Mon « Modulorgue » B 2

La maison de Juvigny sous Andaine où mon épouse et moi-même nous installâmes fin 2002 pour nous rapprocher de Bagnoles de l’Orne est située « rue de La Guerdière ». Dans cette rue, il n’existe pas de numérotation officielle des maisons. Certains utilisent des numéros du lotissement baptisé « résidence » sans alternance des deux côtés de la rue, le dit lotissement n’étant situé que d’un côté. Il y a aussi en contrebas le lieu-dit « La Guerdière » dont les habitants revendiquent jalousement l’appellation. Bref, il y a intérêt à être connu du facteur et à prier le ciel pour ses remplaçants éventuels. Faute de numéro, nous fîmes le choix de donner un nom à la maison. Ce fut « Organ Home », solécisme anglicisant inspiré de « Organ at home », et non de « The organ’s house ».

Les commentaires allèrent bon train. « Organ » fut traduit par « organe ». Le lendemain de l’apposition de la pancarte, mon médecin me traita de prétentieux. Les livreurs de fuel hésitèrent à rentrer à la maison, craignant quelque guet-apens libidinal. Mon épouse se répandit en explications dans le pays sans aller jusqu’à donner des détails sur ma virilité qui compte près de 80 printemps aujourd’hui.

Tout ceci pour vous dire que dès notre arrivée à Juvigny, j’avais déjà en tête d’avoir un orgue à tuyaux à la maison. Je fouinais sur Internet sans trouver quelque chose qui correspondit à ce que je cherchais. Je voulais un instrument de 2 claviers pédalier, mais avec un nombre de jeux significatif, quitte à faire l’impasse par exemple sur les jeux d’anches, sans renoncer pour autant au 16 pieds de pédale.

C’est en cherchant dans les orgues d’étude que je découvris le site de Daniel Birouste de Plaisance du Gers et de son « Modulorgue » www.modulorgue.com/ . Je recommande vivement aux amateurs d’explorer ce site et les sites dérivés. Vous y ferez connaissance avec la manufacture d’orgues de Daniel Birouste et y découvrirez l’essentiel des explications techniques et la description de la version de base du Modul.Org B2. Je commandai le 20 Septembre 2014 pour être livré à peu près un an plus tard, non sans avoir choisi quelques options facultatives et obtenu quelques modifications sans incidences de coût.

Photos du montage de l’instrument

Composition

Tuyauterie

Schémas acoustiques spécifiques. La réussite du Modulorgue tient au fait qu’ont été mis au point durant plus de 15 ans des principes d’évolution constante de tous les paramètres de construction des tuyaux. C’est ainsi que sont obtenues au sein d’un même jeu de véritables variétés et richesses de timbre selon que l’on est en 8′, 4′ ou 2′. Si par souci d’économie on calculait et on harmonisait un jeu « en extension » comme les autres, on ne travaillerait pas selon ces schémas acoustiques très spécifiques. Dans un même jeu correctement réalisé, les caractéristiques varient du grave au médium et à l’aigu pour donner le maximum de couleur, de personnalité et d’expressivité.

Fabrication. De plus les tuyaux sont tous fabriqués artisanalement de façon traditionnelle dans les règles de l’art. Les tailles et les paramètres de fabrication (comme les alliages, les largeurs des bouches, les pentes des biseaux et les entailles de timbre) prennent en compte le lieu d’implantation de l’instrument.

Détails

Transmission

La technologie de transmission (IPC Individual Pipe Control) est propre à la Manufacture d’orgues de Daniel Birouste. La transmission est entièrement encodée dans la console puis décodée par des cartes électroniques. Elle ambitionne de permettre la gestion de chaque tuyau de l’orgue considéré individuellement et non plus comme appartenant obligatoirement à un jeu (comme c’est le cas avec le sommier traditionnel à registre).

