Lorsque nous avons acheté notre maison par acte authentique signé en l’étude de Maître Guibert, 20 place St Michel à Juvigny sous Andaine, le 27 Septembre 2002, la désignation du bien vendu était formulée comme il suit : « Commune de Juvigny sous Andaine (Orne), Lieudit La Guerdière ». Pour autant, l’extrait de plan cadastral joint au dossier indiquait de façon certaine que notre parcelle était située « rue de la Guerdière ». Il faut dire qu’à l’époque l’appellation « la Guerdière » s’appliquait aussi bien au lieu dit proprement dit, qu’au lotissement contigu baptisé « Résidence de la Guerdière » et à la rue menant au-delà de la Mercerie pour finir en impasse dans un champ. A défaut d’une dénomination précise de la voie et du lieu de notre habitation, une pancarte signalétique « Organ Home » fut apposée.
Divers événements intervinrent par ailleurs par application des lois portant nouvelle organisation territoriale de la République. Après la fusion de Bagnoles de l’Orne et Tessé la Madeleine (qui avait eu lieu le 1er Janvier 2000), une communauté de communes fut créée le 1er Janvier 2017 par arrêté préfectoral de 17 Novembre 2016.
Le tableau ne semble pas très impressionnant, mais il faut se rendre compte qu’il regroupe 8 communes « anciennes » et 4 communes « nouvelles » : Juvigny Val d’Andaine (7 communes), Bagnoles de l’Orne Normandie (3 communes avec l’ex Tessé la Madeleine), Passais Villages (3 communes) et Rives d’Andaine (4 communes). En tout, 25 communes historiques et leurs habitants étaient concernés. Cela posait des problèmes dans les adressages, tant pour l’efficacité des secours, que pour les livraisons des colis ou la mise en œuvre de certains services comme la fibre.
Au delà du règlement de difficultés ponctuelles éventuelles, il devint nécessaire de revoir la question globalement. Pour ce qui nous concerne, l’adresse « rue de la Guerdière » devint le « chemin Bottin » (N° 153 en numérotation métrique) du nom d’un ancien « bois Bottin » qui existait autrefois à quelques 900 mètres du début du chemin. Pour des raisons de consonance avec d’autres lieux-dits ou bois, on laissa tomber ces dénominations de « Guerdière » et de « Bois ».
Il n’existe pas encore de plan de Juvigny sous Andaine avec les nouvelles dénominations.
Voici les photos des lieux.
Entrée du chemin
Entrée de la maison
Bienvenue à tous ceux qui nous ferons l’amitié de venir nous voir. Vous serez bien reçus.
Le grand père Eugène Duval, né le 19 Août 1870 à Oisseau le Petit (Sarthe) et décédé le 26 Juin 1945,
La grand-mère (Eugénie) Blanche Béasse, épouse Duval, née le 16 Novembre 1879 à Bourg le Roi (Sarthe) et décédée en 1962,
La tante Odette, la plus petite au milieu, née le 4 Février 1923 et décédée le 12 Mars 2009,
Maman Marcelle, la plus à gauche, née le 21 Juin 1916 et décédée le 24 Décembre 1985.
Pour ceux qui voudraient essayer de remonter plus loin dans le temps, je fais figurer ci-contre l’extrait de naissance de mon grand-père.
Que les oncles et tantes que je n’ai pas pu identifier sur la photo me le pardonnent. Il doit d’ailleurs manquer un des enfants, puisqu’ils étaient huit en tout, dont trois garçons. Si j’en crois les notes de Maman, ils étaient encore tous vivants en 1945. Et la photo est de loin plus ancienne. Voici leurs dates de naissance retrouvées dans les rares documents conservés par Maman.
D’après Maman et la tante Odette, le grand père Duval n’était pas facile. Il les punissait parfois sévèrement jusqu’à les faire coucher dehors en hiver. Maman l’appelait « Père » et non « Papa ». Je ne l’ai pas connu.
De la grand-mère, j’ai conservé le souvenir d’une brave femme. Nous allions la voir à Planches où elle habitait une petite maison très modeste dans le bourg. Je me rappelle le trajet à faire depuis la halte ferroviaire.
