. Excepté qu’il faut donner la cadence un peu plus lente à cause de la Sainteté du Lieu.
Il est vrai que la plupart des organistes actuels, s’ils savent heureusement reconnaître les signes de mesure (sans pour autant faire la correspondance avec les différentes sortes de danses), sont certainement bien peu nombreux à identifier plus de 3 ou 4 sortes de danses baroques.
Force est alors de se reporter aux traités de l’époque et, par exemple, aux « Caractères de la Dance » de Rebel.
On trouve dans cet ouvrage les exemples des principales danses de l’époque « Prélude, Courante, Menuet, Bourée, Chaconne, Sarabande, Gigue, Rigaudon, Passepied, Gavotte, Sonate, Loure, Musette ».
Bien plus tard, en 1777, Johann Philipp Kirnberger, brillant élève de Jean Sébastien Bach, publie un « Recueil d’Airs de danse Caractéristiques » dans la préface duquel il indique : « Pour acquérir les caractéristiques indispensables à un bon style d’exécution, le musicien ne peut faire mieux que d’étudier assidûment toutes sortes de danses caractéristiques ».
L’ouvrage comprend une suite enchaînée de 26 danses dont la plupart sont bien connues, mais dont certaines sont plus nouvelles : Polonaise, Souabe, Cosack, …
Il existe certainement dans le commerce et/ou sur Internet des vidéos ou des enregistrements musicaux de ces suites de Rebel et Kirnberger.
L’autre versant du problème est celui de l’équivalence entre les signes de mesure et les danses. Là aussi au moins deux traités anciens viennent à notre secours en nous donnant les correspondances habituelles entre tel signe de mesure et tel type de danse.
Tout d’abord « L’art de Préluder sur la Flûte Traversière » de Hotteterre.
Prenons l’exemple de la « Mesure à 2 temps ».
On lit dans cet ouvrage : « Cette mesure se marque par un 2 simple. Elle est composée de 2 blanches ou de l’équivalent; elle se bat à 2 temps égaux. Elle est ordinairement vive et piquée. On l’employe dans le début des Ouvertures d’Opéra, dans les Entrées de Ballet, les marches, les bourées, gavottes, rigaudons, branles, cotillons etc … Les croches y sont pointées. »
Autre exemple d’ouvrage renseignant sur la concordance entre les signes de mesure et les sortes de danse : « L’école d’Orphée » composée par Michel Corrette en 1738.
Outre les indications figurant sur la page titre (voir ci-après), l’ouvrage comporte des leçons pour apprendre à jouer du violon dans le goût français, d’une part, et dans le goût italien, d’autre part.
Poursuivons l’exemple de la mesure à deux temps. On lit au « Chapitre IV. Explication des mouvements à quel genre de pièces ils servent ».
« Le deux tems marqué par un 2 sert aux Rigaudons, Branles, Bourées, Gaillardes, Villageoises, Cotillons, Gavottes, etc … Il faut passer la deuxième croche plus viste ».
A partir de toutes ces sources d’information, il doit être possible d’identifier dans les suites baroques pour orgue à quel type de danse se rattache chaque verset, en tout cas ceux qui ne sont pas de facture purement instrumentale.
C’est ce que j’ai l’intention de prendre le temps de faire avec les deux Suites du Livre d’orgue de Louis Nicolas Clérambault.
Si j’y parviens, le mérite ne sera pas immense. Clérambault fut l’élève d’André Raison et le remplaça en 1719 à l’orgue des Jacobins de la rue Saint Jacques.
Cet article avait été écrit à l’origine le 16 Décembre 2012. Depuis lors, il était resté en l’état. Or, je viens de découvrir par hasard que la réponse à mes questions a été magistralement apportée par Olivier Latry dans un article intitulé « Caractéristiques des danses en France aux XVII° et XVIII° siècles » publié sur Internet en collaboration notable avec Jean SAINT-ARROMAN le 6 Août 2016 sous le lien
S’agissant de Clérambault, l’auteur y relève les corrélations suivantes :
Suite du 1er ton : duo / passepied, basse et dessus de trompette / également passepied, dialogue sur les grands jeux / ouverture à la française. Suite du 2ème ton : duo / bourrée.
Mais Olivier Latry cite maints autres exemples de corrélation entre versets d’orgue et danses, sauf erreur 9 de Couperin, 6 de Raison, 4 de Guilain, 3 de Grigny, 3 de Marchand, etc … Autant dire que le voyage vaut le détour. Bonne lecture.
Il existe une revue suisse qui s’appelle « La Tribune de l’Orgue » et qui à mes yeux présente le plus grand intérêt. Malheureusement, elle me paraît complètement méconnue en France. Je voudrais donc vous en parler et essayer de vous convaincre qu’il y a dans ses numéros successifs une mine d’or où brillent souvent des pépites alléchantes, égayées parfois d’un humour helvète que pour ma part j’apprécie bien.
Mais chauvinisme, et quelque part, politesse obligent, je ne peux m’abstenir de vous rappeler au préalable l’existence de revues françaises qui ont aussi leur intérêt. Pardonnez-moi de n’en citer que deux : « L’orgue » et « Orgues nouvelles ». Il n’y a pas concurrence entre ces différentes revues, mais complémentarité. De plus les françaises sont très directement accessibles et ne nécessitent pas davantage d’informations que n’en donnent leurs sites bien complets, alors que « La Tribune de l’Orgue » devrait, à mon sens, être mieux connue.