Elle rentabilise le patrimoine de tuyauterie de l’instrument puisqu’un même tuyau peut répondre à différentes fonctions sonores. Avec moins de tuyaux on peut avoir plus de jeux et de possibilités musicales. Chaque jeu est appelable séparément et la transmission IPC est censée régler le problème des trous acoustiques potentiels.

Options

Parmi les options proposées par rapport à la version de base du Modulorgue, j’ai retenu :

  • Le tremblant doux
  • Le dessus de tierce
  • Le larigot

J’ai demandé en outre :

  • Que les claviers soient inversés (positif au 1er clavier et grand orgue au second)
  • Qu’un prestant 4′ soit ajouté au pédalier

Le facteur d’orgues m’a par ailleurs fait bénéficier des perfectionnements suivants :

  • Buffet en chêne verni naturel au lieu de châtaignier
  • 1ère octave du bourdon 8′ de pédale en cèdre au lieu d’épicéa
  • Pédalier de 32 notes (du Do 1 au Sol 3) au lieu de 30
  • Tirage des jeux par tirants coulissants au lieu de boutons à bascule
  • Pupitre réglable

Et la finance dans tout cela ?

(valeurs aux dates de paiement indiquées)

Les bons comptes et le bel orgue font les bons amis

Des extraits sonores des Modulorgues de base sont disponibles sous l’onglet « Sons » du site www.modulorgue.com/

 Jean Claude Duval – 17 Décembre 2022

Mon orgue Johannus 3 claviers opus 30c

Fin 2004, je décidai d’acheter un orgue électronique 3 claviers. Mon épouse Hélène et moi-même fîmes le voyage à Louveciennes (78). La société des orgues J. M. Lenglet distribuait en France les orgues numériques classiques Johannus à la satisfaction de la maison mère nichée au cœur des Pays-Bas.

La configuration de base proposée pour le Johannus 3 claviers opus 30c était la suivante.

Par rapport à cette version de base, je souhaitai que l’instrument livré soit plus proche de la composition des orgues baroques français. Je demandai donc l’ajout d’un cromorne au positif, le remplacement du cromorne du récit par un cornet, le remplacement de la trompette de 16′ du grand orgue par un clairon de 4′ et le remplacement du plein jeu du pédalier également par un clairon de 4′. Le bon de commande fut signé en ce sens.

Je n’ai eu que des satisfactions avec cet instrument.

Il n’était pas question dans une maison d’habitation d’installer une sonorisation d’envergure comme dans une église. Deux hauts parleurs d’une vieille chaîne Hi-Fi ont suffi à remonter le son au niveau des oreilles de l’organiste. Si au contraire, on ne veut pas faire de bruit, il y a une sortie écouteurs.

Encore une fois, je me félicite de mon choix. J’ai fait mon deuil du plein jeu de la pédale et de la trompette de 16′ du G. O., mais j’ai retrouvé la disposition baroque de l’orgue de Sainte Madeleine de Bagnoles de l’Orne dont je suis le titulaire (voir dans mon site sous l’onglet Bagnoles de l’Orne – Reconstruction 1996 – la  configuration de cet instrument).

Et rien ne m’empêche, en utilisant au besoin l’inverseur de claviers, de travailler à la maison des pièces romantiques ou modernes.

J’ai oublié de préciser qu’il y a sur l’instrument une double harmonisation : l’une romantique à la tonalité plus ronde et l’autre baroque aux timbres plus clairs.

Voila en photo cet orgue Johannus opus 30c dans le capharnaüm de mon domicile de Juvigny sous Andaine.

Jean Claude Duval – 16 Décembre 2022

Mon piano droit Pleyel

A la faveur de notre séparation du 7 Septembre 1982, prélude à notre divorce du 25 Mars 1987, ma première épouse emporta le piano Yamaha, considéré comme son instrument de travail pour ses leçons de musique. J’avoue que le piano me manquait.

Ayant passé dans ma jeunesse mes premières années musicales à l’harmonium, j’avais beaucoup apprécié, lorsque j’avais découvert le piano, la précision et la netteté de son toucher. Ce n’étaient pas les grandes rhapsodies romantiques qui m’attiraient, mais plutôt les standards (faciles) de jazz.