Je me souviens aussi avoir été frappé par la tendresse avec laquelle elle m’avait regardé quand j’étais tombé en admiration devant les volubilis qui garnissaient un grillage usagé dans son jardin.
Autre genre de souvenir. Maman et moi avions rendu visite à une tante à Forges. Alors que les grands restaient à discuter, une petite cousine et moi avions été invités à aller jouer dans la grange. La cousine voulait jouer aux châteaux de sable. Elle avait rempli un seau de sable et m’avait fait pissé dedans. La grand-mère, fine mouche, était venue voir ce que nous fabriquions et avait senti le contenu du seau. Je ne me rappelle pas s’il y avait eu une punition, mais cela avait été la honte de ma vie !
Voici la petite galerie des photos qui me restent d’elle.
PortraitDevant sa maison à PlanchesA sa broderieEn promenade en campagne
Des oncles et tantes, je n’ai conservé pratiquement aucun souvenir, sauf évidemment celui de la tante Odette avec qui Maman était restée en relation jusqu’à sa mort.
Maman se sentait rejetée par tous ses autres frères et sœurs. A tel point que lors de l’enterrement de la grand-mère, elle ne s’était pas installée dans l’assistance, mais s’était réfugiée à la tribune.
Il y avait effectivement de la part de ses autres frères et sœurs une certaine méchanceté. Être « fille mère », c’était la honte de la famille ! Et que dire lorsque Maman sera mise à l’asile des fous ! Sans parler des anticléricaux qui se moquaient de me savoir au séminaire !
La tante Odette s’était mariée avec un paysan nommé André Rault. Ils travaillaient à La Cochère.
Ma cousine Ginette et moi sommes grimés en normands prise à la Cochère
Quand le tonton (photo de droite) fut en retraite, ils s’installèrent à Almenêches. Mais la tante ne s’y plaisait pas. Et ils cherchèrent un pied à terre à Argentan qui est quand même une ville plus importante.
Ils louèrent une petite maison rue Jean Joly. Je crois qu’il y avait trois pièces, et aussi un petit jardin qui leur permit de ne pas perdre leur main verte. Ils s’y plaisaient bien.
Maman allait les voir de temps en temps, quand elle trouvait une infirmière ou une amie qui pouvait l’amener à Argentan et la remmener à Alençon. Elle était toujours bien reçue.
Je me suis fréquemment dit que j’aurais dû les enregistrer, ou même la tante seule, une fois que le tonton et Maman furent décédés. C’eût été un témoignage précieux de la vie en ces temps-là. C’est une fois que les parents sont partis que l’on regrette de ne pas avoir gardé trace de leur vie. (Quand je pense que j’ai gardé toutes les lettres que je recevais, sauf celles de Maman ! Dans mon esprit sans doute, il était impossible qu’elle meure ! Au moins, ceux qui resteront après moi auront les quelques bribes que j’essaie de rassembler ici).
La santé du tonton se détériora inexorablement dans des conditions pénibles. Il mourut en Octobre 1991.
Restée seule dans sa petite maison, la tante Odette cultiva son jardin tant qu’elle le pût. Mais ensuite elle fut obligée de se faire aider par un voisin qui lui donnait, je crois, satisfaction.
Elle s’acheta un petit orgue électrique et elle était contente quand elle retrouvait des airs de chansons ou même des cantiques. Je me souviens qu’un fois, elle nous avait parlé de l’O Salutaris Hostia. Je suppose que c’était celui de Dugué.
Mais ses compagnons de fin de vie furent surtout ses chiens. Elle était très malheureuse quand ils partaient. Ce qui souvent arrivait trop rapidement.
Avec Nora en 1998Avec Teddy en 2202Avec Tité en 2004
A la fin de sa vie, la santé de la tante Odette s’altéra gravement. Il ne fut plus possible de la laisser vivre seule dans sa maison. Ses enfants se résolurent à la mettre à la maison de retraite de Sées.