Voici ce qu’écrit la revue « La Tribune de l’Orgue » sur son site :
« Notre revue est écrite par le concertiste de renommée internationale, Guy Bovet de Neuchâtel. Elle est publiée à plus de 750 exemplaires et est diffusée dans le monde entier, principalement en Suisse où elle compte plus de 600 abonnés. Les thèmes de nos textes sont, entre autres :
Orgues anciennes ou restaurées
Orgues nouvelles
Histoire de l’orgue
Avenir de l’orgue
Historique des compositeurs contemporains ou anciens
Interprétation pour des pièces d’orgues
La musique religieuse
Des rubriques : nous avons lu, reçu, entendu
Des annonces : cours, concours, académies…
et les inoubliables voyages de Philéas Fogg, etc. …
Tous les artisans de cette revue (pour la publicité, l’administration, le secrétariat, sans oublier notre rédacteur en chef), travaillent bénévolement ainsi nous pouvons, grâce à votre participation et celle de nos annonceurs (les manufactures d’orgues de notre pays) vous offrir une revue variée contenant beaucoup d’illustrations et une couverture en couleur au format A4. Notre revue compte environ 60 pages, et paraît à la fin de chaque trimestre depuis maintenant 58 ans. »
Les parutions de la revue sont numérotées par ordre d’année et de trimestre de publication. Ainsi le dernier numéro reçu à ce jour (Mars 2013) est numéroté 65/1. Cela signifie qu’il s’agit du numéro publié le 1er trimestre de la 65ème année d’existence de la revue. Le site ci-dessus comporte des informations très intéressantes par exemple sur l’historique de la revue; il s’arrête actuellement à la 50ème année. Mais il ne permet malheureusement pas de faire défiler les numéros parus et leurs sommaires. La table des matières du site mentionne les sujets abordés mais ne renvoie pas au(x) numéro(s) concernés, ce qui oblige à contacter l’administration pour que l’article espéré soit recherché et retrouvé. Par contre, le problème du paiement de France en francs suisses, si vous n’avez pas de compte en ce pays ☺ , est résolu grâce au truchement en € d’une Association française.
A ceux qui ne connaissent pas cette revue et aimeraient la découvrir, je recommanderais déjà (de façon intéressée uniquement du point de vue musical, cela va sans dire) de se procurer la table des matières complète des articles parus les 50 premières années. Cette table porte le n° 51/0 (1999). Son intérêt est d’indiquer pour chaque article le (ou les) n° s de la revue à commander.
Je récapitule dans le tableau suivant les principaux articles que j’ai moi-même commandés et dont je n’ai jamais vu l’équivalent ailleurs, tout au moins pour la plupart.
Rubrique
Articles commandés
N°s de la revue
Interprétation
Corrections à apporter à l’édition Kastner de Correa de Arauxo
49/3, 49/4, 50/1, 50/2, 50/3, 50/4
Improvisation
De la registration de Franck spécialement pour les accouplements
45/4, 46/1, 46/2, 46/3, 46/4, 47/1
Notation
Essai sur les règles d’interprétation de la musique espagnole
30/3, 31/1, 31/2, 31/4
Répertoire
La calculation du sentiment dans le choral en la min de Franck
47/4, 48/1, 48/2, 48/3, 48/4
Les doigtés anciens
33/3, 33/4, 34/1
Propos sur l’inégalité
17/1, 17/2, 17/3, 17/4, 17/5, 18/2
Traduction des notes des tientos … de Correa de Arauxo
43/2, 43/3, 43/4, 44/1
Un quart d’heure d’improvisation
du n° 49/4 à nos jours
Une traduction intégrale de la préface et des remarques de Correa de Arauxo
Je possède en tout plus de 150 numéros de la revue. Je ne peux donc pas vous dire tous les articles intéressants qu’ils contiennent. Je vous indique cependant que la table des matières que j’évoque ici comporte aussi les rubriques suivantes :
Rubriques
Nombre de pages
Éditoriaux, Voyages, Liturgie et Théologie, Comptes-rendus, Associations diverses, Calendriers, Nécrologies, Historique de la revue, Musées, Divers
1 page chacune
Facteurs, facture, esthétique et problèmes sur l’orgue
3 et 1/2
Musiciens
2
Orgues nouvelles, restaurées, anciennes …
7
Annonces de manifestations : cours, concours, congrès, académies, expositions …
4
Association des organistes romands
2
Calendriers, disques, livres, partitions
17
Humour noir, rose, rosse …
2
Photographies et compositions d’orgues
19
Photographies de personnalités
1 et 1/2
Dessins, plans, caricatures, photos diverses …
2
Revue des revues
5
Quant aux numéros parus depuis la 51ème année, je peux déjà vous citer à titre d’exemple le sommaire du dernier, le 65/1 :
Éditorial
Les transcriptions pour orgue de « L’estro Armonico » de Vivaldi (article traduit du néerlandais par G. Bovet)
De l’Orage à Fribourg (la partition de Vogt/Haas ne précise pas la registration à utiliser; cette absence est réparée par G. Bovet)
La quart d’heure d’improvisation avec E. Le Divellec
Une version élaborée par E. Voeffray du « Canon » de Pachelbel
Un joli conte du Gros-de-Vaud
Les voyages de M. Philéas Fogg (alias G. Bovet)
Personnalités : Marie Claire Alain (décédée le 26-2-2013) et les 100 ans de Pierre Segond, par G. Bovet
Réalisations facture Kuhn SA
Disques, Partitions, Livres, Divers, Courrier, Revue de presse, Cours, Concours, Congrès et Académies.
Passant rapidement en revue les sommaires des numéros de la 51ème à la 64ème année, je relève quelques articles qui m’ont particulièrement intéressé en demandant pardon aux auteurs que j’ai forcément oubliés.
52/1 Diabolus in organo (accessoires humoristiques)
52/1, 52/2 et 52/3 Position des orgues dans les églises
52/4 L’assistance à la traction mécanique
59/3 et 59/4 Registrations françaises du classicisme
à la Révolution
60/1 et 60/2 L’orgue du Britannic Seewen et ses rouleaux
53/3 et 53/4 La faune des orgues
53/4, 54/1, 54/2 et 54/3 L’orgue d’Albert Alain
54/1, 54/2 et 54/4 Répertoire de l’organiste liturgique
53/4 et 54/1 La tradition hollandaise de l’improvisation
54/4 Registration du répertoire nord allemand
55/2 La flore des orgues
57/2 Le monde sonore de l’orgue classique italien
57/3, 57/4 et 58/1 Berlioz et l’orgue : une réhabilitation ?