En Septembre 1993, je décidai de m’acheter un piano d’occasion. J’en trouvai un à Angers.

Le nom de la firme Pleyel était alléchant.

Le prix n’était pas exorbitant (la somme de 20700 Francs de l’époque représente selon l’INSEE 4600 Euros en valeur 2021). 

Certes, ce n’était pas un Pleyel de la grande époque, mais d’après son numéro de série – 218 118 – l’instrument dont il s’agit doit dater à une ou deux années près de 1976.

Or si le déclin de Pleyel fut réel dans les années 1930, il n’en est plus de même au milieu du 20ème siècle où l’on renoue avec l’expansion. En 1961, Pleyel fusionne avec Gaveau et Erard. Le 1er Janvier 1971, la firme allemande Schimmel passe un contrat avec les propriétaires des trois marques et c’est sous l’appellation « Les Grandes Marques Réunies » que le facteur de Braunschweig fabrique les Schimmel, Gaveau, Pleyel et Erard.

En Novembre 1994, les pianos Rameau d’Alès rachèteront à leur tour Gaveau, Pleyel et Erard. La société deviendra « Manufacture Pleyel », puis « Pleyel & Co ».

NB. Ces informations sont extraites du livre de Jean Jacques Trinques, « Le piano Pleyel d’un millénaire à l’autre » publié aux éditions L’Harmattan et disponible à la FNAC.

Bref, je fis l’acquisition du piano objet de la facture ci-dessus et je dois dire que je ne l’ai depuis lors jamais regretté.

Voici une photo.

Mais le voir, c’est bien. L’entendre, c’est mieux.

Mon petit-fils Pierre Bardon, enfant de ma fille Françoise, a bien voulu enregistrer une des improvisations dont il a le secret. Merci à lui.

Pierre Bardon donne aussi avec bonheur dans la chanson. Si vous voulez l’entendre, rendez vous sur le site https://distrokid.com/hyperfollow/grib

Jean Claude Duval – Jeudi 6 Janvier 2023

Mon Johannus opus 18

Lorsque nous habitions à Senonches (28) où j’étais secrétaire de mairie, ma première épouse Nicole Duval, née Arvoie, avait acheté un piano droit neuf Yamaha qu’elle avait financé avec des leçons de piano à notre domicile.

Cet instrument ne m’était que d’un faible secours pour travailler l’orgue.

Après avoir déménagé pour des raisons d’avancement professionnel, à Ballancourt sur Essonne (91), puis Couéron (44), je finis  par me doter fin 1981 d’un orgue électronique à deux claviers.

Je jetai mon dévolu sur un Johannus opus 18 proposé par la maison Desevedavy de Nantes au prix de 34200 Francs, ce qui correspond à peu près à 8500 Euros (valeur 2021 selon l’INSEE).

Cet instrument se présentait comme il suit. 

Il connut après moi une bien triste fin.

Lorsque je décidai début 2005 d’acheter un orgue électronique 3 claviers (voir Article Mon Johannus opus 30c), je fis don de l’opus 18 à la paroisse de Passais la Conception. Le Père Paul Olivier, curé, vint en prendre livraison à notre maison de Juvigny, accompagné de quatre « gros bras » (il y avait un escalier à descendre), et il l’installa à la Chapelle de l’Oratoire, lieu de pèlerinage renommé de sa paroisse.

Malheureusement, quelques mois plus tard, la foudre tomba sur l’édifice sans qu’on ait pris la précaution de déconnecter l’orgue. Ce dernier fut gravement endommagé et devint quasiment hors d’usage.

Depuis lors, le Père Olivier est décédé. C’était un homme de bien et un saint prêtre. Paix à son âme. Je n’ai pas eu le cœur de m’enquérir plus précisément de ce qu’il était advenu de mon Johannus opus 18. Sic transit gloria mundi !

Jean Claude Duval – 15 Décembre 2022