Mon épouse Hélène et moi allâmes la voir. Elle était assise près de la porte d’entrée et regardait les allées et venues. Elle avait tellement maigri que je ne la reconnaissais pas. Mais Hélène si.
La tante non plus ne nous reconnaissait pas. En lui disant assez fort dans l’oreille : « C’est Jean Claude, le fils de ta sœur Marcelle », je pense qu’elle retrouva quelque souvenir.
Ma cousine Ginette me rapportait qu’à la fin de sa vie, elle ne pouvait plus parler. Elle réussit quand même à faire comprendre qu’elle voulait revoir son fils Alain avec qui elle était fâchée depuis des années.
La directrice téléphona à Alain qui vint la voir le lendemain. Elle mourut dans les jours qui suivirent comme si elle avait attendu de revoir Alain pour partir.
Mon père ne m’a pas reconnu, je ne l’ai ni connu, ni rencontré. La photo ci-dessus m’a été donnée par ma demi-sœur, Jacqueline, dite « Choute ».
Je dispose de peu d’informations sur mon père.
On trouvera ci-après la copie de son acte de décès ainsi que celle de son acte de naissance.
Ma demi-sœur m’a dit qu’il travaillait dans une pharmacie à Paris, mais qu’il avait eu une « triste vie » et qu’il aurait ainsi « payé ses erreurs ».
J’aurais pu attendre dans la bouche de Maman quelques rancœurs à son égard. Il n’en a jamais rien été. Je me rappelle que vers l’âge de 15 ans, alors que je le critiquais, Maman m’avait joliment taclé : « S’il n’avait pas été là, tu ne serais pas là pour me le reprocher ». Cela m’avait profondément marqué.
Je ne me souviens pas que Maman m’ait beaucoup parlé des conditions dans lesquelles j’avais été conçu. Elle travaillait alors aux Ateliers de broderie Boulard de Bourg le Roi et y habitait. Mon Père lui avait « promis le mariage », mais la sœur de mon père lui avouera plus tard qu’il avait été « déboussolé par la guerre ».
Le hasard voulut que je rencontre Yvonne Bohic le 20 Août 2001. Le musée de la Broderie de Bourg le Roi faisait une journée « portes ouvertes ». Je ne sais pas pourquoi, j’y partis subitement avec mon épouse Hélène. Yvonne Bohic s’y trouvait. Étant donné son âge, je lui demandai si elle n’avait pas connu Maman (Marcelle Duval). Je la vis blêmir : « Oh, si j’avais pensé revoir un jour le fils de Marcelle ! ». Et après s’être reprise, elle me raconta qu’elle se souvenait très bien d’elle et que son travail était très apprécié au point qu’on l’isolait au premier étage de l’atelier pour que les modèles qu’elle créait ne puissent pas être copiés.
Nous fîmes ensuite le tour du bourg, promenade au demeurant très agréable.
Mais étant donné l’émoi que le fait de me voir lui avait causé, je retournai lui parler avant de partir et m’isolai avec elle pour qu’elle me dise tout ce qu’elle savait. « Oh, vous savez, si vous êtes en vie, c’est un peu grâce à moi ! » D’après ce qu’elle me dit, mon père aurait essayé d’inciter Maman à ne pas me garder. Son propre père étant médecin, la chose aurait pu se faire. Maman se confia à Yvonne Bohic qui lui conseilla de n’en rien faire et d’aller voir la patronne de l’Atelier, Madeleine Boulard. Celle-ci lui tint le même langage. Et je me souviens très bien que Maman m’a toujours dit que cette patronne avait été particulièrement bonne pour elle.
J’aurais voulu inviter Yvonne Bohic à Laval où nous habitions à l’époque pour lui remettre ce qui me restait d’outils, d’échantillons et de calques de broderie de Maman. Mais sa santé ne lui permettait déjà plus ce déplacement.
Je lui ai téléphoné quelque temps plus tard, quand je remarquai le long délai entre ma naissance et mon ondoiement, et ensuite mon baptême. Elle me confirma de la façon la plus catégorique que Maman n’avait jamais pensé m’abandonner ou me confier à l’Assistance publique.