57/4 Le tempérament de Bach ?
58/1 Les 6 orgues de la Basilique de Mafra
58/3 Un itinéraire espagnol
59/2, 59/3, 59/4, 60/1 et 60/2 Le tempérament inspirateur
de philosophes et d’écrivains
60/3 L’orgue romain d’Avenches / Aventicum
60/3, 60/4 et 64/4 Jules Verne : M. Ré# et Melle Mib
60/3 Problèmes de notation et transcription dans Correa de Arauxo
61/1 Aspects de la musique symphonique française
61/1 Compositeurs allemands néo-classiques
61/4, 62/1 et 62/2 Bach et les 16 pieds
62/1 Le voyage en Italie du musée suisse de l’orgue
62/4 Au pays basque espagnol avec le musée
63/1 Le Mexique revisité
63/4 Mozart et l’orgue
63/3, 64/1 et 64/2 Faire un orgue
Dans tous les numéros, on retrouve les voyages de Philéas Fogg (G. Bovet) et le ¼ d’heure d’improvisation (E. Le Divellec). Dans de trop rares numéros, quelque iconoclaste impénitent a publié des parodies de cantiques :
54/3 : un pastiche « Trouver un plombier le Dimanche » (au lieu de « Trouver dans ma vie ta présence » – Schoking!)
55/1 : un véritable cantique ancien « L’encens divin »,
59/2 : des nouveaux cantiques » Fais jaillir ton é, fais jaillir », « Tout l’univers est tout nu l’hiver »,
« Amen » (antiphonaire de St Etienne), » La brebis s’était é, la brebis », « Chantez, chantez, chantez au Seigneur ».
59/4 : à la demande générale, encore des nouveaux cantiques « Dans les verts pâturages, je me meus », « Notre Père »,
« Au haut, au haut de la montagne sainte », « Par ce pain » (chant de communion), « Dieu est unique, Dieu est unique ».
L’humour réside dans les paroles, dans la musique et/ou dans le décalage entre les paroles et la musique.
Mais ne craignez pas, cela ne prend qu’une ou deux pages par numéro cité.
Et la finance dans tout ça ?
Tout est évidemment expliqué sur le site de la revue. Je résume pour le cas de la Suisse et de la zone Euro (parité actuelle : 1 CHF = 0,8054 €).
Table des matières des 50 premières années (1948 – 1998) [1ère à 50ème année] N° spécial 51/0 (88 pages format A4) : 18 CHF.
Photocopies des premières années (1948 – 1965) [1ère à 17ème année] A partir d’originaux anciens, la collection complète : 300 CHF + port, Collection partielle : faire demande.
Vente de N° s format A5 des années 1965 – 1998 [17ème à 50ème année] Tarif dégressif de 8 à 4 CHF le N° suivant le nombre de N° s .
Collection complète des années 1966 – 1998 [18ème à 50ème année] 550 CHF + port.
Vente de N°s format A4 à partir de l’année 1999 [51ème année et suivantes] Numéros isolés : 14 CHF. Années complètes : 50 CHF.
Ces informations sont données à titre indicatif. Seules font foi celles mentionnées sur le site de la TdLO ou communiquées par son administration.
Jean Claude Duval – 2 Juin 2013 corrigé le 2 Septembre 2020
A tout apprenti organiste francophone, les bons professeurs recommandent d’être attentifs aux textes des chants commentés par l’orgue et de s’en imprégner littérairement et musicalement. Il en est ainsi notamment des messes, hymnes et proses latines des catholiques et des chorals allemands des protestants. On sait que la compréhension des textes musicaux est indispensable à une interprétation conforme à la signification spirituelle des dits textes et à leur conformation musicale.
Curieusement, on fait rarement montre d’une préoccupation semblable pour les Noëls français. Certes, il y a peu de problèmes de vocabulaire, mais les paroles de ces Noëls anciens ne nous sont plus connues aujourd’hui. Et le risque existe de contresens musicaux. On a vite fait par exemple de couper un mot en deux sans s’en rendre compte. Indépendamment de ces aspects techniques, le plaisir est véritable de connaître l’histoire racontée par ces chants dont on connaît l’air, mais pas souvent les paroles. Certains sont des petits bijoux de poésie ou d’humour. Souvent écrits dans des tessitures élevées, ils exigent le recours à une voix suffisamment haute.
Les textes anciens des douze Noëls publiés par Louis Claude Daquin en 1757 et principalement destinés à l’orgue sont particulièrement intéressants.
I. Noël sur les jeux d’anches SANS tremblant.
Texte : La Grand Bible des Noelz… Rigaud Lyon (1550)
II. Noël en dialogue, duo et tierce, sur le cornet de récit, les tierces du positif et la pédale de flûte.
Texte : La Grand Bible des Noelz … Rigaud Lyon (1550)
III. Noël en musette, en dialogue et en duo.
Texte : La grande Bible des Noels … Oudot Troyes/Paris 1699
IV. Noël en duo, sur les jeux d’anches sans tremblant.
Texte : La Grand Bible des Noelz … Rigaud Lyon (1550)
V. Noël en duo.
Texte : La Grande Bible des Noels … Oudot Troyes/Paris 1699
VI. Noël sur les jeux d’anches sans tremblant et en duo.
Texte : La Grande Bible des Noels … Oudot Troyes/Paris 1699
VII. Noël en trio et en dialogue, le cornet de récit de la main droite, la tierce du positif de la main gauche.
Texte : La Grande Bible Renouvelée des Noëls anciens … Pigelet Bourges 1858
VIII. Noël étranger sur les jeux d’anches sans tremblant et en duo.
Texte : néant
Je n’ai pas trouvé de paroles anciennes correspondant à la mélodie de ce Noël qui me donne plutôt le sentiment d’être inspiré d’une pastorale italienne. J’observe d’ailleurs que c’est le plus court du recueil de Daquin. N’aurait-on pas tendance à le jouer trop précipitamment ?