Yvonne Bohic mourut le 2 Juin 2012 à 93 ans. Les obsèques de Madeleine Boulard avaient lieu le 3 Janvier précédent. Je m’étais rendu à son inhumation à l’hôpital d’Alençon. Sa fille Dominique qui m’avait repéré dans l’assistance me téléphona. Je lui racontai bien volontiers les raisons de ma présence.
Et je fis don au Musée de la broderie de Bourg le Roi de ce qui me restait comme souvenirs de Maman brodeuse. Pour découvrir le musée de la broderie, faire https://musee-du-point-de-beauvais.fr/
Je dois à la vérité de préciser que ma demi-sœur Jacqueline est complètement révulsée en imaginant que mon père ait pu vouloir faire avorter Maman. Pour elle, c’était une famille très croyante et qui ne se serait jamais prêtée à ce genre de chose. J’ai pu constater moi-même l’intensité extraordinaire de la foi chrétienne de sa tante adoptive.
De toute façon, ne soyons pas plus royalistes que le roi. À supposer même que cette pensée ait pu traverser l’esprit de mon père, elle ne fut pas menée à son terme. Et Maman n’ayant jamais manifesté la moindre rancœur vis-à-vis de mon père, je ne vois pas de quel droit je m’érigerais en juge plus impitoyable qu’elle. Elle a assumé sa vie au point d’y perdre sa santé psychique. Laissons lui le dernier mot.
J’ai évoqué ma demi-sœur Jacqueline, dite « Choute ». Vous la voyez sur le cliché ci-contre pris lorsque nous lui avions rendu visite avec ma fille Françoise et son fils Pierre, dont mon épouse Hélène trouve qu’il ressemble à mon père. Elle est née le 16 Décembre 1943, soit 5 mois et 12 jours après moi (5 Juillet 1943). Sa mère travaillait dans une pharmacie à Paris.
Je suppose que la famille de mon père s’était réfugiée à Bourg le Roi (Sarthe), où ma mère travaillait comme brodeuse, fin 1942, et avait réintégré Paris courant 1943. Sa mère ne pouvant pas s’en occuper à l’époque, Choute fut recueillie, puis adoptée par la sœur de mon père, qu’on appelait « Mami » ou « Madame Pointier », du nom de son mari.
Ayant appris mon existence, cette dernière réussit à nous retrouver. C’était une sainte femme très pénétrée de religion et sensible à ma qualité de séminariste. Elle m’invita plusieurs fois à aller les voir au « Petit Moulin » à Bléré (Indre et Loire) et c’est ainsi que je pus faire la connaissance de ma demi-sœur.
Je conserve religieusement, c’est le cas de le dire, les ouvrages que m’offrit cette pieuse femme :
Le Dialogue des Carmélites de Bernanos, dans une édition illustrée par Lapoujade et numérotée 13503,
Les Méditations sur l’Évangile de Bossuet, dans une édition de 1903 reliée à l’ancienne,
L’Esprit de St François de Sales de Mgr Camus dans un livre de 1904 signé « Marg. Marie Puche ».
Malheureusement, cette femme de bien mourut en 1976 et ma demi-sœur ne s’en remit jamais. Elle s’enfermera chez elle et sera mise en invalidité. De plus, Mr Pointier qu’elle appelait « Papi » décédera en 1983.
Sa mère biologique, qui s’appelait Thiell, était toujours de ce monde. Elle vint rejoindre Choute à Tours, avec son frère pendant quelque temps. Mais celui-ci mourut peu après. Il fallait voir cette petite bonne femme, maigre comme un clou, et qui manifestement s’efforçait de rester en vie pour aider sa fille.
Sauf erreur, elle était née en 1902. Lorsqu’elle mourut et que ses obsèques furent célébrées à Tours le 27 Novembre 2002, par un simple diacre au grand dam de Choute, mais avec communion quand même, elle devait avoir une centaine d’années, après une fin de vie souffrante et respectable.
Dans notre maison de Juvigny sous Andaine, construite par Mr et Mme Betton en 1994 / 1995 et achetée par nous en 2002, il y avait à l’origine deux salles d’eau : une salle de bain spacieuse avec une baignoire et une salle de douche plus modeste avec une cabine de douche.
L’âge venant, mon épouse et moi-même constatâmes que nous n’utilisions pas vraiment la baignoire. Mon arthrose du genou gauche m’en rendait l’accès difficile et lorsque nous nous en servions, c’était en fait pour prendre une douche !
D’où l’idée de remplacer la baignoire par une douche à l’italienne. Nous avions pratiqué ce genre d’installation dans un gîte d’été et l’avions beaucoup appréciée. Le compagnon de ma fille Françoise nous recommanda une marque de douche qu’il connaissait dans son travail et qui lui avait toujours donné satisfaction. Il ne pouvait évidemment pas imaginer nos déboires. Je cherchai sur Internet et tombai par hasard sur la société « MOBILAE (pour plus de vitae) » qui se disait spécialisée dans les équipements pour seniors. Est-ce la consonance latine de la dénomination ? Je pris contact.
Le « siège social France » était ainsi identifié :
« Centre de Confort et de Mobilité
89, Impasse Louis Joseph Vicat
83600 FREJUS »
Avec la mention : « Mobilae est le nom commercial de la société Centre de Confort et de Mobilité ».
Je découvris ensuite le fond des choses. Lorsqu’on m’annonça la venue des ouvriers, on m’avertit que la société « travaillait à l’international ». Je compris vite lors des travaux ce que cela voulait dire :
Leur véhicule était immatriculé aux Pays Bas,
Ils ne parlaient pas un mot de français et se disaient slovènes ou slovaques (si j’ai bien compris) ; quand il y avait un problème, ils téléphonaient en anglais et on nous rappelait en français.
Je découvris dans le courant de l’été que le gérant de la société n’était pas français, mais néerlandais, né et domicilié aux Pays Bas.
Ceci étant dit, la publicité était faite pour attirer le client. Voici des extraits de la brochure fournie.
Avant même que les ouvriers n’interviennent, il y eut un pataquès. Le commercial de service établit un plan qui fut retoqué par sa hiérarchie et il dut le refaire un petit mois plus tard.
Voici ces deux plans successifs.
Voyant comment les choses se passaient, je récapitulai sur un tableau l’évolution des évènements.
Vous en trouverez ci-après la copie, cela vous épargnera de longs développements.
Au total, l’installation de cette douche italienne tant désirée nous aura coûté 5184 € au lieu des 5460 prévus au moment de la commande. Maigre consolation ! 5 % de cadeau final, ce n’est pas cher payé pour tenir compte de la lourdeur du préjudice matériel et moral.
Mon épouse Hélène qui suit un traitement hormonal post cancer se serait bien passée de toutes ces palinodies qui nous ont fait lanterner pendant des mois !
Voici une photo du chantier auquel nous fûmes condamnés du 27 Mars au 30 Septembre 2023, soit pendant plus de 6 mois : une douche italienne sans vitrages ! C’est plus pratique pour arroser tout le sol de la salle d’eau, n’est-ce-pas ?
Et voici, dans son état final, la douche à l’italienne tant attendue.
Au 17 Décembre 2023, que tirer comme conclusion de cette expérience avec la société Mobilae ?
Est-il normal qu’il faille dès le départ faire deux plans d’installation différents ? On a bien compris que Mobilae voulait ouvrir le parapluie contre d’éventuelles mauvaises surprises quant à la configuration des lieux, quitte à ce que ce soit au détriment du client. Au demeurant, c’était le 1er plan qui était le bon; la largeur de la paroi pivotante aurait largement pu être de 45 cms comme prévu au départ, au lieu des 37 imposés par la suite.
Est-il normal d’ailleurs que cette modification soit imposée après le 23/24 Janvier, date de signature et d’envoi du bon de commande avec le chèque d’acompte ?