IX. Noël sur les flûtes.
Ce Noël se présente en trois parties : tout d’abord, « très tendrement », le « Noël pour l’amour de Marie », ensuite, « gaîment », le Noël « Chantons, je vous prie », enfin la reprise du premier, « très tendrement ».
Texte : La Grande Bible des Noels … Oudot Troyes/Paris 1699
Texte : Le Belle Bible des Noels … Oudot Troyes 1732
X. Noël grand jeu et duo.
Texte : Noels vieux et nouveaux … Bibliothèque municipale de Laval – sans date
XI. Noël en récit en taille sur la tierce du positif, avec la pédale de flûte et en duo.
Texte : La Grande Bible des Noels … Oudot Troyes 1732
XII. Noël suisse, grand jeu et duo.
Texte : Romancero de Champagne Tome IV, 3ème partie, Chants historiques …Reims 1864
Ce Noël pose un problème d’identification. Balbastre et Beauvarlet-Charpentier mentionnent comme titre « Il est un p’tit l’ange ». Les autres auteurs titrent seulement « Noël suisse » comme Daquin ou n’indiquent aucun titre. Quand on suit l’air du Noël à la trace, on découvre que
Dès la fin du 18ème siècle, les maçons l’utilisaient : « Pont jour vénérable » ou « Nous ne craignons guère »…
Au 19ème siècle, on trouve « L’estrange déluge » chez Saboly,
Ainsi que « O Dieu de clémence » dont le texte moderne fut même enregistré au 20ème siècle par les Petits Chanteurs à la Croix de bois.
L’explication du texte « Il est un p’tit l’ange »est historique.
Le 16ème siècle vit introduire dans les armées françaises des suisses et des reîtres. Le texte originel du Noël n’est qu’une plaisanterie contre les soldats étrangers à l’accent rugueux. Dans un recueil de Châlons-sur-Marne, il figure sous le titre « Le Noël des reîtres (1580-1600) ».
Jean Claude Duval – Mise en page lundi 12 mars 2018 et 2 Septembre 2020
Article publié dans le N° 55/4 (2003) de « La Tribune de l’Orgue »
Musique d’Aujourd’hui Pour l’orgue baroque et classique français
Lors de ses pérégrinations à travers le monde, Monsieur Phileas Fogg (alias qui chacun sait) n’a peutêtre pas eu le bonheur de s’arrêter à Bagnoles de l’Orne, charmante petite station thermale et touristique de la Normandie profonde. Elle a cependant tout pour plaire : un casino, un lac, des thés dansants, des cures de jouvence, un site pittoresque, une vaste forêt…. Mais surtout, pour les organistes sérieux que nous sommes, son église Sainte Madeleine est dotée d’un orgue superbe dont l’origine remonte à 1856, avec sans doute récupération de tuyaux plus anciens, mais qui fut totalement repensé par Jean François Dupont en 1996, grâce à l’aide du Conseil Général et de la Municipalité, dans le sens d’une « esthétique orientée vers l’orgue classique français ». Cet instrument compte 24 jeux répartis sur deux claviers ½ et un pédalier standard actuel, avec mécanique suspendue, accouplements à tiroirs et un tempérament très légèrement inégal.
L’heureux titulaire de cet instrument y joue avec délices tout ce qu’il peut de la littérature baroque et classique. Des œuvres des 19ème et 20ème siècles, judicieusement choisies, peuvent également y être interprétées. Mais en poussant un peu plus loin ses recherches, il s’est aperçu qu’aux 20ème et 21ème siècles, plus de compositeurs qu’on ne pourrait a priori le supposer avaient spécifiquement écrit pour des orgues d’esthétique baroque et classique française et qu’ils méritaient d’être plus reconnus et remerciés. Il nous fait partager le résultat de ses recherches.
Il faudrait faire de même sans doute pour les styles baroques et classiques allemand (l’hommage à Buxtehude de P. Eben…), espagnol (les tangos ecclesiasticos de G. Bovet…), anglais, italien…Ce seraient d’autres recherches et un autre article.
1938 – Un précurseur français : Charles TOURNEMIRE
De 1898 à 1910, Alexandre Guilmant et André Pirro avaient publié les œuvres complètes d’une dizaine de Maîtres anciens français de l’orgue. En 1934, Eugène Borel publiera son célèbre ouvrage sur l’interprétation de la musique française de Lully à la Révolution. Charles Tournemire (1870 – 1939) s’intéressait à la musique ancienne ; il jouait et faisait jouer Frescobaldi, Grigny, Buxtehude, Bach…. En 1933, il avait orienté la restauration de son orgue de Sainte Clotilde à Paris vers une esthétique plus classique. En 1938, un an avant sa mort, il publie chez Bornemann une « Suite évocatrice » qu’il dédie « à son cher ami et confrère » Paul Brunold, titulaire de l’orgue de Saint Gervais à Paris, l’orgue des Couperin. Cinq pièces composent cette suite
Un « grave » qui mélange les fonds de 8 du GO et le cornet décomposé du positif,
Une « tierce en taille » qui s’enchaîne avec un « récit de cromorne »,
Une « flûte d’écho »,
Un « jeu doux et voix humaine » (en fait un dialogue sur la voix humaine),
Un « caprice » d’abord sur les pleins jeux, puis en récit de cornet et enfin sur les fonds, les pleins jeux et les anches du GO, du positif et de la pédale.
Les puristes critiqueront les registrations pas toujours orthodoxes, mais l’évocation du monde classique est bien là, séduisante par son élégance, sa poésie et son originalité.
1962 – Une grande dame française : Marie Louise GIROD
Quoi qu’en dise son immense modestie, Madame Marie Louise Girod n’a pas seulement initié dans sa jeunesse un certain Pierre Cochereau au monde de l’orgue et formé d’autres élèves prestigieux ; elle a aussi écrit nombre d’œuvres pour orgue remarquables, malheureusement trop peu jouées en France.
En 1962, elle compose pour le nouvel orgue de l’Oratoire du Louvre dont elle est titulaire une « Suite sur le psaume 23 : l’Éternel est mon berger » (mélodie de Loys Bourgeois et paroles de Clément Marot) qui sera publiée aux éditions de la Schola Cantorum.
Comme elle l’indique dans son introduction, cette suite emprunte « les titres et la forme du livre d’orgue en honneur en France aux 17ème et 18ème siècles » :
« plein jeu » avec exposition initiale du thème à la trompette du positif,
« duo » en canon sur des petits jeux,
« récit de tierce » alternant sur une basse obstinée le jeu de tierce du positif et le cornet du GO,
« basse et dessus de trompette »,
« trio » en canon sur le cromorne et le clairon, avec contrechant sur le bourdon,
« grand jeu », d’abord sur les pleins jeux, puis avec les anches de pédale et enfin avec les anches manuelles.
Du grand art, qui parle tout de suite à l’âme et au cœur.
1973 – Un baroqueux français malicieux : Jean LANGLAIS
On ne présente plus Jean Langlais (1907-1991), l’un des plus grands compositeurs pour orgue du 20ème siècle, qui succéda d’ailleurs à Charles Tournemire à la tribune de Sainte Clotilde à Paris. A la différence de ce dernier, le retour au baroquisme ne lui plaisait pas vraiment ; il y voyait une régression et en fustigeait les puristes.
Mais, invité à donner un concert sur l’orgue Silbermann du temple Saint Jean de Mulhouse, il conçut pour cet instrument une « Suite baroque » qui sera publiée en 1973 chez Philippo/Combre. On ne peut pas dire que toutes les registrations soient du pur Dom Bedos. Mais, si l’inégalité du tempérament le permettait, l’œuvre serait intégralement jouable sur un orgue historique du 17ème siècle, y compris avec petit pédalier à la française.
Sept pièces composent cette suite :
« plein jeu » avec alternance entre le grand et le petit plein jeu,
« trémolo en taille » sur le cromorne du positif avec le tremblant,
« dialogue » entre le cornet du récit et la trompette du GO,
« flûtes » en écho,
« dialogues entre le hautbois, le bourdon et le nazard »,
« voix humaine » en dialogue traditionnel, mais avec 16 pieds à la pédale,
« grand jeu » comme au 17ème siècle, mais avec les fonds, y compris de 16 pieds, aux claviers manuels et à la pédale.
Marie Louise Jacquet ne pouvait mieux écrire :
« Comme un Grigny ou un du Mage, mais avec quelques clins d’œil malicieux, Jean Langlais bâtit une suite classique tout en gardant son langage propre ».
1981 – Un innovateur suédois : Bengt HAMBRAEUS
Tous les compositeurs sont par définition des créateurs. Mais le qualificatif d’innovateur s’applique de façon évidente à Bengt Hambreus (1928 – 2000), musicologue suédois devenu professeur à l’Université McGill de Montréal et titulaire d’un grand orgue pastiche de Dom Bedos.
Son « Livre d’orgue » publié en 1981 chez Ostiguy tend à prouver qu’un orgue de type classique peut stimuler la création contemporaine.
L’auteur écrit dans sa préface que « l’orgue à transmission mécanique qui, à l’instar de celui de Dom Bédos, présente une composition riche en jeux de mixtures et de mutations, apparaît plus apte encore que les instruments faisant appel aux systèmes pneumatique, électrique ou même ceux commandés par ordinateur, à la recherche multiforme de sonorités nouvelles .
Il cite par exemple la « microtonalité aléatoire » que l’on peut obtenir en tirant à demi les registres ou la diminution de l’alimentation en air de la tuyauterie lorsqu’une pression moindre est exercée sur la touche.
La plupart des 50 pièces constituant les quatre volumes de l’œuvre évoquent la manière française ancienne :
Grand jeu, plein jeu, trio, duo,
Récit de cornet, récit de voix humaine, récit de nazard,
Cromorne en taille, tierce en taille,
Basse de cromorne, basse et dessus de trompette…
D’autres traduisent des inspirations différentes :
Agilité, alternances, transition, vibrations,
Répercussions, timbres irisés, statifications, etc.
Le langage est toujours résolument contemporain, voire d’avant-garde :
On y trouve des clusters,
Il faut parfois réduire graduellement la pression de l’air en coupant ou en poussant très lentement les registres,
Dans d’autres cas, les registres ne sont tirés qu’à moitié pour produire une sonorité presque sifflante,
Ou bien il faut tirer la tierce et pousser le nazard très lentement pour produire des microtons glissants, etc.
Le recours à un assistant est parfois nécessaire, mais l’édition, bien que d’écriture manuscrite, est parfaitement lisible.
1986 – Un créateur français : Xavier DARASSE
Xavier Darasse (1934-1992), organiste Toulousain, militant bien connu de la cause de l’orgue et lui aussi pionnier de la musique contemporaine, assurait avoir écrit en 1986 un « Organum VI » comprenant six petites pièces faciles pour orgue classique :
grand jeu avec récitatif,
plein jeu (avec tierce),
jeu de tierce,
récitatif avec échos,
prélude non mesuré,
toccata sur les jeux d’anches.
Malheureusement, cette œuvre semble introuvable, en tout cas pour le grand public. Dieu veuille qu’elle ne soit pas perdue. Un appel est lancé à ceux qui pourraient la posséder ou la retrouver et la faire publier. Tous les organistes leur en seraient infiniment reconnaissants.