Est-il normal que le délai de livraison entre la commande et le début des travaux ait été en réalité de plus de deux mois (23 Janvier / 27 Mars) alors qu’il était annoncé pour quatre semaines ?
Est-il normal que les travaux aient été réalisés non pas en une intervention d’une journée tout compris, comme annoncé dans la publicité, mais au moyen de quatre interventions étalées sur une durée totale de plus de six mois (27 Mars / 30 Septembre) ?
Est-il normal que les ouvriers chargés de l’installation ne parlent pas un mot de français ? Est-ce pour éviter qu’ils perdent du temps à discuter avec le client ou qu’ils disent trop comment les choses se passent au sein de la société Mobilae ? En tout cas, bonjour la considération du client !
Est-il normal qu’ils arrivent avec le matériel à installer sans que la conformité de celui-ci n’ait été vérifiée avant leur départ ? Je ne suis pas sûr que Mobilae fasse des affaires rentables avec ce type de fonctionnement. C’est son problème, mais aussi hélas celui des clients !
Est-il normal qu’en guise de dernière remise pour les préjudices physiques et moraux subis, on nous propose royalement 26 € ? N’était-ce pas vraiment se moquer du monde ?
Est-il normal que nous devions attendre presque un mois (30 Septembre / 25 Octobre) pour recevoir à notre demande expresse un exemplaire de la facture acquittée ? Mobilae n’est jamais pressée !
Ne croyez-vous pas que si Mobilae travaillait avec un organisme de formation, elle ne devrait pas lui proposer nos péripéties comme cas d’école de tout ce qu’il ne faut pas faire ?
Ne croyez-vous pas que si j’avais eu plus de vaillance que celle que me permet mon âge avancé (80 ans), j’aurais pu saisir le Canard enchaîné pour qu’il publie un écho faisant la publicité de Mobilae ?
En tout cas, si vous avez des travaux à faire, CHOISISSEZ BIEN LE FOURNISSEUR.
Nous avions fait la connaissance d’Agnès Lavoine par l’entremise du Père Bernard Chardon. Cet artiste gagne à être connu. Prêtre, il a exercé son ministère dans le diocèse de Laval (Mayenne). Mais il est surtout très connu comme artiste : peintre de plus de 5000 toiles, céramiste et créateur de vitraux dans plusieurs églises de la région. Né en 1927 près de La Ferté-Macé (Orne), il réside maintenant à l’EHPAD de St Fraimbault, près de Lassay les Châteaux (Mayenne).
Il m’avait présenté Agnès Lavoine, comme étant musicienne et pratiquant le chant et la guitare. C’était une jeune femme, née en 1956 et demeurant à Juvigny sous Andaine, lieu-dit Vaudézert. Mariée à un magnétiseur renommé, elle avait trois enfants, deux filles et un garçon. Elle était venue quelques fois à la maison avec sa guitare et nous avions essayé de voir si nous pourrions faire quelque chose avec l’orgue. Autant que je me souvienne, nous avions tenté des negro-spirituals et peut-être des chants connus d’Agnès. Mais l’expérience n’avait pas duré bien longtemps. Il faut reconnaître que le répertoire n’offrait pas beaucoup de choix.
Nous ne nous quittions pas de vue pour autant. Le hasard des promenades en campagne (pourquoi pas Vaudézert ?) nous faisait parfois nous rencontrer et nous échangions quelques nouvelles. Chaque année au moment des vœux, nous nous écrivions ou nous nous téléphonions ou nous correspondions par mails.
Voici par exemple les messages que nous avions échangés en 2015.
Le 27 Septembre 2020, Agnès Lavoine et son mari Jean Luc nous invitèrent à déjeuner à Vaudézert pour le 45ème anniversaire de leur mariage.
La tablée était présidée (si l’on peut dire) par Monseigneur Gilbert Louis, évêque émérite de Châlons en Champagne, retiré à Alençon depuis 2015 (il est originaire de l’Orne) et qui avait à l’époque célébré leur mariage. Comme Agnès, il pratique le chant et la guitare.
Au grand séminaire de Séez, j’étais son condisciple et nous avions constitué un petit groupe musical dont il était le pivot et qui comprenait, outre le chant et la guitare, une simili batterie (casseroles !), une contrebasse (une vraie) et un piano (avec votre serviteur). Nous avions monté quelques negro-spirituals et avions reçu les félicitations du Père Olivier Théon, supérieur, à qui je vouais une immense et profonde estime depuis que je l’avais eu comme professeur de philosophie en terminale.
Le déjeuner du 27 Septembre 2020 avait été suivi d’un concert dans les combles du logis de Vaudézert. Autant que je m’en souvienne, le répertoire avait consisté en des chansons de Brassens, Béart, le Père Aimé Duval …
Voici quelques photos transmises par Agnès.
Agnès Lavoine et Monseigneur Gilbert LouisJean Luc et Agnès LavoineMonseigneur Gilbert LouisJean Luc & Agnès Lavoine & Mgr Gilbert Louis
Le 17 Octobre 2023, j’avais rendez vous chez Fabienne Hardy, pédicure à Bagnoles de l’Orne.
Au cours de la conversation, elle me raconta qu’une patiente lui avait fait part du décès d’une amie prénommée Agnès; après quelques minutes, il s’avéra qu’il s’agissait d’Agnès Lavoine. Fabienne Hardy était une amie d’enfance d’Agnès et fut bouleversée de son décès consécutif à une récidive de cancer. Mon épouse Hélène le fut également lorsque je lui appris la triste nouvelle à mon retour. Elle se reprocha que nous ne lui ayons pas rendu son aimable invitation du 27 Septembre 2020. Il n’y avait eu aucun avis de décès dans la presse. Suivant les instructions de son mari, la date officielle de sa mort n’est pas communiquée par la mairie de Juvigny qui a juste accepté de me préciser qu’elle était bien décédée à Vaudézert.
Monseigneur Gilbert Louis fut prévenu par un mail du 13 Septembre de Jean Luc Lavoine indiquant qu’elle était morte « dans la nuit ». Il fut invité aux obsèques qui eurent lieu le 20 Septembre à La Baroche sous Lucé, berceau de la famille Lavoine. La cérémonie devait être assurée par un prêtre de Domfront, mais celui-ci fut empêché par des rendez vous médicaux. Monseigneur Gilbert Louis prit le relais et prononça l’homélie.
Obsèques d’Agnès Lavoine La Baroche 20 septembre 2023
« S’il est une réalité qui s’impose à tous, qui nous laisse impuissants et désemparés, c’est bien la mort d’un être cher. Nous ne pouvons rien faire d’autre que de nous y soumettre. Cette réalité qui nous semble lointaine tant que nous avons la santé, tant que nous sommes pris dans le tourbillon de la vie ou la fièvre des affaires, nous est pourtant rappelée dans sa brutalité et son évidence chaque fois que disparaît l’un des nôtres. C’est aujourd’hui le cas avec la disparition de notre chère Agnès. Nous aurions tant aimé la retenir en notre compagnie et la voir poursuivre son chemin longtemps encore avec nous. Avec vous d’abord ses enfants, et toi Jean-Luc, son compagnon de voyage, qui me rappelait que j’avais célébré votre mariage, il y a 48 ans de cela ! Nous aurions tous espéré que la vie l’emporte, mais un mal insidieux l’a retirée de notre regard après une lutte douloureuse.
Devant ce mystère de la mort, nous cherchons tous, même inconsciemment, quelque chose qui nous donne d’espérer, un geste qui nous apporte un réconfort, un signe qui nous indique un horizon et nous ouvre un avenir. Comment comprendre que cette fin inévitable de la vie puisse être le commencement d’autre chose, l’ouverture sur une autre vie. Et pourtant, c’est bien cela que croyait fermement Agnès et dont elle a témoigné jusqu’au bout auprès des siens. Comment accepter que l’heure de la mort soit celle d’un passage, ce qu’en langage chrétien nous appelions la Pâque ? Passage à une autre réalité, à un autre mode de présence, passage à la rencontre avec le Seigneur ressuscité ! Ce qui faisait dire à la petite Thérèse de l’Enfant Jésus : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Toute cette espérance chrétienne, Agnès en était intimement convaincue.