1986- – Un norvégien perspicace : Jon LAUKVIK
Jon Laukvik, jeune compositeur norvégien de talent, est le premier, semble-t-il, à remarquer les parallèles frappants existant entre le baroque et le blues (ou le jazz), ces deux mondes pourtant si éloignés l’un de l’autre : inégalité des notes, harmonies singulières, pulsations de la basse, enjolivures ornementales, par exemple.
Sa « Suite » publiée en 1986 chez Norsk Musikforlag combine les formes et les sonorités de l’orgue baroque français avec des éléments tirés du jazz et du blues. Elle comporte 5 pièces :
« plein jeu » (continu),
« fugue » à 5 (alla Grigny),
« duo » sur le cornet et le grand jeu de tierce,
« récit »,
« grand jeu ».
Certains crieront peut-être au scandale au nom de la déférence due aux lieux saints; d’autres peuvent apprécier au nom de la coexistence, voire du rapprochement des cultures, et tout simplement de l’universalité de la musique et du « Beau ».
1987 – Un fin « pasticheur » français : François SABATIER
Monsieur François Sabatier, musicologue averti, éminent défenseur de l’orgue, pilier de la principale revue française sur « L’Orgue », publie en 1987 aux éditions Combre un « Premier livre d’orgue » consistant en deux suites françaises à la manière des organistes du grand siècle. Il l’annonce d’emblée et avec la plus grande simplicité : c’est un pastiche et une gageure. Il faut bien élargir le répertoire des titulaires d’instruments historiques. Mais ce qu’il ne dit pas, c’est que c’est un pastiche de talent qui vaudra toujours mieux que des improvisations médiocres.
La suite du 1er ton comprend six pièces : prélude, duo, trio, basse de trompette, récit de tierce en taille et dialogue à 3 chœurs. Celle du 2ème ton en compte sept : prélude à 2 chœurs, fugue, duo, trio, basse de trompette et dessus de cornet, concert pour les flûtes et dialogue sur les grands jeux. Beaucoup de compositeurs des 17ème et 18ème siècles se sont arrêtés à un unique « premier » livre d’orgue. Monsieur Sabatier s’arrêtera-t-il lui aussi en chemin ?
1990 – Un compositeur français raffiné : Joseph REVEYRON
En 1990, Joseph Reveyron, successeur d’Edouard Commette à la Primatiale Saint Jean de Lyon, publie aus éditions Universal 5 « Versets pour un orgue ancien » composés en 1956. Ce n’est plus un pastiche. Comme l’écrit Thomas Daniel Schlee, son éditeur, ces versets « empruntent le ton et la démarche des maîtres des 17ème et 18ème siècles sans s’assujettir à une imitation servile. La liberté thématique est entière….. Ces pièces sont avant tout un salut respectueux aux merveilleux musiciens d’autrefois » :
« basse de trompette »,
« duo sur le chromhorne et le cornet »,
« plein jeu et bourdon de 16 pieds »,
« récit de tierce »,
« grand jeu en taille et dialogue ».
1994 – Un grand improvisateur français : Pierre COCHEREAU
Artiste dans l’âme, virtuose et interprète de grande classe, prestigieux titulaire de Notre Dame de Paris, Pierre Cochereau (1924 – 1984) fut mondialement reconnu comme l’un des plus grands improvisateurs de notre temps. Certaines de ses improvisations, enregistrées sur disque avec les risques que cela comporte, ont été reconstituées par ses admirateurs.
On peut remercier Madame Jeanne Joulain de s’être astreinte à retranscrire « Neuf pièces improvisées en forme de suite française » gravées dans la cire en 1977 et publiées aux éditions Chantraine en 1994. Successivement :
« Kyrie » (plein jeu avec pédale de trompette),
« petit plein jeu »,
« offertoire » (sur les grands jeux),
« tierce en taille »,
« voix humaine »,
« cromorne en taille »,
« flûtes »,
« basse et dessus de trompette »,
« grand plein jeu » (avec pédale de trompette).
1996 – Un célèbre maître suisse : Lionel ROGG
Concertiste international, compositeur consacré, pédagogue averti, l’organiste suisse Lionel Rogg publie en 1996 aux éditions Lemoine un « Livre d’orgue : Suite pour l’orgue français », œuvre dédiée à Jean Boyer et ne présentant pas de difficultés majeures, dans lequel il veut à la fois « rendre hommage à la beauté et à la richesse de timbres de l’orgue classique français » et proposer des pièces relativement faciles à jouer tant au culte qu’au concert :
« plain chant en taille » (majestueux),
« duo » en canon sur les tierces (vif),
« trio » sur le nazard et la voix humaine (délicatement),
« récit en taille » de tierce ou de cromorne (grave),
« fugue sur les jeux d’anches » (hardiment),
« récit de nazard » (modéré, librement),
« grand jeu » où l’on peut à la fin ajouter les fournitures et les chamades.
1998 – Un Noëliste suisse distingué : François DELOR
Ces Helvètes vont finir par devenir agaçants. Au moment où les Français composent peu d’œuvres nouvelles pour l’orgue classique, les Suisses se mettent à publier des recueils passionnants, parfois dans le genre le plus français qui soit, comme les Noëls. Ainsi François Delor, co-titulaire de la Cathédrale de Genève et sans doute inspiré en 1990 (date d’origine de l’œuvre) par l’orgue Quoirin du Temple de la Fusterie, fait éditer en 1998 par la Schola Cantorum « Douze Noëls sur d’anciennes mélodies populaires » dont les thèmes lui ont été fournis par son père à la mémoire de qui le recueil est dédié.
C’est un chef d’œuvre d’élégance, de distinction, mais aussi d’invention. En effet, si les formes restent toujours inspirées des Noëls français anciens, François Delor en invente aussi des nouvelles, tout en restant dans le même esprit. De plus, il n’y a pas de difficultés techniques majeures. Voici ces douze Noëls :
1 :« À la minuit de Noël : prélude sur le plein jeu » (thème en pédale d’anches),
2 :« Les pastoureaux : musette et trio »,
3 :« Nous étions trois bergerettes : basse de trompette et dessus de cornet »,
4 :« Quand la bergère va aux champs : cromorne en taille, trio et quatuor »,
5 :« Joseph, tu es bien joyeux : sur les flûtes »,
6 :« Noël auxois : dialogue sur les grands jeux »,
7 :« À minuit fut fait un réveil : fond d’orgue » (avec pédale de trompette),
8 :« Noël provençal : tambourin, grands jeux, musette »,
9 :« Bergers, écoutez la musique : cromorne ou tierce en taille »,
10 :« J’entends un grand bruit : duo sur les tierces »,
11 :« C’est le jour de la Noël : récit de hautbois et écho » (avec double pédale),
Guy Bovet, compositeur suisse éminent, connu dans le monde entier, mais malheureusement trop peu joué en France, n’est plus à présenter aux lecteurs de la « Tribune de l’Orgue » dont il est le rédacteur en chef.
La « Suite pour Souvigny » qu’il compose pour l’orgue historique de cette petite commune de l’Allier et enregistrée en 1995, a été publiée en 1999 par la Schola Cantorum. Elle contient, nous dit l’auteur, l’évocation de Monsieur François-Henri Clicquot, facteur d’orgues du Roy, l’histoire de St Mayeul et de St Odilon et des miracles qu’ils suscitèrent, ainsi que plusieurs chants du Bourbonnais, accommodés à l’Orgue Classique en général et celui de Souvigny en particulier, mais propres à être jouées sur toute belle et bonne Orgue à deux ou trois claviers .
L’Avertissement précise que cette suite s’inspire de la musique française des 17ème et 18ème siècles, mais que certaines pièces sont d’un style tout différent. L’interprète pourra décider de jouer (ou non) selon la pratique de l’époque : ornements ajoutés, rythmes inégaux, etc. Certaines choses indispensables ont été notées, mais la liberté reste grande et il n’y a rien de systématique dans la notation….. Il n’est pas nécessaire de jouer toute la suite. Il est par contre recommandé, dans le cas d’une exécution en public, de lire ou de distribuer les textes qui ont inspiré ces pièces. Ils le méritent effectivement. Même si certains pédants font la fine bouche, je maintiens que pour moi cette œuvre est un joyau de respect du passé et d’inventivité, de poésie et d’humour, d’harmonie et de diversité.
Arriver à mêler ainsi autour d’un orgue et d’une histoire légendaire, des textes poétiques ou humoristiques, les commenter par des pièces d’orgue classiques ou modernes, mais toujours évidentes et naturelles, c’est vraiment du très grand art. Fin des éloges et table des matières :
« grand et petit pleins-jeux, entremeslés de trompettes »,
« le sanctuaire féerique : fluttes »,
« récits de cromorne et de tierce en taille : St Mayeul et St Odilon »,
« le font Saint-Mayeul » (sur les petits jeux),
« pastourelle : voix humaine »,
« basse de trompette : la béquille de St Mayeul »,
« duo sur les tierces : le péché de Dame Ermengarde »,
« récit : Blanche biche »,
« fond d’orgue : les âmes maudites et la fête de la Toussaint »,
« la colonne aux monstres et le tombeau miraculeux »,
« Noël de Moulins » : dialogue sur les grands jeux, basse de trompette, musette, récit tendre, tambourin, final sur les grands jeux.
1986 / 2001 : Un français trop rare : Vincent PAULET
D’abord organiste et concertiste, élève de Litaize, Vincent Paulet décide ensuite de se consacrer exclusivement à l’écriture musicale qu’il apprend pendant neuf ans au CNSM de Paris et enseigne ensuite au Conservatoire de Lille.
La liste de ses compositions est déjà imposante ; trois pièces pour orgue ou orgue et chant sont manifestement orientées vers l’orgue baroque, voire pré-baroque français :
un « Récit de nazard » publié chez Combre en 1986, mais que le compositeur très exigeant avec lui-même ne compte pas dans son catalogue officiel,
une élégie publiée chez Lemoine en 1989 et intitulée « Pour en revenir à l’orgue français », cromorne en taille à deux voix alla Grigny, puis trio assez vif avec le larigot du positif et les 8’ et 2’ du grand orgue et brève conclusion rappelant le premier mouvement,
une « Messe pour soprano, baryton et orgue » publiée chez Jobert en 2001, comprenant à la fois des pièces pour orgue solo et des pièces pour orgue et chant, composée pour l’orgue Renaissance – accordé au tempérament mésotonique – de l’église Notre Dame d’Étampes, mais cependant conçue pour être jouable sur des instruments au tempérament moins inégal. Il y a sept pièces pour soprano, baryton et orgue (Introït, Kyrie, Gloria, Alleluia, Sanctus, Anamnèse et Agnus Dei). La Communion est quasiment pour orgue solo, mais le baryton y chante cinq mesures. Les pièces pour orgue seul sont les suivantes :
Entrée
Plein jeu / fonds 8, 4 / plein jeu.
Commentaire
Bourdon / flûte 8’ et/ou 4’.
Offertoire
Fonds 8’ en alternance, puis solo 8’, Appassionato fonds 8’/4’ et anches 8’, Puis ôter des jeux ►fonds 8’.
Épiclèses
Fonds doux 8’ ou4’.
Sortie
Grand jeu (3 claviers).
Des variantes en fonction du tempérament ou des claviers restreints sont proposées. Souhaitons que le catalogue des œuvres pour orgue baroque ou pré-baroque français de Vincent Paulet ne soit pas clos.