Les textes de la Parole de Dieu que nous venons d’entendre et dont vous avez fait le choix, nous confortent en cette espérance. Tel le livre de la Sagesse qui nous rappelle que Dieu ne brise pas les liens que nous avons tissés tout au long de notre vie : « ceux qui mettent leur confiance dans le Seigneur comprendront la vérité, ceux qui sont fidèles resteront avec lui dans son amour, car il accorde à ses élus grâce et miséricorde ».
Avec le texte des Béatitudes, nous entendons que s’il y a un chemin de bonheur au-delà de la mort, ce chemin est déjà commencé dans l’attente d’une autre vie. C’est le chemin que le Christ Jésus, lui-même, a emprunté et par lequel les valeurs spontanées du monde se trouvent mises sans-dessus-dessous. C’est ainsi que la pauvreté de cœur l’emporte sur la suffisance, lamiséricorde sur la condamnation et le rejet de l’autre, la recherche de justice sur l’instinct de pouvoir et de possession, les cœurs purs, les cœurs nets sur les cœurs troubles, les artisans de paix sur les va-t’en-guerre. Oui, ce chemin de vie que tracent les béatitudes est possible et chacun de nous sans doute est à même d’incarner davantage l’un ou l’autre de ces chemins du bonheur, selon l’Evangile.
Parmi toutes les béatitudes que je viens de rappeler, il en est une que je n’ai pas citée : « Heureux les doux car ils posséderont la terre ». C’est à dessein que je ne l’ai pas citée, parce que je l’associe volontiers à ce qu’était Agnès et à sa manière d’être habituelle, à ce qu’elle vivait comme naturellement. Être doux, c’est le contraire d’être cassant, péremptoire, sans pitié à l’égard des autres, en exigeant qu’ils emboîtent notre pas et se plient à notre rythme. Il nous arrive souvent de considérer la douceur comme une vertu négative comme la marque de quelqu’un fragile, timide, sans caractère. Quand j’associe Agnès à la douceur, je pense plutôt à son sourire, à son accueil spontané, à sa bienveillance naturelle, à son goût de la relation, au plaisir de la rencontre. Dans la douceur, nous ne trouvons rien d’excessif, de brusque, de cassant, mais une certaine discrétion, de la délicatesse et un regard bienveillant sur les autres. « Heureux les doux, ils possèderont la terre promise » !
De toutes les béatitudes, en particulier : « Heureux les doux », cette dernière béatitude a été pour Agnès un chemin privilégié qui l’a fait participer au style de vie du Christ Jésus. Ne s’est-il pas présenté lui-même comme « doux et humble de cœur » ? Mais il faut y associer les autres béatitudes pour que nous ayons la manière dont le Christ Jésus nous a montré le chemin de sa Pâque, de son passage vers Dieu son Père. Toutes ensemble, elles nous révèlent le chemin de l’amour véritable. Est-ce à dire qu’Agnès a réussi à traduire dans sa vie chacune des béatitudes de façon permanente ? Pas plus que chacun d’entre nous probablement. Du moins, pour elle, elles auront indiqué un itinéraire toujours possible conduisant à la rencontre de son Seigneur, lui qui le premier est allé jusqu’à l’extrême de l’amour et du don de soi par amour pour nous.
Vous, ses proches, vous avez eu la grâce d’accompagner Agnès jusqu’à son dernier souffle. Vous qui lui avez fermé ses yeux terrestres lors de son passage par la mort corporelle, pensez que c’est elle qui aujourd’hui ouvre les vôtres, les nôtres, par son entrée dans l’éternité avec Dieu, en veillant sur vous et en nous invitant à vivre mieux. »
Agnès Lavoine fut inhumée dans le cimetière de La Baroche sous Lucé.
Agnès Lavoine, née Jacquesson, 1956-2023
Merci Agnès pour tout le bien que tu as fait sur cette terre.