2001 – Un français injustement méconnu : Michel TRIQUE
Michel Trique est organiste à la Cathédrale de Laval, préfecture du département de la Mayenne, depuis 1957. Organiste vraiment peu commun : il a été l’un des pionniers du retour au baroque, il a donné plus de 525 concerts, il a fait construire des petits orgues démontables et transportables pour permettre à plus de 50000 enfants de découvrir l’orgue de visu, ces mêmes instruments ont aussi servi pour des concerts à 2 ou 3 orgues….
C’est également un compositeur peu connu : il en est à son opus 17 et la plupart d’entre eux comprend plusieurs pièces, mais seule sa première œuvre, une fugue, a été publiée à la Schola Cantorum à la demande de J. J. Grunenwald.. Ceux qui voudraient mieux le connaître peuvent le découvrir dans le reportage publié dans le bulletin n° 53 (Juin 2003) de l’Association des Amis de l’Orgue de Versailles.
En 2000/2001, il compose à ma demande un « Livre d’orgue dans la tradition classique française » (opus 15) destiné à l’orgue de l’église Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne où j’ai eu l’honneur de le jouer en première audition en Juin 2001. Les formes traditionnelles de la suite baroque sont respectées, mais elles sont sublimées au moins de deux façons :
Ce ne sont pas les tons du plain chant qui sont utilisés, mais un langage résolument plus moderne : 2ème mode à transposition limitée de Messiaen et techniques répétitives, notamment,
De plus, les sept pièces ne sont pas conçues pour être jouées séparément : chaque verset s’achève dans l’attente, dans l’appel du verset suivant, jusqu’à l’accord final du postlude qui proclame d’un coup toutes les notes du mode utilisé.
Liste des pièces constituant le Livre :
« prélude »,
« fugue »,
« récit de cornet »,
« basse et dessus de trompette »,
« fond d’orgue »,
« récit de tierce en taille »,
« postlude ».
On comprendra qu’en tant que dédicataire je m’abstienne de dire tout le bien que je pense de cette œuvre. Je la recommande néanmoins très chaudement.
Ceux qui veulent se procurer ce Livre d’orgue, (ainsi que ses autres œuvres), peuvent les trouver sur le présent site sous l’onglet « Partitions gratuites ».
Les œuvres de Michel Trique sont libres de droits, l’intéressé s’étant toujours refusé à adhérer à la SACEM.
1983/2002 – Un français prolifique: Jean Luc PERROT
Musicologue enseignant à Lyon et Saint Etienne, Jean Luc Perrot est titulaire des orgues historiques Callinet de Notre Dame de Saint Etienne. Il compose plusieurs œuvres pour orgue classique, qui n’ont pas été publiées, mais que l’on peut se procurer en lui écrivant à l’adresse suivante : Jean Luc PERROT, Domaine de La Rochebrune, F.42140 FONTANES.
La liste des œuvres est déjà imposante. Je commenterai celles dont je possède la partition. Les autres renseignements m’ont été communiqués par l’auteur.
Octobre 1983 : Variations sur un chant breton (à 2 mains),
Janvier 1995 : Praeludium in D (à 2 mains),
Août 1995 : « Suite à quatre mains dans le style français » créée par Michel Chapuis et Henri Delorme. Jean Luc Perrot souhaite à la fois y tester la capacité de l’instrument de La Chaise Dieu, lui donner un supplément de grandeur et proposer des combinaisons inédites :
« plein jeu »sur le positif et le grand clavier, avec pédale de trompette,
« grand sextuor » sur 3 claviers et la pédale,
« basse de trompette » à 4 claviers,
« tierce en taille » en hommage au pianiste Georges Cziffra,
« musette » à 4 claviers et pédale,
« grands jeux ».
Septembre 1996 : Miroir en écho (à 4 mains),
Août 1997 : « Versets alternés » (à 2 mains). Jean Luc Perrot souhaite « essayer une nouvelle forme d’alternance liturgique entre l’orgue et la foule chantante d’une église » (en l’occurrence la messe « Orbis factor ») et montrer que les orgues anciens peuvent susciter la création d’œuvres nouvelles :
« plain chant en taille du Kyrie »,
« fugue à 4 sur le chant du Christe »,
« dialogue de voix humaine »,
« plein jeu grave » pour le Gloria,
« dialogue sur les grands jeux » pour la fin du Gloria,
« plein jeu » du Sanctus,
« récit en dialogue et en trio » pour la fin du Sanctus,
« fond d’orgue grave » pour l’Agnus,
« récit de nazard tendrement avec le tremblant »,
« cromorne en taille » pour la communion.
Novembre 2001 : Arabesca & Quinque (à 4 mains),
Mai 2002 : Tryptinium (à 2 mains) proposé au concours Dom Bedos,
Octobre 2002 : 2ème Suite à 4 mains (commande du Canada).
CONCLUSION
Cet inventaire à la Prévert est forcément incomplet. Plusieurs pastiches ou plagiats ont été publiés aux Etats-Unis. On peut citer par exemple : 4 couplets façon Couperin ou Grigny de L. Visser sur « Les anges dans nos campagnes » (ed. Leupold) ou la « Baroque suite » avec force crescendos ou decrescendos de G. Young (ed. Willemsen). Je demande pardon d’avance aux oubliés. N’hésitez pas me contacter pour signaler les omissions.
Beaucoup d’autres œuvres du 20ème siècle peuvent évidemment être interprétées aussi sur un orgue d’esthétique baroque ou classique française. Je rappelle que mon propos ne visait qu’à répertorier celles qui m’ont paru avoir été conçues spécialement pour ces orgues baroques et classiques, même si cela n’empêche pas bien entendu de les jouer aussi sur d’autres instruments.
Merci à tous les compositeurs qui nous permettent de ne pas nous limiter aux répertoires, –même s’ils sont magnifiques -, des 17ème et 18ème siècles et qui savent encore au 21ème siècle développer, transposer, exalter les possibilités uniques en leur genre de l’orgue baroque et classique français.
Jean Claude DUVAL, titulaire de Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne (F), vérifié le 2 Septembre 2020